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Two Princess in NY

(Voici un début de roman rédigé avec une amie :)

« Quand l'argent précède, toutes les portes s'ouvrent. »
William Shakespeare


« Quelle robe affreuse ! Gabriella McNorwood est daltonienne pour avoir confondu le jaune pisseux avec le blanc ! Les gens de cette espèce ne méritent pas une place parmi nous, c'est une honte de ne pas savoir choisir une robe pour une telle occasion ! », lâcha Marisa Hamilton en reprenant une coupe de champagne.
Bien sûr Marisa Hamilton était de cette espèce-là, une belle et riche jeune femme qui avait du goût pour choisir ses robes dans les plus grands magasins avec des vendeuses à ses pieds. Et ce soir là, elle avait revêtu une magnifique robe violette en satin et elle avait de l'allure. Contrairement à cette Gabriella McNorwood. Cette robe de chez Gucci lui allait à ravir, elle se sentait glamour et sexy. Marisa Hamilton adorait et personne ne pourrait la contredire.
« Quel manque de goût ! renchérit Alicia Santa Cruz en tournant ses yeux vers une nouvelle venue au bras d'un vieux milliardaire. Regarde-là celle-la avec sa robe rose-bonbon. Complètement démodée ! »
Alicia Santa Cruz était la meilleure amie de Marisa Hamilton. Elles s'étaient rencontrées à la maternelle lors d'un goûter et s'étaient tout de suite très bien entendues. Notamment après l'épisode de la mûre, lorsque Marisa s'était faite une tâche sur son tee-shirt Dior, Alicia n'avait rien trouvé de mieux à faire que de tâcher son haut Chanel croyant que le violet était à la mode.
« Je crois que je vais finir par vomir par ce triste spectacle. Il n'y a aucun beau mâle à matter, soupira Marisa en avalant un peu de champagne. J'espère que la musique sera meilleure après car Beethoven devient pesant. »
La jeune femme prit un toast au passage et l'enfourna dans sa bouche avec élégance. Elle rejeta ses cheveux en arrière légèrement bouclés et posa son regard charmeur sur un jeune homme qui semblait seul. Elle se tourna vers Alicia et lui souffla :
« Beau mâle, grand, type bronzé et plutôt… waouh devant ! Je crois que je vais lui rendre visite…
-Moi aussi j'en ai vu un…. La trentaine, beau… et sûrement très riche vu son costard Armani…
-Mmmh… La trentaine ? Intéressant ou gros boulet ?
-Intéressant… il a l'air de s'ennuyer tout seul avec sa coupe, si j'allais lui faire oublier sa femme ?
-Oh vas-y chérie, utilise tous tes charmes et fais-lui passer la nuit de ses rêves. La dernière doit remonter ! Sacré veinard le petit trentenaire, sourit Marisa en faisant un clin d'œil amical à sa meilleure amie.
-Quand à toi, utilise juste les précautions ma belle ! Bonne chance ! » pouffa Alicia.
Marisa garda son petit sourire en coin de lèvres et adressa à son amie un petit signe de la main en partant vers le célibataire.
Alors qu'elle marchait vers le beau jeune homme qui buvait pitoyablement sa coupe -seul, comme d'habitude- Marisa tomba sur Chanelle Lidwürg. Encore cette pétasse… Cette petite pouf-pouf était tombée enceinte à l'âge de quinze ans, pa-thé-tique. Marisa lâcha un soupir tandis que Chanelle la serrait contre elle, le sourire aux lèvres.
« Alors Marisa, comment vas-tu ? Cela faisait si longtemps !
-Oh mais très bien jusqu'à ce que tu fasses ton apparition. Je suis occupée là, tu vois.
-Je vois que tu es toujours occupée dès que l'on se voit. Toujours quelque chose à faire.
-Oui, je suis populaire, tout le monde n'a pas cet avantage », railla Marisa en embrassant sur les deux joues Chanelle et partit rejoindre le jeune homme.
Elle posa sa coupe de champagne sur l'un des plateaux d'un serveurs et en reprit une seconde, le regard fixé sur le beau mâle. Ah qu'il était beau, parfait pour une beauté telle que Marisa Hamilton. Celui-ci avait le regard posé dans sa direction mais elle ne savait pas si il la regardait elle. Elle lui fit un petit sourire, faisant ressortir sa belle dentition et arrivant enfin à sa hauteur, elle l'aborda joyeusement :
« Salut beau gosse.
-Bonsoir mademoiselle.
-Soirée barbante n'est-ce pas ? »
Marisa était face à lui, sa coupe toujours dans les mains et le fixait. Oh mon dieu qu'il était beau. Il n'avait aucun défaut sur le visage et sans doute pas ailleurs. À cette pensée, Marisa eut quelques frissons et eut une petite pensée un peu… coquine.
Le jeune homme haussa des épaules et émit un petit son qui répondait plus ou moins à sa question :
« Ouais… j'ai l'habitude. »
Marisa remarqua qu'il avait désormais les mains dans les poches, pas très gentleman tout ça. Elle décida d'ignorer ce petit détail, peut-être était-il en train de… Marisa ferma le temps d'une seconde les yeux et se présenta :
« Au fait moi c'est Marisa Hamilton !
-Ouais je sais… Fille du chirurgien John Hamilton… On te connaît tous, peut-être toi tu ne me connaîs pas… Moi c'est Jesse Murray », fit celui-ci avec un sourire en coin de lèvres.
Jesse Murray… Elle connaissait un Jesse, son dernier ex ou plutôt dernière aventure au lit et Murray… possible qu'elle ai déjà vu lors de ses soirées ennuyantes où elle se devait de se montrer. Tout comme cette soirée-là qui était l'inauguration d'une nouvelle exposition au Eva Morris Feld Gallery.
« Possible que l'on se soit déjà rencontrés… mais je ne crois pas sinon votre visage me serait revenu. Il est si… parfait. »
Elle battit des cils et porta son verre à sa bouche. Elle remarqua la coupe vide de Jesse Murray.
« Vous voulez une autre coupe de champagne ?
-Non merci, je ne préfère pas finir bourré. Hier soir m'a suffit pour le week-end.
-Hier soir ? Au 212 peut-être ? »
Jesse hocha de la tête et prit tout de même une autre coupe pleine :
« Ouais, t'y étais aussi ? C'était rempli de pouf toutes plus vierges les unes que les autres. La moyenne d'âge était d'au moins quinze ans, fallait bien que je sois bourré pour pouvoir surmonter ça.
-Non je n'y étais pas, j'étais invitée à une soirée privée.. très privée où tout est fini en baisodrome. Je l'ai même fait dans les chambres des parents.
-Oh, quelle originalité. J'avoue, je n'ai jamais essayé… enfin je n'en ai jamais eu l'occasion. Et tu l'as déjà fait des les toilettes ? »
Dans les toilettes ? Avait-il un petit côté hot ? Marisa en eut un sourire intéressé. Elle avait hâte de pouvoir confirmer tout cela et pourquoi pas dans les toilettes !
-Je crois que oui mais c'est une expérience à retenter. Intéressé ?
-Avec plaisir. »
Marisa effleura sa main avec la sienne, le regarda avec un air de séductrice. Les beaux yeux noirs de Jesse la faisait fondre. Elle adorait ça et voulait qu'il le sache. Elle posa doucement sa main sur sa nuque et l'attira contre elle. Sa bouche près de son oreille, elle murmura :
« J'adore vos yeux noirs… quel beau regard… »
Elle l'embrassa très légèrement sur la joue avant de repartir chercher Alicia qui, pendant ce temps-là, n'avait rien trouvé de mieux que boire trois coupes d'affiler. Quand on n'avait rien de mieux à faire, il fallait bien s'occuper… Et si matter les beaux mecs de la soirée faisait partie de son programme, boire aussi. Ca la rendait… euphorique. Et presque gentille. Oh bien sûr, comme si Alicia Santa Cruz pouvait être gentille. Motivée pour aller voir le bel homme seul, Alicia attrapa au vol une coupe de champagne qu'elle descendit d'un coup. Il lui en fallait beaucoup pour qu'elle soit réellement pompette.
Elle se planta devant l'homme, qui, si ses calculs et sa vision étaient bons, était à sa seconde coupe de champagne. Tant mieux, il était sobre et aurait la faculté d'aligner deux mots à la suite. Elle adopta un ton suave et fit doucement en tournant autour de lui :
« Bonsoir… »
Il leva la tête vers elle. Ok, il avait des beaux yeux verts, une belle bouche qui lui donnait envie de… l'embrasser. Alicia se mordilla la lèvre inférieure, comme pour se retenir d'un geste qui aurait pu compromettre ses intentions, et dirigea son regard bleu-turquoise sur lui. « Ne regarde pas sa bouche », pensa t-elle intérieurement.
« Bonsoir. »
Bon il avait dit un mot sans bredouiller mais n'en avait pas encore aligné deux. S'était-elle trompée dans ses calculs ? Non peut-être, fallait-elle qu'elle se montre plus… suggestive envers lui pour qu'il daigne s'intéresser à elle. Attendez, qui ne s'intéressait pas à Alicia Santa Cruz ? C'était presque un affront !
« Vous comptez passer la soirée seul à vous ennuyer dans votre coin ou puis-je remédier à votre… ennui ? »
L'homme eut un sourire séducteur, et conquis. Très discrètement, il tenta de retirer son alliance dans sa poche, geste qui n'échappa pas à Alicia. Bon elle s'amuserait bien ce soir, et l'avantage était qu'elle n'aurait aucune excuse à lui donner lorsqu'elle se lasserait de lui. Il était marié, il ne s'accrocherait pas. Parfait !
« Comment pourrais-je refuser une telle proposition, Melle…
-Santa Cruz. Alicia Santa Cruz.
-Enchanté, Alicia, je suis Peter Hawkins. »
Peter Hawkins. Un redoutable homme d'affaires, qui, du moins l'espérait-elle, était beaucoup moins résistant en amour… Du moins, dans les efforts physiques. Elle avait tiré le gros lot, c'était son jour de chance. Beau, intelligent et riche. Mais marié. Quoique son mariage ne lui posait pas tellement de problème au moment présent…
Elle jeta un œil sur ses parents non loin. Sa mère bavardait tranquillement avec une femme aussi brillante que le Soleil avec tous les diamants posés sur sa robe. Son père, lui, buvait sans retenue en faisant mine de s'intéresser à ce que disait l'homme en face de lui. Comme d'habitude, ils ne faisaient pas attention à elle. Parfait !
« Alors nous avons toute la soirée Mr Hawkins… », se contenta t-elle de souffler à son oreille avant de s'emparer d'une nouvelle coupe.
Peter ne fut pas insensible à son ton provocant. C'était quand même excitant d'aller avec un homme marié…

Plus tard dans la soirée Jesse Murray avait retrouvé Marisa et l'avait entraînée avec lui dans les toilettes des hommes. Sa robe commençait légèrement à remonter tandis qu'ils s'embrassaient, elle assise sur la cuvette et lui était debout, à moitié sur elle. Il avait une de ses mains posée sur la hanche de la jeune femme et l'autre dans ses cheveux encore parfaitement coiffés.
Marisa allait le faire, oui avec Jesse, celui qu'elle venait tout juste de rencontrer. C'était ça, sa vie. Coucher avec le premier inconnu, passer un très bon moment et ensuite le jeter si elle pensait qu'il n'était pas un bon coup pour un second soir. Car elle était Marisa Hamilton. Personne d'autre, ou très peu de gens dont Alicia Santa Cruz pouvait se le permettre.
Alors qu'ils s'arrachaient leurs vêtements, Jesse sortit de sa poche de son jean la fameuse précaution indispensable. Et oui, même Marisa Hamilton se devait de se protéger car justement, elle n'était pas Gabriella McNorwood, elle faisait attention et était, contrairement aux apparences, une jeune femme responsable. À sa façon. Mais tout de même, garder un préservatif dans sa poche était à la limite de la prétention et Marisa le prit plutôt… mal. Genre il savait qu'il allait se taper une fille ce soir-là.
Une fois leur désir passé, Marisa s'écarta du jeune homme et remit correctement sa robe tandis que Jesse reboutonnait son pantalon. Elle sortit de la cabine et croisa quelques hommes qui venaient se soulager. Elle se regarda dans la glace, jugea que sa coiffure n'avait presque pas changé et se remit un coup de gloss. Elle était redevenue Marisa Hamilton après un court instant de baisouillage. Ce qui venait de se passer avait été plus qu'agréable, elle avait comme on dit « prit son pied » et admit que Jesse était à casé dans la partie « bon coup », liste établie avec Alicia depuis qu'elles avaient quinze ans. Au même moment, alors qu'elle se regardait sous toutes les coutures, Jesse quitta à son tour la cabine et la prit dans ses bras :
« À refaire, j'ai adoré et cette fois dans la chambre des parents…
-Hum… Oui, chez toi alors. »
Marisa s'était toujours fixée une règle : ne jamais abaisser le rang de sa famille. Elle se devait de faire honneur à son nom et donc, rammener un inconnu chez elle et de coucher avec dans la chambre de ses parents était exclu. Bien qu'elle se fixait quelques petites règles de temps à autre, Marisa était quelqu'un qui vivait au jour le jour, sans se soucier des autres. Franche, elle n'hésitait pas à dire tout haut ce que pensent les autres tout bas et se fiche pas mal des conséquences que cela engendre. Prétentieuse, arogante et surtout populaire, depuis toute petite, elle était habituée à ce que l'on se penche sur son berceau pour la complimenter et avait tout de suite été sous les projecteurs. N'importe qui, la connaissant bien, vous dira que Marisa était la garce par excellence. Elle obtenait toujours ce qu'elle voulait et quiconque osait lui mettre des battons dans les roues devrait se heurter à sa répartie spectaculaire. Egocentrique et extravertie quand elle était dans une pièce, dans une fête ou n'importe où on la remarquait forcément. Elle était belle et elle le savait, elle aimait donc plaire et être admirée. Mais parallèlement à cela, au premier abord elle était une jeune femme de tout ce qu'il y a de plus angélique, charmante, gentille, dynamique, généreuse… Marisa attirait donc la sympathie par sa joie de vivre. Elle était toujours de bonne humeur, souriante, pleine de vie, débordant d'énergie et toujours prête à faire la fête ou de nouvelles rencontres. Son caractère sympathique et un peu déluré lui valait une personnalité très sociable. Elle était appréciée de presque tout le monde et elle se faisait facilement acceptée par les gens. On l'admirait car elle était parfaite sous tous les points, ce qui la rendait un poil narcissique.
Tenant fermement Peter par les hanches contre elle, Alicia l'embrassait à pleine bouche alors que d'une main le jeune homme tentait d'ouvrir la porte des toilettes. Une fois à l'intérieur, Alicia passa ses jambes autour de sa taille et alors qu'il la soulevait près d'un lavabo, ils se rendirent compte… qu'ils n'étaient pas tout à fait seuls. Oups. Alicia rouvrit les yeux brusquement et cessa le baiser en voyant tous les hommes qui les regardaient, envieux. Hommes ? Non, il y avait une femme dans les toilettes qui se remettait un peu de gloss. Et cette femme, pas n'importe qui… Marisa.
« Oh euh… salut tout le monde ! », lança t-elle joyeusement comme si de rien en sautant du lavabo et se détacher des bras de Peter pour se diriger vers son amie.
Les hommes la regardaient toujours aussi bizarrement, mais elle s'en fichait comme de l'an 40. Ce genre de situation était assez… fréquente.
Marisa, qui s'apprêtait à sortir, remarqua son amie dans les bras du trentenaire. Elle passa près d'elle, entraînant avec elle Jesse vers la sortie et murmura à l'oreille d'Alicia :
« Eclate-toi ! Tu le mérites bien ce soir, c'est tellement nul ici ! En tout cas, mmmh… Jesse Murray… c'est un bon coup ! »
Alicia lui adressa un sourire genre « T'inquiètes, je vais assurer avec le trentenaire, ça a l'air d'être une bête de sexe » et les quelques hommes qui étaient encore là abandonnèrent le lieu. Tant mieux, un peu de tranquilité.
« On en était où déjà ? » demanda t-elle avec un sourire candide en se rapprochant de lui.
Il fit mine de réfléchir et elle se rapprocha pour mordiller sa lèvre inférieure avec sensualité, ses mains palpant son corps, ses lèvres descendant ensuite le long de son cou. Il murmura simplement :
« Je te disais que j'avais envie de toi et je t'embrassais…
-Ah bon, on était déjà si loin ? »
Elle sentit les mains du bel homme descendre le long de sa robe noire avec un haut croisé signée Valentino et ses doigts s'aventurèrent sur la fente droite de sa robe qui remontait jusqu'au milieu de sa cuisse. Mais le lavabo n'était pas réellement pratique comme endroit. Elle se tortillait sous ses caresses et ses baisers voraces, lui avait dû mal à retirer sa robe trop moulante. Elle glissa du lavabo pour lui tomber dessus et elle lâcha une fois à califourchon sur lui alors qu'il était étendu par terre :
« Je ne dispose plus de tous mes moyens là…
-On va à l'hôtel ?», proposa t-il.
Elle réfléchit l'espace de quelques minutes. La proposition était tentante, une soirée au Ritz avec lui à batifoler… dans le jacuzzi pour changer un peu de l'immense lit deux places…
Elle hocha la tête, prit sa main entre la sienne, et sans un mot, elle replaça ses cheveux en tirant sur sa robe et s'éloigna d'un pas décidé des toilettes. Direction le Ritz, en limousine. Espérons qu'elle ait le temps de décuver.

Le dimanche était la journée préférée, avec le samedi, de Marisa car elle était toujours invitée à passer la journée chez les autres et ce jour-là n'échappait pas à la règle. Après avoir laissé Jesse devant la galerie d'art, la jeune femme avait reçu un appel d'un certain Kevin Carpenter qui lui proposait de venir passer l'après-midi chez lui avec quelques copains pour profiter du jacuzzi et de la superbe vue qu'offrait son appartement au dernier étage d'un des plus luxueux buildings. Bien sûr, Marisa accepta car même si elle ne se souvenait plus très bien de qui était Kevin Carpenter, lorsqu'on l'invitait, elle venait volontiers. Toujours partante à faire de nouvelles rencontres et à s'amuser. Après avoir raccroché, Marisa avait éteint son portable et helé un taxi pour qu'il la rammène chez elle. Même si elle n'habitait pas si loin de Eva Morris Feld Gallery, elle était fatiguée et n'avait pas envie de marcher cinq minutes. Quand elle était arrivée chez elle, Marisa s'était débarrassée rapidement de ses affaires, avait pris un bon bain chaud et s'était couchée dans son majestueux lit à baldaquin.
Marisa était arrivée depuis déjà une demi-heure et Alicia n'avait pas encore pointé son nez. Kevin lui avait précisé que sa Best était également invitée parmi les cinq autres jeunes hommes. La brésilienne avait revêtu un bikini rose aux bordures oranges avec un motif blanc sur le côté gauche du haut. Les cheveux délaissés sur ses épaules, elle avait retrouvé les cinq mâles dans le jaccuzi –Kevin restait dans le salon pour entendre quand Alicia arrivait- et extravertie comme elle était, elle demanda :
« Alors les chéris, qu'avez-vous fait hier soir ? »
Et ce fut à ce moment-là qu'elle le vit. Le plus beau, le plus in, celui qui était fait pour Marisa Hamilton se tenait là, à quelques centimètres d'elle. Devant elle, son type parfait profitait du même jaccuzi qu'elle. Bien sûr qu'elle en avait vu des mecs aussi craquants mais celui-là dépassait toute catégorie. Lorsque leurs regards se croisèrent, Marissa en eut le souffle coupé. Et c'était peu dire. Ce physique, mmmh Marisa savait une chose : elle le voulait. Et quand elle le voulait, elle l'obtenait. Rien ne pouvait l'arrêter, elle userait de n'importe quoi pour être, seulement le temps d'un soir, la fille qui coucherait avec lui. Non elle ne serait pas une de ses filles qui coucheraient avec lui, elle serait la fille, l'unique Marisa.
« Pauvre soirée avec des vieux à Washington, on est rentré au petit matin, je suis mort, répondit le plus boulet, un roux avec des mèches blondes aux yeux marrons banals.
-Au 212, comme d'hab, rien de bien passionnant, fit à son tour un grand blond aux yeux bleus que Marisa jugea simplement d'un « pas mal » intérieurement.
-Et moi, rien je suis resté avec une fille, je sais même plus son nom… à l'hôtel Ritz », soupira le dernier, un grand et musclé au regard de braise.
Marisa soupira elle-aussi. Le roux, beurk. Elle détestait les roux, elle n'a jamais su pourquoi mais c'était ainsi. Elle ne pouvait pas les supporter. Et le second, une fille dont il ne savait plus le nom ? Celui-là n'était pas intéressant alors. Il se prenait pour qui ? D'accord il avait des abdos de rêve et un regard de feu mais le reste restait à désirer. Echec et mate. Son regard se posa sur le grand blond. Il avait passé la soirée au 212, rien de bien passionnant pour un samedi soir. Ce lieu était particulièrement fréquenté le vendredi et c'était tellement na-se de s'y rendre un samedi que Marisa en conclut qu'il devait être quelqu'un qu'elle considérait de « nouveau riche ». Il ne connaissait pas encore les lieux à fréquenter certains jours et non d'autres. Erreur fatale. Marisa l'écarta aussitôt. Elle tourna la tête et plongea son regard dans celui du beau brun typé.
« Et toi ?, demanda t-elle en passant une main dans ses cheveux châtains encore secs.
-Soirée sur un yacht avec des copains. Ennuyant à mourir mais cadre idéal. Et toi ? »
Marisa eut des frissons. Il était bien le mec fait pour elle sous toutes les coutures. Physiquement, il n'y avait rien à redire, même le tatouage qu'il avait sur la nuque, discret et tant mieux, Marisa n'était pas une adepte des tatoos. Et puis gros plus pour lui, il lui avait retourné la question. Elle l'aimait déjà.
« Inauguration de la nouvelle galerie au Eva Morris Feld Gallery avec les papis du coin adepte de l'art… abstrait. Heureusement qu'on était quelques jeunes sinon je crois que j'aurais dû partir en courant tellement c'était ennuyant. »
Le beau brun hocha de la tête avant de répliquer :
« Ah ouais j'en ai entendu parler. Je crois que j'étais… enfin mes parents étaient invités. Ils ont dû annulé. Ca s'est terminé vers quelle heure ce calvaire ? »
Waouh, Marisa n'avait que le mot « waouh » en tête tellement il l'était. Elle adorait sa bouche, une parfaite dentition, un regard plus que charmeur et des yeux très… hot. Le top du top, quoi !
Marisa avait beau réfléchir, elle ne se souvenait plus très exactement quand l'épisode des toilettes s'était terminé. Une heure… deux heures ? C'était dans ces eaux-là.
« Une ou deux heures je crois… La prochaine fois c'est sûr, je n'y vais pas. Enfin, j'essayerais de partir avant. »
Le jeune homme lui fit un sourire plus que craquant en guise de réponse fit fondre sur place Marisa à en oublier qu'elle se trouvait dans un jaccuzi. Les autres ne faisaient pas le poids face au beau brun, non pas du tout.
« Ah au fait peut-être que Kevin vous a dit qui j'étais mais moi j'ignore qui vous êtes. Marisa Hamilton, se présenta celle-ci avec un large sourire plus dédiée au brun qu'aux autres.
-Moi Tony Jackman, répondit comme toujours en premier le roux.
-Charlie McOhnan, fit à la suite le blond. Et lui c'est Julien Lefebre. »
Julien Lefebre, un français sans doute. C'était celui qui s'était tapé la fille et qui ne se souvenait plus de son nom.
« Ah oui, Julien Lefebre, celui qui s'est fait une fille et qu'a zappé son nom. Très gentleman tout ça, lâcha Marisa.
-Non, Julien Lefebre fils du célèbre cuisinier français et de l'actrice canadienne ça ira. »
Il la prenait pour une conne ou quoi ? Non sans blague elle savait qui était la famille Lefebre, c'était son père qui avait organisé le repas de son anniversaire pour ses dix-neuf ans au Ritz et elle l'avait rencontré pour l'occasion. Et Marisa n'était pas conne, et elle allait prouver le contraire. Elle détestait qu'on lui parle comme ça et aimait par-dessus tout avoir le dernier mot.
« Ouais je sais, railla t-elle. D'ailleurs j'ai détesté leur repas la dernière fois que je suis allée au Ritz. Pourtant pour mon anniversaire en mars, cela avait été exquis. Faut qu'il se trouve une maîtresse ton père, ça le remotivera peut-être. »
Le beau brun, qui n'avait pas encore dit son nom, eut un petit rire. Il semblait bien apprécier Marisa et surtout son franc-parler. En tout cas, le français ne disait point mot. La belle parlait du métier de son père, cela n'entrait en aucun cas dans son répertoire alors il décida de partir. Alors qu'il se levait, le beau brun décida de se présenter à son tour :
« Alejandro Ferrero, enchanté Marisa. »
Marisa eut un temps d'arrêt. Sa voix, Alejandro avait un timbre de voix inouï. Elle n'avait jamais entendu une aussi belle voix. Qu'il parle, qu'il parle et qu'il ne s'arrête plus. Il pourrait parler des heures, raconter n'importe quoi, la belle s'en ficherait car il avait une voix charmeuse, avec des aigüs et des graves là où il fallait. Il était vraiment parfait !
« De même », réussit-elle à dire.
Le roux et le grand blond partirent peu de temps après laissant les deux jeunes gens ensemble, l'un en face de l'autre. Marisa hésitait à se rapprocher de lui et, au moment où elle allait bouger ne serait-ce qu'un millimètre, Kevin revint avec deux coupes de champagne.
« Voilà pour vous, deux flûtes et une bouteille de champagne, un Mum.
-Oh, je n'ai rien contre le champagne, et encore moins contre le Mum mais j'ai déjà eu ma dose hier soir. Je crois que je me contenterais cette fois-ci pour un verre de wisky si ça ne t'embête pas. Si j'avale encore ne serait-ce une gorgée de champagne, à coup sûr, je serais obligée de partir en courant vers les toilettes, avoua Marisa en posant son coude sur le rebord du jaccuzi pour soutenir sa tête.
-Je t'apporte ça tout de suite. Alejandro, ça ne te dérange pas un peu de champagne ?
-Non ça ira, merci », répondit-il en ne détachant pas ses yeux de Marisa.
Pendant ce temps, Alicia, elle, venait de débarquer, face à la porte de maison de Kevin, vêtue d'une simple petite robe blanche Gucci qui moulait ses hanches étroites à ravir, une paire de sandales à talons hauts Miu-Miu aux pieds, un petit sac à main Vuitton en bout de bras. Elle passa ses longs doigts fins dans ses cheveux ébourriffés et une fois que Kevin ouvrit la porte, après s'être dépêché de quitter la terrasse, elle eut un large sourire rayonnant :
« Hey, salut toi ! »
Elle le serra dans ses bras en déposant deux bises sur sa joue pour se la jouer à « la française ». Après les embrassades, Kevin la dévisagea de haut en bas et la complimenta avec un sourire sincère sur sa tenue. Elle en fit de même sur son caleçon de bain Cavalli hyper sexy qui mettait admirablement bien… son corps en valeur. Miam. Kevin avait toujours été beau gosse et avait du goût. Elle se demandait comment cela se faisait qu'elle n'avait jamais couché avec lui. Peut-être parce que la dernière fois qu'elle l'avait vu ça remontait à… l'anniversaire de ses dix-sept ans et qu'elle avait eu droit à un strip-tease de chippendale en guise de cadeau par une de ses copines et les garçons avaient été contraints de partir de la soirée. Génial le cadeau. Outre le fait que le chippendale en question était super bien foutu, il avait autant de conversation qu'une tringle à chiottes. Alicia avait rayé de sa liste verte ladite amie. Et depuis, elle n'avait pas revu Kevin, elle n'avait fait que lui parler de temps à autres au téléphone. Lui était parti à Harvard, alors qu'elle, elle avait rejoint Yale. Et entre temps il était devenu encore plus sexy. Hum.
« Tu sais que tu es toujours canon toi ? Et avec le temps ça ne fait que s'arranger…
-Toi aussi tu es sexy. » dit-elle en reluquant sans retenue le caleçon.
Il vit son regard et eut un sourire charmeur. « Oh non, pas de drague aujourd'hui… », se réprimanda t-elle intérieurement. Elle avait suffisamment donné la veille. Ou pas assez, justement. Elle déposa son sac sur un canapé de l'immense salon blanc dont la déco était absolument subliiime. Il lui prit doucement la main et l'entraîna en haut. En cours de route, elle déposa quelques bises sur les joues des autres jeunes hommes alors que Kevin restait avec eux et elle courut vers le jacuzzi tout en se débarrassant de sa petite robe. Il n'y avait bien qu'elle, toujours aussi égocentrique pour faire de genre de choses. Bien sûr. La petite robe dévoilait un très chic bikini blanc avec des motifs rouges Erès qui faisait ressortir la couleur hâlée de sa peau. Elle se laissa glisser dans le jacuzzi près de Marisa et du beau jeune homme latin, après avoir envoyé valser ses sandales. 500 dollars de foutu en l'air. Dans tous les sens du terme. C'était la première fois qu'elle les portait et probablement la dernière, comme avec les cent cinquante autres paires de chaussures de son placard.
« Salut vous deux ! », lança t-elle d'un ton enjoué.
Peut-être risquait-elle de déranger. Attendez, est-ce qu'il est possible qu'une fille comme elle puisse déranger ? Probablement pas.
Elle posa deux petites bises sonores sur les joues de son amie, regarda le beau jeune homme un instant avant de lui faire une seule bise. Il était sexy. Mais règle d'or de l'amitié: ne jamais regarder de trop près un homme qui fait déjà parti sans le savoir des prochaines conquêtes de votre meilleure amie. Elle sourit à cette pensée en songeant : « Je suis fière de toi cocotte, tu l'as bien trouvé celui-là. »
« Alors ta soirée d'hier soir, miss ? » se renseigna Alicia tout en s'amusant avec les bulles de l'eau, étendue dans le jacuzzi, tentant d'oublier la migraine qui envahissait sa tête.
Marisa avala une petite gorgée de son wisky que lui avait apporté auparavant Kevin et répondit à la question de son amie qu'elle était contente de retrouver.
« Ennuyante à mourir… Le beau Jesse a été délaissé devant la galerie, j'ai préféré rentré en taxi et seule. Ensuite Kevin m'a invité pour cet aprèm et voilà… Je ne renouvellerai pas les inaugurations de musées, la prochaine fois mes parents iront sans moi. Je ne fais que figure dans ce machin, je ne mérite pas ça. »
Elle posa le verre en cristal sur le rebord du jaccuzi et jeta un coup d'œil au beau brun qui s'appelait alors Alejandro. Il avait sans doute des origines latines. Non, Marisa en était sûre. Qui s'appelait Ferrero déjà ? Une chaîne hôtelière sans doute. Lors d'un de ses voyages en Espagne, elle avait passé quelques nuits dans un hôtel du même nom. Elle avait adoré. Bien qu'elle soit une adepte des hôtels plus luxueux les uns que les autres, celui lui avait particulièrement plu. Sans doute parce que tous les employés étaient d'origines latines, avaient le sang chaud et que Marisa avait passé de fabuleuses nuits avec quelques-uns d'entre eux.
« Et toi, qu'as-tu fait après notre rencontre aux toilettes ? », demanda t-elle gardant toujours intéressé par le bel Alejandro mais pas moins de la réponse de sa Best.
Elle adorait savoir tous les détails croustillants que lui racontaient son amie. Elle avait le droit de savoir car elle était Marisa Hamilton. Personne d'autre ne sauraient ce qui c'était passé après leur fameuse rencontre dans les toilettes des hommes. Personne excepté Marisa Hamilton. Encore elle. La même, l'unique Marisa Hamilton qui avait flashé sur Alejandro Ferrero et bientôt elle mettrait au courant Alicia Santa Cruz de ses ébats avec lui, le bel espagnol, le latino au sang chaud comme elle les appelaient.
Alicia sourit mystérieusement à son amie tout en tirant sur sa gourmette en or qu'elle avait oublié d'enlever. Elle n'avait jamais menti à Marisa. Elle était peut-être un peu hypocrite avec les autres, mais avec son amie, jamais. Un peu ? Quel euphémisme ! Alicia aimait casser les gens derrière leur dos et leur faire ensuite des grands sourires mielleux. Elle fonctionnait comme ça et tant pis si cela agaçait les gens ou les gênait. Elle vivait pour elle et non pour les autres.
« Ok, j'avoue… c'était nul. »
Elle s'empara du verre de son amie pour en boire une gorgée, grimaça au goût de l'alcool. Elle le reposa sur le bord du jacuzzi alors qu'elle jetait un œil vers le beau latin. Devait-elle ou non raconter sa soirée avec Peter devant lui ? Après tout, c'était un peu humiliant de raconter qu'elle n'avait pas assurée sur ce coup-là devant un inconnu. Tant pis, elle prenait le risque. Personne ne pouvait l'humilier.
Elle prit un ton inspiré et raconta alors à voix basse, comme si ce qu'elle disait était un secret d'état. Bien sûr que ça en était un pour elle.
« Aux toilettes, nous avons juger que l'endroit n'était pas exactement le meilleur pour une petite… hum.. sauterie. Alors, on a pris une limousine, on a bu une bouteille de vodka entière dedans et on a été au Ritz. Seulement une fois là-bas, il était en train de me déshabiller… et je me suis endormie. Je crois. J'avais un sacré coup dans le nez faut dire aussi, mais je suis tombée de fatigue. Il prenait aussi tellement son temps que ça en était agaçant… »
Elle afficha un sourire réjoui. C'est bon elle l'avait dit et elle avait sauté quelques petits détails. Genre le fait qu'en pleine nuit, elle s'était levée pour vomir l'alcool qu'elle avait ingurgité, ou encore que pendant le petit déjeuner au lit à midi passé, alors qu'elle émergeait tranquillement, Peter l'avait tripoté. C'était pas une soirée très glorieuse et la nuit torride s'était transformée en véritable film gore. Une fois partie de l'hôtel en lui donnant un faux numéro de portable pour ne pas qu'il la harcèle, Alicia s'était rendue chez elle pour prendre un bon bain chaud. Ainsi elle s'était débarrassée de l'odeur de la vodka et de l'odeur du parfum Opium de Peter sur elle par la même occasion. L'expérience de l'homme marié atteignant les trente-trois ans n'était pas à retenter selon elle. Même pas la peine d'essayer.
Quand elle était sortie de la douche, étendue en sous-vêtements sur un transat sur son balcon, elle avait allumé son portable. 12 messages dans la soirée. Elle n'avait ouvert que celui de Kevin et bingo, il lui proposait une super jacuzzi-party en strict comité. Elle avait sauté sur l'occasion, grillé une Malboro et avait pris le premier taxi qui passait sous la main, sa petite Porsche Boxter encore au garage.
« Ah… Mais t'en fais pas, ce soir à la soirée des McCunning tu trouveras bien un homme à ton goût qui ira à la vitesse qui te satisferas. Ne t'en fais pas. »
Marisa faisait allusion à la petite fête que donnait Mr et Mme McCunning chez eux, dans leur luxueux appartement qui donnait sur Central Park. Heureux parents depuis peu, ils avaient décidé de montrer leur bébé pour la toute première fois et tout le jargon new yorkais était invité. Les familles Santa Cruz et Hamilton étaient bien sûr invitées.
« Je suis sûre qu'il y aura au moins une dizaine de jeunes hommes. Les McCunnings ont des cousins et des neveux de nos âges il me semble, espérons qu'ils ont invité leur famille… », poursuivit Marisa en ne détachant pas ses yeux d'Alejandro.
Elle aimerait bien inviter le bel espagnol mais quelque chose la retenait. D'habitude, ce n'était pas le cas. Quand Marisa Hamilton veut, elle l'a. Là, c'était tout autre chose. Elle n'avait pas envie qu'Alejandro ait une mauvaise idée d'elle. Elle le trouvait si… parfait qu'elle voulait être parfaite. Elle l'était déjà bien sûr mais pas forcément à ses yeux… Et son avis comptait plus que tout.

(suite à venir)

Histoire publiée le 21/08/2006 à 23h28.
Thèmes : Hypocrisie, Luxe, New york

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Commentaires

Avatar de chachouchou

Par chachouchou le 01/10/2006 à 16h45
* La m0da é fatta per diventare fu0ri m0da... *

merci ! ^^

Avatar de uriko

Par uriko le 27/08/2006 à 20h45
Sourire de lune

magnifique vision de la haute-société...

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