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Un seul nom.

C'est comme dans un vieux film en noir et blanc, avec parfois des couleurs de passage.
Les jours passent sans s'arrêter, il est déjà avril, j'aurai bientôt 18 ans. Ton dernier message date du premier avril. Je l'ai attendu un mois et demi. Un mois et demi que j'étais en quête du moindre mot de toi.
J'essaye d'apprendre à ne pas déranger, tu vois. Mais sans me laisser oublier.
J'essaie de ne pas me laisser aller, je sors, je ris, je vais en cours, je parle à des amis, je flirte.
Et puis il y a Morgane.
Elle explique les choses.
Personne n'a jamais pris le temps de m'expliquer pourquoi on devait faire telle ou telle chose. Juste que telle chose était pour mon bien, et que telle autre pas. Jamais pourquoi. Ou alors, si on me l'a dit, je n'écoutais pas.

Morgane m'a expliqué que ne pas envoyer de message l'après-midi ou trop souvent permettait de mieux se parler le soir ou à un autre moment.

Cela peut sembler une évidence pour tout le monde et une stupidité que je n'ai pas su avant.
Mais elle a pris la peine de me le dire.

Alors, je ne m'inquiète plus d'être oubliée quand elle n'en envoie pas.

J'aime beaucoup Morgane. Dans la journée, le matin ou vers midi, depuis trois jours, elle m'envoie un sms pour me dire bonjour. Hier, elle m'a dit qu'elle pensait régulièrement à moi.

Tu vois tout ces petits rien qui font que je ne crains pas d'être oubliée ou d'être de trop? Je sais qu'elle pense à moi, alors, je n'ai pas besoin de courir après pour qu'elle ne m'oublie pas.

Amélie dit que j'ai besoin d'une personne qui m'explique les choses, qui ne partira pas sans rien dire. Elle, si elle pouvait me protéger de tout ce qui existe de mal, elle le ferait. On s'aime beaucoup.

Il y a beaucoup de gens que j'aime beaucoup mais il n'y a que toi que j'aime. Ce midi, ils passaient à la radio la chanson de Joyce Jonathan que tu me chantais souvent au téléphone. Je ne sais pas pourquoi, ça m'a mis le spleen et une ou deux larmes ont coulé.

J'essaie de t'oublier, de ne plus chercher à comprendre ce qui s'est passé, juste de me dire, on s'est quitté, tu ne me dois rien, c'est à moi de m'en aller. Mais tu ne me dis pas explicitement de partir.

Pourtant tu le sais bien. Tu sais que pour que je m'en aille, tu dois me le demander clairement. Me dire «Va-t-en».

Mais tu ne le dis pas, et tout me ramène à toi. Tu es de ces choses qu'on pense avoir oubliée mais qui revienne avec une chanson ou un air qui passe à la radio. Un détail qui me rappelle un peu de toi. Une banque LCL, un vin blanc sucré, les chewing-gums. Tu avais les même que les miens. Je n'ai jamais changé de marque depuis.

Un parfum dans l'air. Ton parfum, je le porte, il me suit partout. Et quand ce n'est pas ton parfum, c'est autre chose qui te rappelle à ma mémoire.

Bien sur, cela peut sembler tourner à l'obsession, mais, puisque je ne te suis pas dans la rue, que je ne cherche pas à savoir où tu habites aujourd'hui ni ne vais te voir à ton travail, cela n'est pas trop grave.

Quand ma mère dit du mal de toi, parce qu'elle considère que je n'aurai jamais dû t'aimer, que ce n'est pas « normal », je lui réponds. Je la provoque. Je ne la laisse pas médire de toi.

Christian Bobin a dit : « Il y a toujours une chose qu'on ne jette dans aucun cas. Ce n'est pas nécessairement une chose. Ce peut être une lumière, une attente, un seul nom. Ce peut être une tâche sur un mur, un arbre à la fenêtre[...]c'est une chose dont on s'éprend sans besoin sans raison.[...]Et cela vous accompagne et cela vous suit ou que vous alliez. Le temps passe, le cœur fatigue. Et il y a cette chose, ce nom là.[...]Et elle vous garde à simplement demeurer là ».

Un seul nom. Et bien pour moi, il s'agit du tien.

Je voudrais encore t'entendre rire dans le téléphone, t'entendre me chanter des chansons au Karaoké de ta boîte, me dire que tu me poses, je voudrais encore te voir me regarder avec un air amusé et un sourire en coin.

Même si on ne doit plus jamais être ensemble. Je voudrais juste que tu ne m'oublies pas. Je voudrais juste ne pas te perdre pour toute la vie.
Juste ne pas te perdre pour toute la vie.

Parce que tu es ce nom. Cette chose "qui vous garde à simplement demeurer là."

Tu es ce nom-là.

Histoire publiée le 06/04/2010 à 15h26.
Thèmes : Amour, Appel, Regret

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
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Commentaires

Avatar de vampirette18

Par vampirette18 le 22/03/2012 à 22h06
Louis...

Oh mon Dieu, mais il est parfait !

Avatar de kikou93

Par kikou93 le 12/08/2010 à 16h12
Pas besoin de lui car il m'ennui

joolii +5

Avatar de alexia4ever

Par alexia4ever le 10/04/2010 à 00h54

Mon opinion sur ce texte n'a pas changé depuis que tu l'as publié sur océan!

+5 pour toi, ma twins!

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