Rédemption (partie 1 ) Caïn
Il raconta comment des meurtriers arpentent le monde
Sujets à la malédiction de Caïn
Des voiles pourpres devant les yeux
Des flammes nimbant leur Cerveau:
car le sang a laissé sur leurs âmes
Son inaltérable souillure
~Hood~
Le fracas des lames s'entrechoquant retentissait dans tout le village. Sur la place publique, un homme et un enfant s'entraînaient au maniement des armes. L'homme tenta une attaque frontale, rapide et puissante, mortelle normalement. L'adolescent la para sans grandes difficultés juste à temps. L'homme, décontenancé, ne vit que trop tard la botte que lui fit le garçon. Il tenta de l'éviter en reculant mais son pied rencontra une pierre et il chuta lourdement sur le sol sableux. Tandis qu'un nuage de poussière s'envolait, le rire cristallin du jeune homme retentissait sur la place.
« - Ma foi, on dirait que l'élève dépasse le maître, dit le garçon ironiquement.
- Cela ne fait que démontrer quel professeur exemplaire j'ai été, lui répondit l'homme sur le même ton. »
Tout en disant cela, souple comme un félin, l'homme se releva et rangea sa lame. Il était grand et maigre, personne ne saurait mieux le décrire car il portait toujours un large chapeaux sombre, masquant ainsi son visage.
« - Que vous avez été ? Dois-je comprendre que vous reprenez la route, Caïn ? demanda la mère de l'enfant qui venait d'arriver sur la place.
- Je vous ai déjà dit que je ne voulais pas que l'on m'appelle par mon prénom. Il ne signifie que des horreurs à mes yeux et à ceux de beaucoup de personnes. Il marqua une pause puis reprit :
- Je partirai ce soir. Vous n'avez plus besoin de mes services et je ne puis rester plus d'un mois dans la même demeure. Votre fils est maintenant capable de se battre avec une lame, je lui laisse celle-ci , je n'en ai plus besoin.
- Merci beaucoup, c'est fort aimable de votre part mais nous ne pouvons accepter, nous ne voulons pas vous être redevables.
- Vous ne me devez rien du tout, c'est un cadeau d'adieu, acceptez-le, rien ne me ferait plus plaisir que de savoir que vous avez en votre possession une bonne arme.
- Alors merci, merci du fond du cœur. Vous resterez bien pour le repas au moins ?
- Je ne sais pas, peut-être.
- Faites-moi ce plaisir, ce sera en quelque sorte mon cadeau d'adieu, dit-elle sur le ton de la plaisanterie.
- Si vous insistez alors j'accepte. »
Et sur ce, la femme, l'enfant et Caïn rentrèrent dans la maison pour souper. Le repas, bien que maigre, fut savouré. Pas une miette ne fut gâchée. La conversation qui l'accompagnait était futile mais agréable. Caïn insista pour aider à faire la vaisselle et, une fois que tout fut propre, il prit la parole :
« - Bien, il se fait tard et je vais partir dès maintenant, j'espère que votre vie continuera d'être belle et que vous ne souffrirez d'aucune tristesse profonde qui pourrait altérer votre joie de vivre habituelle. Je vous dis donc adieu.
- Les routes ne sont pas sûres et les emprunter de nuit n'est pas conseillé.
Toute joie avait déserté son visage.
- Partez demain matin, mieux vaut perdre une nuit que sa vie.
- Je ne perdrai ni l'une, ni l'autre. Et si un quelconque brigand tente de me dépouiller, je vous jure que l'acier de ma lame lui déchirera la poitrine avant qu'il ait pu faire deux pas.
- Caïn, oui je sais que vous ne voulez pas que l'on vous appelle par votre nom mais c'est exceptionnel, je ne doute pas de votre capacité à vous défendre face à n'importe quel bandit de grand chemin mais ce qui vous guette dans cette forêt est bien plus dangereux. La nuit, nous l'entendons gronder, le jour venu, nous retrouvons des cadavres lacérés, attachés aux arbres. C'est horrible, savez-vous ce que l'on ressent lorsque l'on voit une personne à qui l'on tient pendue à un arbre avec ses tripes à l'air ? Non, vous ne pouvez pas savoir. Cela m'est arrivé une fois, je ne veux pas que cela recommence. Vous êtes très fort mais pas assez pour vous battre face à cette... chose. Caïn, ne partez pas cette nuit, attendez demain matin. Je ne vous demande que cela.
- Si cette chose existe, je mourrai en la combattant, sinon je continuerai ma route. Comprenez-le, ma décision est prise et rien ne m'en fera changer, pas même Satan, car si ce que vous dites est vrai, nul doute que Satan soit derrière. Alors oubliez-moi, si demain mon cadavre est pendu dans ces arbres, vous saurez que je me serai battu jusqu'au bout, sinon c'est que j'aurai survécu.
Et sur ces mots, Caïn s'enfonça dans la pénombre. Ombre parmi les ombres, il était indistinguable.
- Pauvre fou.
Seul le vent répondit à son insulte.
Histoire publiée le 23/06/2010 à 17h40.
Thèmes : Adieux, Départ, Redemption
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Par anonymous-john le 26/06/2010 à 21h19
"Primum non nocere"
Beau texte, mis a part un détail qui m'a interpellé, ce Cain est resté 1mois dans cette demeure et ne connais pourtant pas l'existence de cette " créature " , assez étrange. Sinon Bravo et bonne continuation .
Par angelll le 26/06/2010 à 13h57
You raise me up... <3
Superbe <3
+5 sans hésiter
Par netami le 24/06/2010 à 18h30
je vois tous les regards vers l'éphémère
J'aime bien, je trouve que ton style d'écriture a changé depuis ta précédente histoire, je préfère de loin celui-ci.
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