Un soir ...
Un soir, une femme seule,
Un verre. Encore un verre. Un de plus. Pourquoi pas après tout ? Qui va m'en empêcher, qui me dira que ce n'est pas bon pour la santé, que je devrais faire gaffe, que la vie est un don précieux, qu'il faut la préserver ? Je suis seule. Personne pour me juger, personne pour me sauver. Ce soir je suis fatiguée. De tout ça. Je veux être à demain, espérer que le jour suivant sera meilleur.
L'espoir.
Je veux de l'espoir. Tout c'est envolé, tout est parti, comme c'était venu...
Elle se leva, versa un autre verre. Elle n'avait pas assez bu, mais déjà elle s'était enivrée de la musique qui jouait à lui percer les tympans dans son appartement. Elle monta le son, alluma une autre cigarette.
Il ne m'en reste plus que deux. J'en rachèterai, demain. Toujours tout repousser à demain.
Elle contempla autour d'elle son appartement vide. Un petit deux pièces d'à peine vingt mètres carrés.
Ça me suffit bien. C'est pas comme si on était plusieurs ici. Je me lève seule, je bois mon café seule. Je me douche seule. Je laisse un appartement vide, je le retrouve vide, le soir.
Changement de piste sur le lecteur, quelque chose de plus entraînant, un homme qui crache ses poumons dans un micro sur un fond de guitare électrique au son sec et métallique. Une série de jurons en anglais, tous plus poétiques les uns que les autres.
- Shoot, shoot, shoot motherfucker !!!!!!!
Elle hurlait à présent. Cela aurait été plus pour se défouler que pour égaler le volume de la musique, que de toute façon, même à pleins poumons, elle n'aurait pu surpasser.
Marilyn Manson.
- Santé ! Au plus grand poète de tous les temps !!! Marilyn Manson ! Scar, Scar, can you feel my power, one shot and the world get smaller … without the threat of death there's not reason to live at all ... no slavation, no forgiveness.
Elle dansait, et se laissait envahir par ses paroles provocantes, obscènes. La débauche et la décadence émanant des paroles s'approchaient étonnamment de l'état d'esprit dans lequel elle s'était cloîtrée ce soir.
Elle ouvrit les stores, passa la tête au dehors. Rien.
Alors comme ça ce soir la solitude ne s'applique pas que dans mon appartement, le monde entier m'aurait oublié, ce serait lui aussi enfermé chez lui, pour écouter de la musique, seul ou à plusieurs, mais sans moi.
Quelle tristesse, j'en viens à regarder au dehors pour me sentir moins seule. Pitoyable.
Elle haussa les épaules et ferma la fenêtre, écrasa sa cigarette, et avala son verre d'un trait. Elle reprit la bouteille de vin, maladroitement car elle ne tenait pas l'alcool et commençait dès lors à ressentir les premiers vertiges.
- Bordeaux … wah, et puis médaille d'argent s'il vous plait ! Dommage qu'elle finisse ainsi.
Elle se resservit aussitôt.
Boire seule, c'est triste.
Elle prit le mouton en peluche qui se tenait sur sa table de nuit, le mit en face d'elle, sur son lit.
- Bonsoir, je vais t'appeler Gustave. Gus pour les intimes. On est intimes n'est ce pas ?
Le mouton en peluche, mal posé au départ, se renversa sur le côté droit.
- Eh ! Regarde moi quand je te parle, tu es mon ami tu vas pas me tourner le dos toi aussi ! Merde !
De ses deux mains maladroites, elle remit son compagnon en place, sur la table cette fois ci pour plus de stabilité et de promiscuité.
- Ah, mon cher Gus, je sens à ton haleine que tu as déjà trop bu, dit elle en éloignant son verre de la peluche, ainsi que la bouteille. Allez, je me dévoue, par respect pour le sang du Christ, et surtout par soucis pour ta santé mon Gus, mon nouveau meilleur ami, je vais m'occuper de ça.
Le verre fut vidé d'un trait, encore une fois.
Quand ton verre est plein, vide le, quand il est vide, plains le.
Elle se resservit.
La discussion continua ainsi le reste de la soirée de plus en plus houleuse, de moins en moins cohérente, entrecoupée de silences pendant lesquels elle finissait son verre, ou allumait une autre cigarette. Puis elle se dirigeât vers la salle de bain où elle trouva ce qu'elle était venue chercher.
Mon égoïsme m'a guidée jusqu'ici, c'est ici qu'il finira.
La dernière chose qu'elle vit fut la tache de sang sur le sol, symbole de la vie qui la quittait, et dont la forme lui rappela un lapin.
Histoire publiée le 19/02/2008 à 13h17.
Thèmes : Angoisse, Solitude
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Par thedeath6f9 le 11/07/2008 à 06h58
Vive le gore et le metal !
C'est franchement sympa comme histoire quoiqu'un peu triste quand même, mais bien écrit. En plus, je suis fan de Manson
*5 et continue comme ça.
Par linoa1288 le 13/03/2008 à 15h32
I said No to drugs but they just wouldn't listen .
Merci beaucoup !!!
Par x-emo-tion-hell-x le 21/02/2008 à 20h51
Marvin,, je t'aime
J'te mets 5 J'adore =)
Par solenn le 20/02/2008 à 21h08
"Souris à la vie et la vie te souriras"
Un peu triste mais bien écrit..J'ai bien aimé et on a envie de lire jusqu'à la fin! je te met 4!
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