Une apparition
Une envie me saisit tout à coup. Je me dirigeai vers la fenêtre tout doucement, en l'ouvrant le vent m'engloutit dans ses draps de fraîcheur. Je m'assis sur le rebord de la fenêtre. Le vent me caressait les joues, en s'engouffrant dans mes cheveux. Ma plume parcourut ma feuille, guidant ma main et soulageant mon cœur. Mes yeux sont tournés vers le ciel attendant l'apparition d'un ange. Je me frictionnai l'épaule doucement, me renfermant un peu plus. J'attendais, je ne sais pas qui ou quoi. Mais je restais là, toujours sur la fenêtre, toujours comme ça. Que le vent soit glacé ou brûlant comme le feu. Ce soir là, il avait revêtu sa tenue de printemps, celle qui nous laisse une douce trace sur notre visage, mais qui pique un peu au passage. Il était assez calme, mais de temps en temps, durant un instant, il dansait la valse avec les feuilles, les arbres ou les oiseaux. Puis, il se calmait, buvait, et repartait de plus belle. Il m'avait bien demandé de lui accorder une danse, mais sur ma fenêtre, il me semblait impossible de danser. Les lampes éclairaient la rue, elles étaient calmes, et resplendissaient de loin, comme des saints avec leurs auréoles brillaient et illuminaient l'horizon. Elles adoucissaient le noir du ciel. Tout est calme, pas un bruit, pas une parole, pas un souffle. Le temps a suspendu son vol, la vie s'est arrêtée. J'attends le cœur lourd, face au ciel légèrement étoilé. Une petite brise se fit sentir. Je fermai les yeux et me laissai guider. Un poids se cramponna à mon dos. Le vent arrêta de me guider. En face de moi sur la fenêtre, une jeune personne. Je ne voyais pas bien son visage, il faisait trop sombre malgré les lampes. Je devinai sa tête fine posée sur ses genoux. D'un mouvement, avec le revers de sa main, elle balaya une mèche de devant sa figure. Ses yeux ressortaient parmi le gris de son visage. Ils brillaient comme une bougie qui vacille. Son regard lumineux était tendre et familier, je le connaissais par cœur, pour avoir eu pas mal de temps pour l'étudier. J'ai détourné mes yeux, car les siens me faisaient mal, le ciel m'était plus doux. Mais je les sentais encore posés sur mon corps. La douleur commençait à me fendre l'âme, ce regard douloureux me tenaillait. Pourtant le temps était simple et les étoiles tranquilles. Mon cœur commençait à battre de moins en moins fort. Au fur et à mesure ce regard me dérangeait car ce n'était pour moi, avant, qu'un comme ceux que l'on peut croiser dans la rue. Mais aujourd'hui, c'était celui d'une personne tout autre et très importante. C'était trop dur pur moi de regarder son visage sombre, ses yeux brillants et son corps emmitouflé dans son plaid. L'ombre me saisit par le bras, elle me fixait. C'était comme un ange qui m'était apparut, une illusion de Dieu, sauf que cette fois-ci, ce n'est pas le fruit de mon imagination. Je continuai de scruter l'horizon en quête d'un signe, je ne savais pas si je devais affronter son regard et la vérité ou fuir lâchement. Je fixai alors, à mon tour ce visage gris. Cette personne ne disait rien, elle ne savait quoi dire, alors elle restait là, le souffle court. Puis son murmure galopait jusqu'à mon oreille, et il me berçait tranquillement. Je redescendis sur terre en posant les pieds au sol. En glissant dans mon lit, je vis la silhouette se faufiler furtivement par la porte. Quand pourrais-je lui parler ? Je veux glisser dans ses bras, me faufiler près de son cœur pour me rassurer. Mais maintenant que je peux l'atteindre, je ne peux pas, je n'y arrive pas.
Histoire publiée le 11/06/2008 à 17h57.
Thèmes : Apparition, Nuit
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