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Un imprévu peu désiré...(Karwold 3)

Je me réveillai, trempé de sueur. Je venais de faire le cauchemar, mais je ne savais toujours pas ce qu'il se passait lorsque les personnes me sautent dessus. Je me levai, me débarrassai de ma chemise de nuit et enfilai mon uniforme violet des gardes, ceignis une épée longue à mon flanc et pris ma hallebarde. Je descendis à la salle d'entrainement, en faisant un crochet par la salle des gardes où je me restaurai. Arrivé dans la salle d'entrainement, je me mis en chemise et m'entrainai avec un autre garde environ deux heures. Nous nous félicitâmes mutuellement, car nous nous étions infligés plusieurs bleus, qui nous laissaient une douleur cuisante. Je me dirigeai ensuite vers les étuves, où je barbotai pendant une demi-heure. Le soleil était à son zénith quand je sortis des bains. J'allai aux cuisines où je mangeai du pain, du fromage, une tranche de rôti froid et je bus une pinte de bière. Ensuite, je me rendis aux casernements où je devais rassembler mon groupe pour notre tour de garde. En cette période des fêtes des Batailles des Monts de Karak Varn, il fallait être plus que vigilant pour protéger le Roi Rogmar et sa femme, Dame Ladril. Nous nous dirigeâmes donc vers la Grande Salle du château de Chelgrad. Nous y trouvâmes le couple royal qui déjeunait en compagnie d'une centaine de nobles venus de tout le royaume. Je postai deux gardes à chacune des portes, qui se comptaient au nombre de quatre. Je pris le dernier garde qu'il me restait et nous allâmes derrière le Roi et la Reine. Leur repas se prolongea jusqu'au milieu de l'après-midi. Lorsqu'ils se levèrent, nous nous rassemblâmes et les suivîmes dans les couloirs.

Ils descendirent dans la ville, pour festoyer avec le peuple. Quand les vêpres sonnèrent, on nous chargea de suivre les monarques qui partaient avec quelques nobles pour une ballade à cheval. On nous informa également qu'elle devait se finir tard dans la nuit. Nous poussâmes un soupir de mécontentement en cœur : notre nuit serait courte. Nous allâmes aux écuries prendre nos destriers et ceux des monarques. Quand nous arrivâmes aux portes Ouest de la ville et nous attendîmes. Les participants de la promenade nocturne arrivèrent bien après que le soleil eût disparu derrière les collines. Ils montèrent en selle et nous partîmes. Mes gardes et moi encadrions le groupe. Nous allions au pas depuis une heure quand une odeur de corps en putréfaction nous parvint. Devant nous se dressaient des œuvres de nécromanciens : des goules. Par pur réflexe, nous dégainâmes nos épées et nous nous regroupâmes devant les monarques et leurs invités. Les revenants étaient une bonne trentaine, trois fois plus que nous. Elles ne nous avaient pas vus et étaient en train de dévorer le corps d'un malheureux voyageur. Une dame poussa un cri strident qui nous vrilla les tympans, ce qui attira l'attention des morts-vivants. Ils se redressèrent et s'approchèrent de nous, lentement. Nous descendîmes de nos montures et fîmes face aux créatures. Lorsqu'elles se trouvèrent à deux mètres de nous et que leur odeur se fit insupportable, nous nous lançâmes à l'assaut. Le tiers tomba sous nos coups, mais elles se ressaisirent et ripostèrent. Nous nous défendîmes tant bien que mal et occîmes le deuxième tiers. Elles continuèrent de se battre, car ces créatures n'ont pas de matière grise et obéissent aux ordres du nécromancien qui les a invoquées. Plusieurs minutes plus tard, nous avions annihilés tout ennemi et nous comptions nos blessures, car nous n'avions heureusement perdu aucun homme. Derrière nous, nous entendions les soupirs de soulagements des personnes que nous escortions. J'envoyai deux hommes voir s'ils connaissaient la victime qui servit de repas aux ignobles créatures, mais son corps était horriblement déformé. Nous remontâmes sur nos chevaux et conduisîmes les nobles au château, mais là, nous tombâmes sur un autre groupe de goules, qui celui-ci nous attendait. Les revenants étaient autant que les autres, mais derrière eux se tenait un homme tout de noir vêtu : un nécromancien. Il rit en nous voyant descendre de nos destriers, puis il dit :
« Pauvres faibles petits hommes, vous pensez pouvoir nous empêcher de vous capturer ? Il faut être fou pour se mesurer à un nécromancien. Mais ne vous inquiétez pas, vous n'allez pas mourir tout de suite, mon maître vous veut en un seul morceau. »
Il ordonna alors à ses goules de nous encercler, ce qu'elles firent à une vitesse surprenante. Le nécromancien murmura alors une incantation, je me mis à en faire autant. Lorsqu'il lança son sortilège, je me protégeai avec un sort de contre-magie. Tout le monde autour de moi s'écroula, inconscient, et j'en fis autant, quoique conscient. Je sentis que l'on me portait, ce pendant plusieurs minutes. Au bout d'un moment, je ne sentais plus de brise, et l'humidité collait mes vêtements à ma peau. Nous étions rentrés dans une grotte, qui devait abriter un grand nombre de morts-vivants, car l'odeur qui y régnait était nauséabonde. On me jeta dans une cellule et la personne -ou devrais-je dire chose- s'en alla sans attendre. Je m'assis sur le sol et y posai mes mains. C'était gluant, collant même. On m'avait jeté dans une cellule individuelle. Je me levai, en fis le tour et me rendis compte qu'elle n'était pas bien grande. On y avait installé un tas de paille, qui devait me servir de lit. Je m'installai dessus, puis sombrai dans de lugubres réflexions. Nous étions dans une grotte, dont je ne savais rien, on nous avait tous séparés, et je ne savais pas si on allait nous nourrir. Ensuite, je dus m'endormir, car je n'ai pas de souvenir. Quand je me réveillai, je trouvai un plateau devant la porte qui contenait du pain- raci- et de l'eau-croupie-.Je me restaurai et je me postai devant la porte, pris une grande inspiration et influais de l'essence magique à mon souffle. Il gela la porte. Je repris une grande inspiration, le rendis brûlant et l'envoyai sur la porte. Celle-ci dégela et chauffa. Je recommençai cela plusieurs fois, puis comme rien ne se passait, je fus pris d'un doute. Mais comme je commençais à me morfondre, la porte tomba. Je la rattrapai de justesse, pour éviter qu'elle fasse un bruit du diable, puis rassemblai mon courage et sortis. Je sentis l'odeur d'un corps en putréfaction non loin de moi, mais comme il faisait noir, je ne voyais rien. Je murmurais une incantation et le couloir où je le trouvai prit une teinte bleutée, et je voyais nettement tout ce qui se trouvait autour de moi. Je sautai de peur quand je vis d'où venais l'odeur : un zombi se tenait devant moi, il avait une clé plantée dans la tête. Heureusement, il était de dos. Je lui assénai un coup de pied au milieu du dos, ce qui le fit tomber en se démembrant. Je lui arrachai la clé de la tête, en lui délogeant un œil. Je repartis ensuite en ouvrant les portes une par une, quand un autre corps pourrissant vivant arriva. J'ouvris une porte, lui pris la tête, lui entrai un peu dans la cellule, puis refermai la porte d'un coup sec, en lui réduisant le crâne en miettes. Je finis ma tâche et quand tout le monde fut sorti de sa cellule, je pris la parole :
« Ces grottes sont d'immenses réseaux de galeries, qui forment un véritable labyrinthe. Nous allons devoir nous y prendre calmement et sans paniquer pour pouvoir sortir sans problème. »
Ils acquiescèrent en cœur. Nous nous mîmes en route. Je perdis toute notion du temps. Je pense que nous avons marché plusieurs heures. Nous trouvâmes alors une grotte pleine de tonneaux, qui eux contenaient du pain. Nous nous restaurâmes, puis nous prîmes de la nourriture en grande quantité et nous repartîmes. Nous dûmes encore marcher des heures. Nous commencions à perdre espoir quand un nécromancien en train de lire un livre de nécromancie apparut, il ne nous avait pas vus. Je m'approchai derrière lui et j'eus un doute : que fallait il faire ? Ce doute me fut fatal. L'homme se retourna, les yeux écarquillés. Je lui décochai une droite, qui le fit choir. Je posai délicatement ma botte sur sa poitrine, puis lui mis un coup de coude dans la gorge. Il mourut directement. Je récupérai un trousseau de clés, puis nous nous remîmes en route. Nous arrivâmes devant une porte en frêne où se trouvait une serrure. J'essayai une dizaine de clés avant de trouver la bonne. La porte s'ouvrit devant nous, et là, un sourire s'étala sur mon visage. Nous nous trouvions devant une armurerie, qui contenait tout notre équipement. Je récupérai mes armes et me sentis rassuré en sentant le poids de mon épée à mon côté. Une troupe de zombis arriva alors. Nous dégainâmes nos épées en souriant, heureux de nous battre à nouveau. Nous nous lançâmes au combat, avec une force renouvelée. Nous pourfendîmes tous les monstres en quelques minutes, puis contemplâmes notre travail, fiers de nous. Nous repartîmes, sans oublier les nobles qui nous avaient regardés avec étonnement pendant que nous massacrions les créatures. Une fine brise nous effleura le visage, ce qui tira des cris de soulagement aux idiots qui servaient d'amis à nos suzerains. Un cri grave nous parvint, puis une cloche sonna : l'alerte. Un cri inarticulé s'approcha. Nous nous engouffrâmes dans une pièce, où était attachée à des chaînes une femme, vêtue de vêtements déchirés. Elle leva la tête, nous regarda et perdit conscience. Des bruits de pas se rapprochèrent, puis des zombis entrèrent. Nous nous lançâmes à l'assaut, et découpâmes nos ennemis en morceaux. Nous entendîmes soudain des cris humains : les nécromanciens arrivaient. Je me retournai vers la femme, ouvris ses chaînes et la posai sur un banc non loin. Je me retournai et me mis en garde pour accueillir les ennemis et mes hommes m'imitèrent. Les sorciers débarquèrent alors dans la cellule, ils devaient être une dizaine. Nous les attendions de pieds fermes, et ils reçurent comme signe de bienvenue nos épées dans leurs ventres. Nous en avions tués cinq lors de leur premier assaut. Ils refirent une vaine tentative, de laquelle seulement deux nécromanciens survécurent, mais ils ne tinrent pas longtemps, car ils furent bientôt éviscérés, et plusieurs gardes rigolèrent en les regardant essayer de remettre leurs boyaux dans leur corps. Ce spectacle me dégoutait. Je pris la femme inanimée dans mes bras et nous partîmes dans le dédale souterrain. La légère brise se fit plus importante, puis à un tournant, nous fûmes aveuglés par la lumière. Mais cela n'empêcha pas le cri de victoire de tout le groupe. Nous nous précipitâmes dehors, et l'afflux d'air frais dans mes poumons me revigora quelques secondes, jusqu'à ce que je voie que je ne connaissais pas ce lieu. Je sentis mes jambes ployer sous mon poids. Je posai la femme sur le sol et m'effondrai. J'étais fatigué, harassé, exténué. Je m'endormis sans le savoir.
Une main se posa sur mon épaule, ce qui me réveilla en sursaut. Il faisait nuit et j'avais terriblement faim. Je me levai tant bien que mal et regardai autour de moi. C'était Glarthir, un de mes hommes qui était venu me réveiller. Il me dit :
« D'après certains nobles, nous sommes à une dizaine de lieues du château. Nous…
- Une dizaine de lieues ?, le coupai-je.
- Oui. Nous avons préparé un repas avec de la nourriture prise dans les grottes. Voulez-vous manger quelque chose ?
- Oui, s'il vous plaît. Et amenez moi aussi deux gourdes d'eau.
- Bien capitaine. »

Il s'en alla. Je me tournai vers la femme que nous avions délivrée la veille, je trouvai quelque chose de bizarre chez elle. Je ne pus pousser plus loin mes observations, car Glarthir revenait. Je lui demandai de me laisser seul quand il me proposa sa compagnie. Il retourna au feu. Je me restaurai avec de la viande fumée et de l'eau. Je pris le visage de la femme dans mes mains, lui ouvris la bouche et lui versai de l'eau dedans. Elle ouvrit alors les yeux, puis me regarda avec lassitude et avala. Elle me dit faiblement :
« Je vous ai déjà dit tout ce que je sais.
- Ne pensez plus à cela, vous êtes en sécurité ici. Nous vous avons sauvée lors de notre évasion.
- Vous n'êtes pas des nécromanciens ?
- Non. Et maintenant, dormez. »

Elle me dévisagea quelque secondes, puis ses yeux se refermèrent lentement. Je restai près d'elle jusqu'à ce que sa respiration devienne plus lente, puis me retirai avec mes hommes. Je m'allongeai dans l'herbe et m'endormis. Je me réveillai le lendemain vers midi. Je me restaurai, puis je rassemblai mes affaires. Le Roi décida que nous devions nous remettre en route, je pris donc la jeune femme endormie dans mes bras et nous partîmes. Nous marchions depuis des heures quand une horde de lutins du Chaos nous attaqua. J'eus juste le temps de poser la jeune femme et de dégainer mon arme que nous étions encerclés. Un Guerrier du Chaos arriva alors en rigolant. Il était armé de deux haches et je savais qu'il était l'un des plus puissants serviteurs du sorcier du Chaos. Il lança ses troupes sur nous, mais elles étaient plutôt chétives et nous les écrasâmes sans difficultés. Le guerrier prit ses haches de son dos et nous regarda un par un, comme pour nous jauger. Puis, son regard s'arrêta sur le Roi et il dit :
« Toi, viens te battre.
- Je n'ai même pas d'arme, répondit mon souverain.
- Alors, tu es mon prisonnier.
- NON, hurlai-je, il faudra me passer sur le corps pour toucher à mon Roi.
- Pauvre sot, tu n'as aucune chance face à moi. Soit, si tu veux mourir, viens. »

Je me tenais devant mon monarque, tremblant d'une extrême violence. Lorsque le guerrier s'approcha de moi. Je fléchis légèrement les genoux, puis bondis en avant. Il para l'attaque avec une facilité alarmante, puis il riposta si vite que j'eus du mal à me défendre. Il feinta et il me porta un coup sur mon flanc droit. Heureusement, sa hache dérapa sur mon armure. Je ripostai en utilisant une botte secrète : je lançai un coup de taille, il était donc obligé d'abaisser sa hache, puis au dernier moment, je déviai mon épée, contournai sa hache, remontai et lui tranchai le bras. Je commençai donc mon attaque, mais il para. Pis même, il riposta et m'envoya valser d'un coup du plat de sa hache. Je me relevai et tentai de parer un coup. Je fus effrayé en constatant que je n'avais plus mon épée en main. Son arme me mordit légèrement sur le côté, mais fut en grande partie arrêtée par ma cuirasse. Cela n'empêcha pas le sang de couler. Je cherchai des yeux mon épée, et je la trouvai à quelques pas sur ma gauche. Je sautai pour la récupérer et reçus un coup dans la jambe. La blessure était superficielle. Je me retournai garde haute et attaquai. Nous continuâmes le combat longtemps et je commençai à me fatiguer. Dans un élan d'énergie, je lui décochai une incroyable droite, ce qui le fit tourner sur lui-même. Je suivis le même mouvement, mais avec un peu de retard, de façon à ce que lorsque je tournai, j'eus son dos en face de moi. En me tournant, je lui assénai un grand coup de taille, lui entaillant profondément le dos. Il tomba à genoux, je tournai autour de lui, me retrouvai en face, lui donnai un coup de pied. Il était à présent allongé sur le dos. Je m'approchai de lui, posai délicatement ma botte sur sa poitrine et lui enfonçai mon arme dans la gorge. Il me fallut plusieurs minutes pour reprendre mon souffle. Je me retournai vers mes compagnons et les trouvai me regardant, les yeux écarquillés. Je souris, puis tombai à genoux, ma vue commença à se brouiller, puis tout ne fut qu'obscurité. Je ne voyais plus rien, mais j'étais encore conscient, juste le temps de sentir une main féminine sur mon visage.
Je me réveillai plusieurs fois, si l'on peut appeler cela se réveiller. Ce ne fut qu'au petit matin que je me réveillai réellement. La femme que j'avais sauvé me regardait avec perplexité, puis quand elle prit conscience que j'étais réveillé, un magnifique sourire s'étira sur ses lèvres sensuelles. Elle m'aida à m'assoir à côté d'elle. Son sourire était toujours le même quand elle me dit :
« Comment allez-vous, mon seigneur ?
- Je crois que je vais bien, si on ne compte pas mes blessures. C'était la première fois que j'affrontais un tel adversaire.
- Vous vous êtes bien battu.
- Merci. Mais vous, comment vous sentez vous ?
- Ca va bien, merci. Vous voulez que j'aille chercher quelque chose à vous mettre sous la dent ?
- Oui, s'il vous plaît. »

Elle revint vite, avec du lapin et quelques tranches de pain. Elle se rassit à côté de moi et me regarda manger en souriant. Lorsque j'eus fini, je lui posai la question qui me brulait les lèvres :
« Comment vous appelez vous ma dame ?
- Je m'appelle Morinda. Et vous, Sire ?
- Mon nom est Karwold. Je vous remercie de vous être occupée de moi.
- C'est à moi de vous remercier, car vous avez fait bien plus pour moi : vous m'avez délivrée.
- Oui, fis-je, modeste. »

C'est à ce moment que le Roi décida de lever le camp et de se remettre en chemin. Nous le suivions. Plusieurs heures plus tard, nous arrivions dans la ville, escortés par la garde. Devant le château, le monarque nous congédia. Morinda décida d'aller aux cuisines et me proposa de l'accompagner, je refusai poliment. En guise d'au revoir, elle m'embrassa – sur la joue. Je restais planté là pendant quelques minutes, puis souris et pris la direction de mes quartiers.

Histoire publiée le 12/04/2008 à 20h31.
Thèmes : Combat, Epées, Fantastique, Meurtre, Mort, Sang

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