Notre Histoire : La señorita bianca
Nous roulions depuis vingt minutes lorsque je la vis enfin. La « señorita bianca » comme l'avait surnommé ma mère. Ma mère, déjà 11 ans que je ne l'avais pas vue. Douze même, étant donné que nos relations s'étaient dégradées dès le début de ma relation avec Ryôgi. Pourtant, je ne lui en voulais pas. Son seul tord était de trop aimer son homme, mon père. C'était lui qui n'aimait pas Ryôgi, il le trouvait suspect. Houm, il avait bien raison.
« Garez-vous ici, s'il vous plaît, dis-je au chauffeur du taxi-mini-bus, les enfants vous m'attendez ici, j'en ai pour une minute.
- J'en ai marre d'attendre moi ! Je suis fatiguée, pleurnicha Luna.
- T'inquiète pas pucette, j'en ai juste pour deux minutes, lui répondis-je en lui embrassant tendrement le front. Ken, Keiji, je vous les confie.
- Mais…, commença Mikio, toujours prêt à protester.
- Non Mikio ! Ce n'est vraiment pas le moment ! Mon ton était plus sec que je l'aurais voulu, sans doute la nervosité. Pour me faire pardonner, je lui ébouriffai doucement les cheveux.
Je sonnai, puis me tordit les mains en attendant, anxieuse. Et je la vis, elle avançait à petit pas rapide en s'essuyant les mains sur son joli tablier rose.
- Qu… ? Commença-t-elle avant de s'arrêter, elle m'avait reconnue. Tasha ? Demanda-t-elle, sans doute pour se rassurer car après le relookage que Sandy m'avait fait subir, même moi je ne me serais pas reconnue. Fébrilement je tirai sur ma robe, tout à coup devenue trop courte et réajustai mon blazer.
- Maman.
Lentement, beaucoup trop lentement à mon goût, elle ouvrit la grille et me dit avec un grand sourire :
- Eh bien, depuis quand est-ce que tu montes à cheval toi ?
Je la regardai, complètement perdue, puis je me rappelai que Sandy m'avait obligé à mettre des bottes de cavalière. Et comprenant qu'elle avait essayé de plaisanter, je me jetai dans ses bras en sanglotant :
- Oh maman ! Tu m'as tant manqué maman !
- A moi aussi mi querida, à moi aussi ! Attends un peu que je te regarde, tu as pris des formes dis-donc ! Me dit-elle en faignant l'insouciance, mais je voyais bien à ses yeux baignés de larmes qu'elle était aussi émue que moi.
Avec délices, je respirais son odeur si familière. J'avais l'impression de l'avoir quitté la veille. D'être toujours sa petite fille.
- Viens, me dit-elle en me prenant par le bras, ton père sera très heureux de te revoir enfin !
- Mais ? En es-tu sûre ? J'ai si peur qu'il me rejette.
- Tu es son enfant, son sang ! Il ne peut pas te faire la guerre plus longtemps ! Et d'ailleurs je ne le permettrai pas, te perdre encore ? Jamais !
Tout en parlant, elle me caressait lentement les cheveux, je remarquai alors que son regard était plus dur qu'autrefois :
- J'ai trop subi ton père, et regarde où ça m'a mené ! Je t'ai perdu ! Toi, mon seul enfant. Tu es ma seule joie, et j'ai été bête de croire que ton père était ma seule raison de vivre ! Après tant d'années, mon cœur a compris que c'est toi ma raison de vivre querida, toi, pendant quelques minutes elle me fixa, les larmes dans les yeux. Allez, assez de mélo pour aujourd'hui ! Mais où sont tes bagages ? Demanda-t-elle en remarquant mes mains vides.
- Oh maman, je t'aime. Lui dis-je en me jetant dans ses bras, après ce qu'elle venait de me dire je me rendais encore plus compte de mon amour pour elle, je ne voulais plus la quitter.
Tendrement, elle me serra dans ses bras en me disant tout bas des mots d'amour en espagnol.
- Alors, dis-moi combien de valises as-tu ? Demanda-t-elle en m'accompagnant vers le mini-bus. Et Ryôgi ? Les jumeaux ?
- Ryôgi…je t'en parlerai plus tard, les jumeaux sont dans le mini-bus.
- Ah, ils ont dû bien grandir, je présume qu'ils ne se souviennent pas de moi, hm .
- Au fait maman, il faut que je te prévienne, lui dis-je en lui barrant la route : Ryôgi et moi avons agrandi la famille.
- Ah ! Vous avez eu quoi ? Une fille j'espère ! Trop d'hommes ce n'est jamais bon, conclu-t-elle en éclatant de rire.
- Nous en avons eu cinq autres.
Pour le coup, elle resta bouche bée.
Histoire publiée le 11/04/2011 à 23h01.
Thèmes : Amour, Mère, Retrouvaille
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Par netami le 26/04/2011 à 10h10
je vois tous les regards vers l'éphémère
Je crois que je comprends le fait que la mère de Tasha soit bouche bée à la fin... J'aime toujours autant.
Par dead-rose le 13/04/2011 à 17h54
"relookage" Mdr =P

J'ADORE!! La suiite!!
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