Tu m'avais dit...
J'étais allongée dans mon lit, sous mes couvertures. J'avais un sourire aux lèvres lorsque ma mère me bordait comme chaque soir, avec cette même tendresse qu'elle avait à son habitude. Toutes les deux, on avait notre " rituel" du soir. Elle me lisait une courte histoire, ensuite elle me bordait, m'embrassait sur le front et me murmurait " Je t'aime" à l'oreille gauche, du côté du coeur comme elle disait toujours. Nous vivions toutes seules, toutes les deux. Mon papa est parti de la maison, alors que j'avais 4 ans. Je voyais souvent maman pleurer, avec des petits bobos aux visages qu'elle tentait de cacher, tant bien que mal.
Ce soir-là, je regardais maman droit dans les yeux, l'oeil pétillant et je lui avais demandé:
- Maman, l'amour, c'est aussi beau, comme tout le monde le dit?
Maman, etonnée me regardait et repondit:
- Oui c'est la chose la plus belle qu'on ait inventée.
Et ensuite, elle me laissa et je m'endormis.
J'avais 15 ans et j'entamais ma dernière année de collège. J'étais tombée amoureuse d'un garçon de ma classe, mais lui ne m'avais jamais remarquée jusqu'à ce qu'il décide à jouer avec mes sentiments. A cette époque, je faisais ma crise d'adolescence et forcement je ne voulais pas me confier, ni à ma mère que je pensais qu'elle ne comprendrais pas à ma souffrance, ni à mes amies. J'avais sombré dans la depression, sans que personne ne le sache. Et comme toujours, je rejetais la faute sur ma mère en lui disant qu'elle me mentait sur la vie, qu'elle n'était pas si rose que ça, qu'elle n'avait pas dû quitter mon père si elle avait voulut me mentir sur la belle vie. Je lui faisais du mal, j'étais triste et contente en même temps de la voir ainsi, en souffrance. Tu m'avais dit, maman que la vie serait toujours rose pour moi, que l'amour était très beau. Là je ne te croyais pas.
Je venais d'avoir 27 ans et j'était fiancée à Xavier, un homme que j'avais rencontré à la bibliothèque, où j'y travaillais depuis presqu'un an. On s'était installés vite ensembles et on allait se marier dans 2 mois. Il est gentil, serviable, galant, souriant, travailleur... Il avait tout du mari idéal finalement.
2 mois plus tard, nous célébrions notre beau mariage, le jour le plus beau pour moi, le plus merveilleux. J'étais vraiment très heureuse et grâce à lui, j'ai su ce qu'était le vrai amour, le sincère.
Ce n'est que quelques temps après notre mariage qu'il montra son vrai visage. Un homme violent, infidèle, jaloux. Et lorsqu'il apprit que j'étais enceinte, il m'en voulait de ne pas avoir fait attention à la venue de cette grossesse. Il m'avait tellement insultée, humiliée, frappée que j'avais perdu mon bébé à 3 mois de grossesse. J'avais peur de Xavier, de le fuir, je savais qu'il aurait pu me retrouver, ou s'en prendre à ma famille. Jétais son objet, il me possédait.
Un jour, je decidais que plus jamais il me possedera, maman. J'avais profité qu'il rentrait tard de son travail (où il était avec sa maitresse, peut-être je ne le saurais jamais), j'ai rassemblé toutes mes affaires, je suis venue chez toi, me refugier, ma chère maman, tu m'as acceuillie, en mettant ta vie en danger. Tu m'as écoutée, je me suis confiée à toi, et je t'ai dit à la fin : "Maman, tu m'avais dit que l'amour était beau, mais je me rends compte que l'amour le plus beau, c'est celui que porte une mère à son enfant" et je t'ai embrassée, sur le front en te disant " Je t'aime" à l'oreille gauche, du côté du coeur comme tu me le disais et on a dormit sur le canapé. Le matin, je me suis levée, tu preparais le petit-dejeuner, j'avais une centaines d'appels de Xavier sur mon téléphone portable. Il avait tenté de me joindre. Après le petit-dejeuner, ma mère m'a prise par le poignet et m'a dit: "Suis-moi", tu m'as emmenée à la gare, et tu nous as payées un billet de train chacune qui nous emmenera chez ta soeur, à des centaines de kilomètres de Xavier voire plus.
Et depuis , on y vit depuis 3 ans maintenant, et je m'en souviendrais toujours, je t'avais dit que l'amour qu'une mère porte à son enfant était le plus beau.
Et maintenant je m'en rends compte de tout ça. Voilà maintenant 4 ans que tu es decédée, tu as vu ma fille naitre avant que tu meures, mon second beau mariage; mon bohneur enfin trouvé... Et tu m'avais dit que l'amour était le chose la plus belle au monde... Et j'ose te croire, maintenant maman. Grace à toi et ton courage, tu as risqué tout pour moi. Et je suis heureuse enfin de vivre.
Histoire publiée le 11/06/2007 à 22h06.
Thèmes : Courage, Décès, Maman
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Par lilnao13 le 23/07/2007 à 16h38
meilleure compétence? faire semblant.
trop triste...
Par jenus le 13/06/2007 à 08h03
c'est magnifique et rés emouvant
Par ria36 le 12/06/2007 à 17h15
...!!!
Super
Par milly54 le 12/06/2007 à 09h09
Baiser froid sur lèvres froides à l'images de ton
magnifique
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