Souvenirs: L'aubergiste
La neige tombait lentement, atténuant tous les bruits. Je pris ma béquille et je sortis de la chaumière. La neige avait recouvert de son manteau blanc la plage et la forêt. J'entrepris d'aller faire un petit tour dans la forêt enneigée. La neige crissait sous mes pas. C'était merveilleux. Il ressortait de cette forêt un calme total. Je me sentais bien. Chose qui ne m'était pas arrivée depuis des années. Depuis que j'étais revenu de cette auberge en fait.
Ma femme était partie en ville avec nos deux jeunes garçons et je me retrouvais seul à garder la chaumière. Tout cela à cause de mon infirmité. Mais il fallait voir le bon coté des choses, j'étais encore en vie. Je suis conscient de la chance que j'ai eu de survivre à cette rencontre il y a des années. Le crépuscule laissa place à la nuit et je repris le chemin de la maison. Sur la falaise se trouvait un banc. Je m'assis dessus et je contemplai l'océan, laissant vagabonder mes pensées.
Un frisson me parcourut l'échine. Je me sentais observé. Je me retournai aussi vivement que me le permis mes articulations qui commençaient à vieillir, tout comme moi d'ailleurs. Personne. Mais maintenant un sentiment de peur s'était insinué en moi et je retournai le plus vite possible à la chaumière. Je stoppai net à mi chemin. Des empreintes de pas apparaissaient nettement dans la neige encore fraîche. La peur me noua l'estomac. Je rentrai chez moi, ferma la porte à double tours et seulement après avoir réalisé ces actions je me sentis en sécurité. Soudain des coups furent frappés à la porte. La terreur monta d'un cran. Je m’adossai à la porte et fermai les yeux; espérant rêver. Je suai à grosse goutte, m'imaginant les pires scénarios. Je tremblai de la tête au pied. Mon pouls s'accélérait anormalement. Quand je rouvris mes yeux les coups avaient cessé. Je ne pus m'en empêcher. Je regardai la fenêtre. La terreur atteint alors son paroxysme. Face à la vitre se trouvait un vieillard, un vieillard qui souriait sadiquement. Car il avait retrouvé sa proie.
J'interrompis ma lecture à ce moment là. Je n'aimais pas relire ce texte avant de dormir. Vraiment pas. L'aube pointait à ma fenêtre. J'allais donc devoir partir. Mais avant je devais tout brûler, tout détruire. Une personne connaissant ces lettres tombant sur ces manuscrits serait une véritable catastrophe. Je ne pouvais laisser un tel danger derrière moi. Je pris tous les manuscrits et en fit un tas que je fourrai dans la cheminée. Du simple traité sur les plantes médicinales aux Mémoires de mon père. Tout. C'était dur mais je n'avais pas le choix. Je sortis et je partis sur mon cheval. Vers la ville, vers ma vengeance.
Dans la chaumière le feu détruisait petit à petit la dernière preuve de l'existence des cadillos.
J'avançais sur les routes en ressassant mes souvenirs. J'étais tellement pris dans mes pensées que quand j'aperçus le vieil homme qui se trouvait sur le bas coté il était déjà trop tard. J'espérais juste que ma mort serait rapide.
Fin du premier chapitre.
Histoire publiée le 24/01/2010 à 12h50.
Thèmes : Fin, L'auberge, Mort, Peur, Souvenirs
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Par joip le 25/01/2010 à 17h45
Super
Par xx-souchis-xx le 24/01/2010 à 14h45
Courage- Superchick.
Toujours aussi bien.
Par netami le 24/01/2010 à 14h22
je vois tous les regards vers l'éphémère
C'est très bien.
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