Un simple rêve se transforme souvent en cauchemar
Je suis là, sur ce pont. Cela fait environ dix minutes que j'ai passé la rambarde. Mes mains moites s'agrippent tant bien que mal à la poutre en bois. Mes jambes, elles, pendent dans le vide. Ce vide où, en bas, il n'y a que pompiers et policiers prêts à intervenir si je décide de sauter. Ce vide est en réalité les anciennes douves du château qui est à ma gauche. C'est à côté de ce château que j'ai passé le plus de temps avec eux...
Le temps est orageux, mes cheveux détachés et ma robe voilée noire volent au vent. La pluie commence à tomber et le tonnerre à gronder. Mais tout cela n'empêche pas tout ces gens de me regarder. Parmi tout ces inconnus, apeurés et surtout très curieux de voir ce que je vais faire, il y a lui, lui qui me regarde avec un regard rempli d'amour et de peur. Moi aussi je l'aime mais... et puis, il y a eux !
Mais que leur ai-je fais ? Rien de mal, j'ai tout simplement réalisé mon rêve. Mais ils n'ont pas compris. Ils savaient que monter mon propre groupe et devenir célèbre était important à mes yeux. Mais non, ils n'ont pas compris. Et surtout elles deux, qui m'ont aidée et soutenue pendant un an. Puis elles m'ont dit qu'elles voulaient reprendre leurs études. Alors naïvement, j'ai dit oui. Mais lorsque je suis rentrée, ici, j'ai appris qu'elles n'avaient jamais rien repris du tout, qu'elles comptaient même me tenir tête, qu'elles allaient essayé de me battre sur mon propre terrain de jeux.
Lorsque leurs regards ont croisé le mien, j'ai compris qu'elles éprouvaient une véritable et haine envers moi mais aussi des regrets mais ces regrets ne m'ont pas aidé. Je n'ai pas pu tout surmonter d'un coup, leur trahison était de trop. Alors je suis montée et je monterai, dans quelques minutes, encore plus haut.
Je sais très bien que je ferais souffrir plusieurs personnes mais tant pis, avec le temps, ils m'oublieront, je ne serai plus qu'un vague souvenir pour eux. Ils m'oublieront tous, même lui.
Je me redresse, le regarde une dernière fois, respire un grand coup, lâche ma main droite et quelques secondes plus tard, c'est ma main gauche qui se détache de la rambarde. Je ne mets qu'un centième de seconde pour perdre l'équilibre et tomber en avant.
Tous poussent un cri de peur, d'angoisse. Lui, crie mon nom. Je tombe. Je ne sens plus mon corps. Pourtant, quelqu'un soulève mon corps et... plus rien. J'ai l'impression de dormir. Ma vie entière défile devant mes yeux. Je m'approche d'une lumière blanche, aveuglante, elle m'attire. Mais quelque chose me retient, je n'arrive pas à l'atteindre, je la vois s'éloigner de plus en plus jusqu'à ce que je ne la vois plus du tout. Puis, je me réveille. Tout est blanc, le lit, les murs, tout. Je tourne la tête et vois une main posée sur la mienne. C'est lui, il est là, près de moi, seul. Il est en pleurs. Pourquoi ? Je viens de me réveiller, il devrait sourire. Je ne sens pas sa main posée sur la mienne, pourquoi ? Je commence à avoir peur. Je me lève de mon lit, en descend et vois mon corps, toujours allongé alors que moi, je suis là, debout près de lui. Je ne comprends pas, comment est-ce possible ? Mais je... je suis morte... mais pourquoi suis-je encore ici ? Je le regarde, il lève la tête, ouvre sa main et je vois une lame. Il me regarde et prononce les paroles suivantes :
« Je t'aimais, tu m'aimais, je te réconfortais quand tu pleurais, je t'ai dis que je ne te quitterais jamais et bien je ne vais pas te quitter, je vais te rejoindre, comme je te l'avais dis, si tu sautes, je saute aussi. »
Je le regardai ou plutôt l'admirai. Il allait mettre fin à ses jours pour moi. Et moi qui le regardais, je ne pouvais rien faire. Alors je décidai de le regarder partir, de le regarder mourir et de l'attendre. C'est ce que je fis. Mais le temps passait et il hésitait. Puis il prit la lame entre ses doigts, m'embrassa une dernière fois sur le front et il s'ouvrit les veines. Il ne mit que quelques minutes avant de me rejoindre. Lorsqu'il fut là, même morte, mes larmes réussirent quand même à couler. Je m'avançais vers lui et lui sautai dans les bras sans rien dire. Puis, quelqu'un entra. C'était eux. Ils venaient admirer mon corps sans vie. Ils ne se retinrent pas de pleurer. N'avais-je pas commis une erreur en sautant de ce pont ? L'important était que je n'étais plus seule, j'étais avec lui pour l'éternité.
Tout les deux, nous décidâmes de ne pas entrer dans cette lumière mais de errer auprès d'eux, parmi les vivants.
Histoire publiée le 22/06/2008 à 20h04.
Thèmes : Désepoir, Haine, Musique, Passion, Suicide
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Par schweppesagrum le 24/06/2008 à 20h57
Pour sasir son message perso faut courir vite
Super ...
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