Perfect.
Son chant me surprit d'abord, puis m'apparut comme une mélancolie des plus pures. Il y avait dans celui-ci quelque chose que je ne compris pas de suite. Quelque chose de puissant, d'assourdissant, de tellement réel. La place était déserte et le soleil se couchait doucement. Je sentais encore sur moi ses derniers rayons qui accompagnaient mon envie de partir. Je me pris à rêver d'un futur prometteur, d'un futur heureux, dans lequel je me sentirais bien. Mais le présent me rattrapait déjà. J'en avais peur, comme j'avais peur du passé, comme j'avais peur du futur. Tout m'effrayait. Tout me terrorisait depuis 26 jours 19 heures et 37 secondes. Tout semblait vide, morne, inutile, sans importance, sans conséquences, tout m'importait, tout m'était insupportable. Je haïssais tout. Tout depuis que tu n'es plus là.
Il y avait là-bas une petite fille qui faisait de la balançoire. Tu sais ce qui me frappa de suite, chez elle ? Son sourire. Un sourire si sincère et si innocent, que j'avais oublié à quoi cela ressemblait. Tout semble si faux, autour de nous. Même nous, nous le sommes. Faux, entièrement faux, emplis de mensonges et de cicatrices encore ouvertes. J'avais oublié ce qu'était le bonheur avant de voir cette petite fille. Je ne me rappelais pas qu'il en fallait si peu. Pour être heureux, je veux dire.
Malgré tout, tout semble sans vie. J'ai l'impression de n'être que spectatrice de ma propre vie. Plus rien ne me fait envie, plus rien ne me plaît. Et je me souviens de chaque détail, tu sais. L'odeur de tes fleurs préférées qui emplissait l'air, qui délectait mes sens tenus en éveil. La beauté de ce parterre de fleurs et ce petit chemin qui me menait jusqu'à toi. Je me souviens de la chaleur du soleil sur ma peau, m'enlaçant doucement. Je me souviens de la délicatesse du vent frôlant mon être et plongeant jusque dans mon âme. Je me souviens de chacune des larmes que j'ai laissé couler, de ce passé, du futur qui aurait pu exister. Je me souviens de cette robe noire que tu aimais, magnifiquement assortie à ton cercueil fermé. Et de ton regard, de ton sourire encore accrochés à un vieux souvenir ; de ce dernier au revoir, avant de te laisser partir.
Histoire publiée le 03/04/2011 à 14h25.
Thèmes : Amitié, Amour, Au revoir, Bonheur, Cercueil, Cimetière
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Par petit-ange17 le 06/02/2011 à 15h18
www.Et-Les-Mots-Sont -Perdus.skyblog.com
Merci, ça me touche !
Par refletpoetique le 05/02/2011 à 19h44
life is anfair
j'aime beaucoup, ca m'a énormément touché, c'est si bien exprimé en plus
+5
Par perce-neige-x3 le 03/02/2011 à 11h15
L'amour est aveugle, rendons le Sourd.
J'adore
Par angelll le 02/02/2011 à 13h02
You raise me up... <3
Vraiment magnifique!
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