Tes pas sur la neige
Personne n'est encore réveillé dans la maison, c'est pourquoi je me lève sans bruits. Il fait encore nuit car nous sommes en hiver. J'enfile mon jeans, mon pull violet et je chausse mes moon boots. Je sors de ma chambre sans bruits et descends les escaliers lestement. Une fois dans l'entrée je me détends et passe par la cuisine pour prendre mon sandwich préparé la veille. Je le mets dans mon sac avec une bouteille d'eau et une lampe de poche et je jette un dernier regard derrière moi, comme un adieu...
Hier elle avait mis dans son sac tout ce qui est important pour elle et quelques habits...
Je sors de la maison en fermant doucement la porte à clef, dehors, il neige.
Elle sent crisser ses bottes sur la neige mais déjà elle n'est plus de ce monde, elle se laisse enivrer par le froid, les flocons qui tourbillonnent autour d'elle, elle marche au hasard des rues.
Soudain, plus un bruit, la magie est partie, m'abandonnant, les flocons ne sont plus là pour occuper mes pensées. Je m'assois par terre et me mets à pleurer, des larmes amères, des larmes qui font mal.
Elle est fatiguée mais ne parvient pas à s'endormir pourtant elle ne sent pas le froid ou peut-être ne le sent-elle plus ? Elle ne sait pas, ne veut pas savoir. La neige se remet à tomber, elle essaye de rassembler ses idées et décide de ne pas rentrer chez elle, même si c'est encore possible. Possible en théorie, mais en pratique...
Affronter leurs regards, toujours leurs regards, non je ne peux pas. Je n'ai plus la force, plus la force de lutter.
Elle ne se posait pas la question d'où aller, peut-être car elle ne savait pas la réponse ou alors car elle ne voulait pas bouger.
Prise d'un élan, je me remets debout et je cours, je cours, oui je cours.
On entendait ses pas dans la neige, son souffle dans la nuit, son sac ballotté. Elle se dirigeait vers la gare, le savait-elle ?
Je m'arrête, je suis devant la gare, je sors mon porte-monnaie de ma poche et j'entre. Je me dirige vers le guichet.
Elle demande un aller simple pour "n'importe-où-pourvu-que-le-train-pate-maintenant". L'employée la fixe, bat des cils deux fois puis lui tend les billets après avoir encaissé l'argent d'un air blasé.
Les billets en main, je me dirige vers le quai où mon train pour "ailleurs" va arriver d'une minute à l'autre. Bizarrement je me sens légère, vivante !
Le train entre en gare, s'arrête. Elle monte rapidement comme si elle craignait qu'il parte sitôt arrivé. Cinq minutes plus tard le train repart, l'emportant, elle et ses rêves.
Affalée sur mon siège, je ne tarde pas à somnoler. Je suis réveillée par le contrôleur qui me demande mon passeport car nous sommes arrivés à la frontière, je le lui tends sans un mot et il me remercie d'un hochement de tête. Il me le rend et repart.
Arrivée à Florence, elle sort de la gare. Elle lève la tête vers le ciel, la bouche ouverte pour savoir si les flocons ont le même goût qu'en France, elle rit de son âme d'enfant même si c'est bien ce qu'elle est.
Une enfant à la recherche des ses rêves.
A suivre...
Histoire publiée le 29/08/2006 à 11h31.
Thèmes : Fugue, Hiver
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