Tu ne veux pas comprendre...
Pour l'instant, je suis installée sur mon lit. Mon ordinateur portable ainsi que mon mobile sont tout près de moi. Une chanson de Lena Ka retentit dans la chambre. Comme tous les jours, je suis toute seule dans ma chambre. J'attends un message, une lettre, un mot de ta part.
Devant moi, un paysage – que j'ai mis comme fond d'écran pour mon texte – s'étale sur la page. C'est grâce à toi que j'en suis là à présent. Sans toi, je n'aurais jamais eut l'idée de me confier à des amis de papier.
Mes textes sont pourtant truffés de fautes d'orthographes, de grammaire et de vocabulaire. Et je ne parle pas de toutes ces tâches d'encre et des larmes que j'ai versées sur le papier.
Un peu plus loin sur le lit, se trouve quelques épais cahiers et un album, regroupant quelques photographies où nous sommes pris ensemble.
Un petit clic me fait relever la tête. Juste un simple mot, trois minuscules lettres qui veulent tout dire. « Fin ».
Notre histoire d'amour prend-elle fin ? Ou bien est-ce pour me dire que tu vas mourir ? Je ne sais rien.
A vrai dire, au fond de moi, je suis une coquille vide. Sans toi, je ne serais plus rien. Je sais qu'au fond de moi, je ne veux rien comprendre.
Je suis idiote, en fait. Je veux croire encore et encore à notre amour, si beau mais si fragile. Et voilà que je pleure. Si tu étais présent, tu me dirais de ne plus pleurer. Que les larmes que je verse ne serve plus à rien.
Que… Qu'en fait, je suis vraiment conne de vouloir m'accrocher à toi, à ton reflet qui glisse encore et encore, toujours plus près de moi, sur le miroir de la salle de bain.
Je verse quelques larmes, pour montrer ma douleur. Mais je sais que d'ici quelques jours, j'irais bien mieux. Je t'aurais oublié, enfin, en façade.
Je ferme le couvercle de mon portable. Je prends un livre, qui traîne au pied de mon lit. Je commence à lire, mais l'humeur n'est pas là. Je tente d'écrire mais je n'ai plus le goût à écrire des conneries pour plaire à des personnes qui me lisent.
Je me lève et j'abandonne tout sur mon lit. Mon ordinateur portable, mon mobile, mes livres, mes cahiers ainsi que mon album de photographies. La seule chose que je prends, c'est une feuille de papier bleu ainsi qu'une bouteille d'encre et une plume.
Mes deux seuls amis…
Je sors de ma chambre, que je ferme à double-tour. Je ne veux pas que ma sœur vienne fouiller dans ma chambre, avec ses amies. Je longe le couloir et je me dirige vers le vestibule. Mais avant je passe dans la salle de bain pour y prendre une seule petite chose, qui pourrait m'ôter la vie si j'en avais envie. Je reprends la direction de ma chambre, que j'ouvre à nouveau.
J'ouvre un tiroir, que je ferme habituellement à double tour, et j'y prends un revolver que mon père m'a offert pour mes dix-huit ans. Je referme le tiroir, que je ferme à clé, et je fais de même pour la porte de ma chambre, lorsque je suis sortie dans le couloir.
Je longe à nouveau le couloir et je sors dans le vestibule. J'attrape mon sac kaki et j'enfouis toutes mes affaires à l'intérieur.
"- Victoria ?
Je pousse un soupir et j'enfile mes bottes. Emilie me retient par le poignet. Je lui souris.
- Merci."
Emilie semble comprendre ce que je veux dire. Elle m'enlace dans ses bras et je sens pour la dernière fois la douceur du parfum de sa chevelure de feu.
"- Tu resteras à tout jamais dans mon cœur, Vic, me murmure-t-elle à l'oreille.
- Merci, Emilie, d'avoir été toujours là pour moi.
- De rien."
Pour la dernière fois, elle me lâche. Alors que j'ouvre la porte, je me tourne vers elle pour lui adresser un dernier sourire. Elle m'en adresse un petit rire contrit et elle s'avance vers moi. Emilie dépose ses mains sur mes joues et elle s'approche de moi. Je ferme les yeux et j'attends la délicatesse de ses lèvres sur les miennes.
On reste ainsi pendant quelques instants. On s'embrasse. Je crois que si je reviens, je lui avouerais mes sentiments pour elle. Même si je ne l'aime pas aussi passionnément qu'elle.
"- Adieu, murmure-je.
- Non, pas adieu. Au revoir."
En me disant cela, elle m'adresse un clin d'œil complice. Je fais mine de ne pas comprendre où elle veut en venir. Mais je la connais. Si je meurs, elle mourra. Juste pour me revoir.
Je sors de la maison et je prends la direction du bord de mer. Tout de suite, je sais que personne ne seras présent.
Je me balade quelques instants sur la plage. Puis je m'installe sur un transat. Je prends ma plume ainsi que ma bouteille d'encre et un support et ma feuille. Je sais déjà ce que je vais marquer. Ma dernière lettre d'amour sera ma dernière lettre que j'écrirais pour tout le reste de ma vie.
« Mon cher amour, »
J'y vais un peu fort, peut-être. Mais j'écris les sentiments qui s'égrènent dans mon cœur comme les perles de sable dans un sablier.
« Aujourd'hui, j'ai décidé de faire ce que j'attends depuis toujours. Tu sais très bien où je veux en venir. Ne fais pas celui qui ne comprend pas.
Lorsque tu liras cette lettre, je serais déjà décédée. Je voulais mettre morte, mais tu sais que je n'aime pas ce mot.
Je t'adresse cette dernière lettre avec un poignard dans le cœur.
Je t'aime,
Victoria
P.S. : Merci pour ces quelques mois de pure liberté et d'éternel amour. »
Je plis la lettre et je la glisse dans une enveloppe. J'abandonne mon sac sur la plage et je cours jusqu'à une boîte de la poste. Ceci fait, je reviens sur la plage. Je m'installe correctement sur mon transat et je prends mon revolver.
Je ne veux pas prendre la lame de rasoir. Je veux une mort brève et instantanée. J'installe l'arme sur ma tempe, et je compte jusqu'à trois. Je n'ai même pas atteint le numéro deux que j'ai déjà appuyée sur la détente. Mes yeux sont toujours ouverts. Un petit flot de sang s'écoule sur mon visage.
Quelques heures plus tard.
« Une jeune femme d'une vingtaine d'années à été retrouvée morte. Selon la police, elle se serait suicidée. Nous ne savons pas la cause de ce suicide.
Comme je vous le disais hier après-midi, le jeune homme qui avait été retrouvé dans un puits… »
Emilie et Maxence se regardent. Ma mort est passée quasiment inaperçue. Qui voudrait se souvenir de ma personne ?
Pourtant, mon petit ami et ma meilleure amie sont venus me rejoindre au royaume des anges. Personne ne s'apercevra de notre mort…
Sur nos tombes furent marqués : « Si j'avais voulu comprendre, je n'en serais pas là… »
Histoire publiée le 13/08/2008 à 15h15.
Thèmes : Amitié, Amour, Suicide
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Par koalalolita le 01/05/2009 à 12h31
Reprends tes ailes et va t en loin d'ici
cette histoire est trop belle sérieux.
5*
Par miss-lovely le 30/08/2008 à 14h31
moi j'oublierai pas pas toi
Trop belle cette histoire elle me donne des frissons.
Par missangiedevilish le 28/08/2008 à 12h15
† Abandon, absence, mort...†
Merci beaucoup pour vos commentaires, ça me fait chaud au coeur...
Par pupucedu67 le 18/08/2008 à 15h55
Vraiment très beau texte.
Bravo!
Par doof-tan le 16/08/2008 à 14h06
La même chose mais en différent
Très bien...
Par emeli le 14/08/2008 à 22h47
l'aime
magnifique
bravo
Par lapetitedidi le 14/08/2008 à 11h39
_# Serre moi jusqu'a étouffé de toi x.3
Merveilleux ... Continu comme cà ... Bravo
Par chaimamoureuse le 13/08/2008 à 18h55
Le corps humain est un royaume
j'aime bien. j'ai les larmes aux yeux
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