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Une fille pas comme les autres...

Des regards sans cesse lancés. Ce sont les signes précurseurs de l'amour, avait-elle dit. Mais elle, qui est-elle? Cette étrangère aux yeux de braise que j'avais rencontré un jour de pluie. Je ne la connaissais pas et elle m'avait adressée la parole. Avait-elle vue les regards que je jetais sans cesse à cette belle jeune fille que je considérais comme ma meilleure amie.
Moi, jeune homme trop timide pour faire ma déclaration, je laissais aux autres le bonheur de connaître l'amour dans ses bras. Je ne voulais pas qu'elle sache que je l'aimé. Si elle le savait, je ne saurais pas comment je pourrais réagir. Mes émotions et mes sentiments ne regardent que moi. Pas les autres.
C'est pour ça que je me suis retourné pour lui lancer une réplique cinglante. Mais malheureusement, son regard de braise m'avait tout de suite stoppé. Elle était tellement belle, dans la lumière du soleil. Ses cheveux bruns flottaient dans l'air frais de cette fin d'après-midi de décembre. Aucun mot ne vint s'épanouir sur mes lèvres pour lui dire combien je la trouvais belle.
Mais je crois qu'elle avait compris. Elle s'est rapprochée de moi, son regard ne quittant pas le mien. Lorsqu'elle fut assez proche de moi, elle me dévisagea. Son visage paraissait marqué par un passé peu glorieux. Une cicatrice lui barrait la joue, mais qui ne l'enlaidissait pas. Loin de là, cette cicatrice lui avait ajouté un certain charme.
Le lendemain matin, lorsque j'arrive au lycée, je revois mon inconnue de la veille. Elle me fit un sourire et elle vint s'installer à mes côtés. Beaucoup d'élèves vinrent la voir et lui parlèrent.
Le prof, voyant que la classe parler, tenta de réclamer le silence. Mais c'était peine perdue. La sonnerie retentit et tout le monde soupira. Je rangeais mes affaires en vitesse et je sortis de la salle de classe.
Silvya, enfin je crois que c'est comme ça qu'elle s'appelait, resta pour voir certaines choses avec les profs. Une surveillante passa et elle me demanda si j'avais vu Silvya. Je lui répondis, en toute simplicité, qu'elle était encore dans la salle de cours.
Elle me jeta un coup d'oeil et elle me demanda d'aller dans la cour.
Là-bas, je retrouvais Sandra. Ma meilleure amie me demanda pourquoi je lui faisais la tête. La pauvre! Elle n'avait toujours pas comprit que j'étais amoureux d'elle. Mais je ne lui fis rien remarquer. La sonnerie retentit et pendant que j'allais me ranger devant le numéro de ma salle, je vis la nouvelle marché en direction du CDI.
Sandra me demanda quelque chose. Mais je ne l'écoutais pas. Je crois qu'elle me demandait si je voulais déjeuner avec elle. Je ne refusais pas. Puis je vis Silvya sortir du CDI et partir en direction des dortoirs. Mais elle n'étais pas seule. Le délégué l'accompagnait. Il se sentait toujours obligé de bavarder avec les jolies filles.
Je les vis monter les escaliers puis ils disparurent de ma vue. Par chance, nous étions mercredi et c'était le dernier cours de la journée. Le prof de dessin se ramena et il nous conduisit à sa salle. Je m'installais à ma place en compagnie de mes potes. Il restait deux places de libre. Une prés du bureau du prof et l'autre à côté de moi.
Lorsque l'autre fayot se ramena avec la nouvelle, je fis un clin d'oeil à cette dernière. Silvya me vit. Elle se présenta brièvement au prof et elle vint s'asseoir à côté de moi. Nous bavardâmes pendant les deux heures du cours. Mes amis sympathisèrent très vite avec la nouvelle. Seule Sandra fut mécontente. Lorsque midi sonna, je proposai à Sylvia si elle voulait manger avec moi.
Elle ne refusa pas mon invitation. Elle m'expliqua qu'elle était interne car ses parents vivaient toujours en Bretagne. Après avoir acheté tout ce qu'ils nous fallait, on alla s'installer à l'ombre d'un arbre dans le parc, qui se situait à côté du lycée. Sandra vint nous voir lorsque Sylvia aller me raconter sa vie. Ma meilleure amie se pendit à mon cou et elle m'embrassa tendrement. Puis elle me chuchota quelques mots à l'oreille. Elle m'appris qu'elle voulait sortir avec moi. Et avant même que je pus prononcer une parole, Sandra apprit, à Sylvia, que je sortais avec elle.
Un sourire se dessina sur ses lèvres. Puis elle nous murmura qu'elle était heureuse pour nous deux. Dans ses propos, on ne sentait aucune haine ni aucune déception.
Et alors qu'elle se levait et qu'elle époussetait sa veste, elle murmura qu'elle ne voulait pas me voler à elle. En mon for intérieur, je félicitais Sylvia d'avoir eu autant de courage. Car quiconque s'attaquer à Sandra était une personne morte et bannie de tout clan, quel qu'il soit.
Je regardais Sandra en lui demanda pourquoi elle avait fait ça. Elle me répondit qu'elle m'aimait et que c'était pour cela qu'elle lui avait mentit. Je me levais et je lui dis ces quatre vérités.
Puis je m'en allais. Je me demandais comment j'avais put tomber amoureux d'elle. Je retrouvais Sylvia au même endroit où je l'avais rencontré, la veille. La nouvelle fumait une cigarette, assise sur le quai. Je pris place à ses côtés. Après une dizaine de minutes, je pris l'initiative d'expliquer à ma nouvelle amie qu'il ne fallait pas croire Sandra. Mais avant même que je pus parler, Sylvia me murmura qu'elle ne voulait rien savoir.
Malheureusement, ses yeux contredisaient tout ce qu'elle venait de me dire. Ses yeux étaient remplis de larmes. Elle ferma ses yeux et elle me demanda de m'en aller. Mais je ne pus partir. Je vis une larme couler sur la joue de Sylvia. Je la pris dans mes bras et je la consolais.
Elle me parla longuement de sa famille. Si elle était venue ici, c'était parce qu'elle avait vécue un drame. Sa soeur et sa meilleure amie avaient été retrouvée lapidées. La police ne connaissait pas encore la raison de ce meurtre. Mais elle promettait, à sa famille, de retrouver le meurtrier.
C'était pour cela qu'elle avait changée d'école. Bien sûr, je ne pouvais pas l'aider à retrouver le salaud, qui avait tué sa soeur et sa meilleure amie. Mais je pouvais toujours la consoler. Elle me prit le visage dans ses mains. Puis comme dans un rêve je l'embrassai éveillé, je l'embrassai. Elle répondit avec douceur à mon baiser. Ce fut elle, qui cessa le baiser. Des larmes perlèrent à ses yeux. Elle me demanda pourquoi je l'avais embrassé. Mais je ne lui répondis pas. Ce fut la dernière fois que je lui parlai.
Lorsque je revins au lycée, je l'aperçus en compagnie de camarades de classe. Elle était heureuse. Et tellement belle.
Le plus dur fut de la voir tous les jours et de ne jamais pouvoir lui parler.
Je trouvais le bonheur dans les bras de différentes jeunes filles, qui n'étaient pas elles. Je trouvais, dans leurs bras, tout l'amour que je n'avais jamais eu. A cause d'elle, j'ai sombré dans l'alcool. Elle que j'aimais tant. Pour elle, j'aurais tout donné. Mais les amis, qu'elle s'était choisis, m'empêchaient de la voir. Je n'appartenais pas au même monde qu'elle. Je reçut d'elle une seule lettre. Dans cette lettre, elle me disait que je lui manquais et beaucoup d'autres conneries.
Me croirait-elle naïf au point de la rejoindre? Tout ça, c'est à cause d'elle. Oui, c'est à cause d'elle que je souffre maintenant. Pourquoi m'a-t-elle repoussée? Je ne lui plaisais pas? Non, ce n'est pas ça, je ne pense pas. Elle me trouvait beau. C'était la seule à me trouver beau.
Et à cause d'elle, je me retrouve enfermé dans ce putin d'hôpital. Mes parents me disent que ce n'est pas de sa faute si je suis interné ici. Ils me disent que c'est de ma faute. Mais je se n'est pas de ma faute.
Et maintenant, elle hante mes nuits. J'ai l'impression de la voir tout le temps. Elle me hante. C'est simple. Le noir. Ses vêtements. Son corps. Tant de fois désiré. Son visage. La pureté d'un ange.
Allongé sur mon lit, je regardes le plafond. Elle me manque. Mes souvenirs se dissipent lorsque l'infirmière vient toquer. Elle me donne mes médicaments et m'ordonne de les prendre. Je ne rechigne pas et j'avale les comprimés. Après que j'ai pris mes cachets, je me recouche et je plonge en plein sommeil. Mes rêves sont peuplés d'elle. Sandra ne me parles plus depuis que je l'ai appelé "Sylvia". Enfin, je crois que c'est comme ça qu'elle s'appelait.
Une personne toque à la porte mais je ne réponds pas. La jeune femme, qui est à côté, recommence à taper contre le mur et à hurler. Elle est internée depuis plus de quatre ans. J'ai demandé un jour, à Ely, pourquoi elle était internée. Elle m'expliqua qu'elle était internée ici car elle avait beaucoup souffert pendant son enfance et son adolescence.
Je ne lui ai pas demandé plus. Je me tournes et je regardes les vitres. Le soleil se reflète dans le verre. Je me lèves. Je m'approche. Mon poing éclate le verre. Du sang coule un peu. Je prends un morceau et je le fais courir sur le mes veines. Une petite entaille parcourt mon avant bras. J'approfondis l'entaille. Mon sang coule encore. Ma tête tourne. Je tombe à terre. J'approfondis encore plus la blessure. Mon poignet me brûle. Je m'endors lentement. Je me vide de mon sang.
Je suis mort. Mort seul. Mort sans avoir vraiment connu l'amour. Mort, tout simplement.
Mais vous vous demandez certainement ce qu'est devenue la jeune internée? Je vais vous le dire.
La jeune femme, qui était dans la chambre voisine, se trouvait être Sylvia. Je n'avais jamais prit conscience que sa lettre datait de quelques jours avant son entrée à l'hôpital. Tout ce que je sais, c'est qu'elle est morte quelques heures plus tôt. Quelques heures avant ma mort. Je pourrais certainement retrouvée ma Sylvia au paradis.

Histoire publiée le 06/11/2007 à 13h38.
Thèmes : Adolescents, Amitié, Amour, Collège, Folie

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
Dernière visite le 23/09/2008 à 18h19

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Commentaires

Avatar de missangiedevilish

Par missangiedevilish le 22/11/2007 à 19h43
† Abandon, absence, mort...†

Merci beaucoup pour vos commentaires !

Avatar de net-chan

Par net-chan le 07/11/2007 à 09h09
desperate in love!! lol <3

c'est superbe!!!

Avatar de antigon3

Par antigon3 le 06/11/2007 à 22h39
{inj3tiOn d'un3 dOs3 d'utOpi3...}

super joli!!

Avatar de milly54

Par milly54 le 06/11/2007 à 21h14
Baiser froid sur lèvres froides à l'images de ton

magnifique

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