Par désespoir on peut faire n'importe quoi..
Je rigole, rigole jusqu'à en avoir la tête qui tourne, les idées vagues, la vue brouillée.
Je suis avec une bande d'amis. Nous sommes au bord de plage, dans un bar, le Noya, proposant des alcools multiples, avec une piste de danse assez grande, des lumières multicolores dans tous les sens, et un feu de joie immense nous éclairant, nous et les autres personnes présentes, du côté du sable, empêchant de voir au-delà.
J'essaie de me calmer, d'ouvrir les yeux, de bouger, mais je ne peux pas ! Qu'est ce qui m'arrive ?!
Ça y est, je peux voir. Je pense que je peux donc bouger. Non, je n'y arrive pas. On dirait que je suis paralysée ! Au secours ! Personne ne m'entend donc ? Je vois mes amis qui me regardent en souriant. Ils me regardent, et leurs yeux font la navette entre mon visage et ma main droite. Qu'est ce que j'ai dedans ? Je me contrains à faire un énorme effort, et arrive à baisser la tête de quelques centimètres, juste assez pour voir que je tiens un verre avec un fond de quelque chose d'ambré, dont le parfum entêtant me monte à la tête.
J'ai beau chercher, je ne me souviens pas avoir été le chercher au buffet.. Aïe, quel mal de crâne ! Les sensations reviennent cependant, les bruits aussi, mais je suis toujours incapable de parler et de bouger. J'ai la bouche pâteuse, les muscles engourdis et.. Ah, ça y est, je me souviens enfin de comment ce verre est arrivé dans ma main. Jérémie, en face de moi, me l'a mis dans la main il y a à peu près 5 minutes, en me disant que je n'étais pas cap de le boire d'un coup. Je me souviens que je l'ai avalé en trois gorgées, puis un trou noir. Après, je me souviens que j'ai émergé de mon trou noir pour me retrouver quasiment paralysée.
Ce doit être de l'alcool très fort qu'il m'a donné à boire, pour que je me sente comme ça..
Je l'aime, et mais je sais que lui non. Je suis assez grande, les cheveux châtains mêlés de blond, les yeux verts clair et avec mon corps très bronzé aux formes bien définies, je fais tourner bien des têtes. Mais c'est lui que je veux, et il n'a pas cédé.
La soirée se passe, et mes sensations reviennent avec le temps. Je peux de nouveau bouger et parler, mais je dois être complètement bourrée, je ne maîtrise pas ce que je dis ni ce que je fais. Mon corps m'attire involontairement près de Jérémie, tout le temps, comme aimanté.
La soirée s'étire, et je finis par m'effondrer sur ses genoux. Tout le monde rigole, et je l'entends dire :
- Vanessa, je crois que tu n'as pas supporté le rhum que je t'ai donné tout à l'heure !
Nouveaux rires.
- Tu veux qu'on y aille ?
Je m'entends lui répondre :
- Ou-oui, on-on y va-a.
De nouveau, nos amis rigolent et aident Jérémie à me relever. Je l'entends prononcer avec un rire dans la voix :
- Bon, je vais la raccompagner, je ne crois pas qu'elle soit capable de rentrer toute seule.
Sourires en coin et rires discrets.
Je me sens entraînée par Jérémie vers la mer. Nous nous arrêtons lorsque les vagues touchent le bout de nos pieds.
Il me prend par la taille.
- Jérémie ?
- Oui ?
- Je t'aime tu sais..
- Vanessa.. Je crois que moi aussi..
Surprise, je murmure :
- Tu m'avais dit que non..
- Je n'osais pas..
Peut être qu'un jour il ne m'aimera plus.. Autant en profiter maintenant ! Et je ne suis tellement pas bien en ce moment.. j'ai besoin de me changer les idées.
Je me colle donc contre lui et provocante comme à mon habitude, mes désirs décuplés par l'alcool, je lève le visage vers le sien et croise ses yeux.
Il me regarde, de plus en plus étonné.
J'entrouvre les lèvres et me hisse sur la pointe des pieds.
- Vanessa ?
- Oui ?
Sa voix se fait plus chaude, enveloppante.
- C'est l'alcool, tu n'es pas dans ton état normal.
- Si si, je t'assure, je me sens tout à fait bien.
Il sourit, et répond :
- Eh bien, pourquoi tu me regardes comme ça alors ?
- Pff.. Tu le sais très bien !
- Non, je n'en sais rien justement, avec toi on ne sait jamais, tu tournes au vent comme une girouette !
J'approche mes lèvres des siennes et ferme les yeux.
- Arrête de me tenter Vann, s'il te plait !
Je l'embrasse et il me prend dans ses bras. Il me dépose sur le siège de sa voiture, nos lèvres toujours soudées.
Il me lâche et je proteste :
- Dis, tu ne vas pas en rester là !
- Écoute, là, on va chez toi !
Je me calme :
- D'accord d'accord, vas y.
Mon appart n'est pas loin, 10 minutes de trajet.
Pendant qu'il conduit, je l'observe, les yeux à demi fermés.
- Arrête de me regarder avec ces yeux de chat !
Je me glisse hors de mon siège et m'assois sur ses genoux.
- Vanessa, je peux pas conduire comme ça !
- Mais si, tu vas y arriver !
Le bas de ma robe est resté coincé entre l'accoudoir et mon siège, laissant à découvert la totalité de mes cuisses.
Jérémie se penche et m'embrasse dans le cou.
- Dis donc, si tu veux qu'on arrive vivant, arrête un peu, je pourrai jamais me concentrer sinon !
Je rigole doucement, et plaque mes lèvres sur les siennes.
Il soupire et accélère.
Nous sommes devant chez moi. Il me soulève, me tenant serrée contre lui, et pousse la porte de la baie- vitrée restée entrouverte. La nuit est chaude, et aucun bruit ne vient troubler son silence, à part nos respirations rapides.
Il me pose sur mon canapé et me sert un autre verre de ce que j'ai bu tout à l'heure tout en discutant de choses et d'autres. Tout compte fait, ce n'était pas si mauvais..
Je saisis donc le verre qu'il me tend et l'avale d'un seul coup. Trou noir de nouveau.
Le soleil entre à flots dans la chambre, et un petit vent me fait frissonner. Qu'est ce que je fais là ?! Je ne me souviens pas être allée dans mon lit ni m'être déshabillée !
Avec qui j'étais déjà ? Jérémie.. Oh non ! Qu'est ce que j'ai fait..
Je l'appelle tout en me rhabillant.
Messagerie.. Messagerie.. Je passe ma journée à tomber sur son répondeur pour l'avoir enfin le soir :
- Jérémie ?
- Oui ?
- Qu'est ce qui s'est passé hier soir ?
- T'as pas encore compris ?
- Quoi ?
- Vanessa, JE NE T'AIME PAS !
- Mais.. Pourtant.. Sur la plage.. ?
- J'avais envie de toi, et avec l'alcool tu ne réfléchissais plus correctement, j'en ai profité.
Je laisse tomber le téléphone par terre. Il ne m'aime pas..
Je m'approche de ma fenêtre, regarde le soleil se lever.
Ce fut le dernier que je vis.
Histoire publiée le 19/02/2011 à 22h00.
Thèmes : Amour, Désespoir, Lui
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Par noperfection le 26/02/2011 à 02h57
Magnifique
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