Une rencontre bouleversante
Assis seul dans son salon, fumant un gros cigare cubain, Georges Bernard pensait à sa vie. Il lui semblait que toute son existence était vouée à l'échec. Il détestait son boulot, il détestait son patron sans lui faire savoir, il détestait surtout la vieille folle de soixante-quinze ans qu'il avait comme voisine...
Par-dessus tout, Georges était célibataire. Sa fiancée l'avait quitté il y avait cinq ans. Vivre dans la solitude, à quarante ans, ce n'était pas toujours drôle, pour lui. Il ignorait cependant que la soirée qu'il allait passer bouleverserait toute sa vie.
C'était par un lundi soir pluvieux du mois d'octobre. Comme à son habitude, Georges avait envie d'aller faire un tour au casino. Son besoin de jouer devint si fort qu'il se leva, mit son imperméable et sortit. Il faisait froid dehors, le vent lui jetait des gouttes d'eau au visage. Se dépêchant de pénétrer à l'intérieur de son automobile, Georges se rendit compte qu'il avait laissé ses clés dans son appartement, et son appartement était verrouillé. "Ce n'est pas grave", se dit-il. "Je vais me rendre au casino à pied et j'irai dormir chez ma soeur, ce soir. Le propriétaire m'ouvrira ma porte demain." Il verrouilla les portes de sa voiture, ce qu'il ne faisait pas souvent, et partit.
En chemin, Georges remarqua un jeune couple dans un des nombreux bars huppés de Montréal. Sans trop savoir pourquoi, sans même remarquer le nom de l'établissement, Georges eut soudain l'irrésistible envie d'y entrer. Son désir de jouer était miraculeusement disparu. Un déclic s'était fait dans sa tête. "Là, c'est assez !", se dit-il. "Je reprends ma vie en main. J'arrête de jouer, j'arrête de fumer. Je ne pense plus à ma fiancée. Je ne pense qu'à mon avenir. Je ne veux pas être un raté toute ma vie !"
C'est ainsi que, pour la première fois de sa vie, Georges mit le pied dans un bar. Enlevant son imperméable, qui laissa voir une tenue simple mais propre, il s'assit à une table déjà occupée. N'ayant pas remarqué qu'il y avait déjà quelqu'un Georges sursauta lorsqu'il entendit: "Bonsoir ! Je peux vous offrir un verre ?" En se retournant, Georges put voir à qui il avait affaire. Un second déclic se fit dans son cerveau. "Je comprends maintenant pourquoi ça n'a pas marché, Mariette et moi. Ce n'était pas la bonne personne ! Mais je viens de la trouver, j'en suis sûr." Georges resta figé quelques instants.
- Hé, ho ! Je vous parle ! Voulez-vous quelque chose à boire ? C'est moi qui paie.
- Heu... avec plaisir. Pas d'alcool pour moi, du café noir, dit Georges en s'adressant à la serveuse qui venait d'arriver.
- Alors, d'où venez-vous ? demanda son interlocuteur. Et quel est votre nom ?
- Je suis Georges Bernard. Je viens du coin, j'habite cette rue, répondit Georges.
- Je l'espère, dit l'autre, il faudrait être fou pour vouloir rester longtemps sous cette pluie.
- Bien d'accord, ajouta Georges.
Ils restèrent quelques minutes en silence.
L'atmosphère commençait à devenir embarrassante lorsque la serveuse revint, apportant la tasse de café de Georges. Celui-ci la remercia et la regarda s'éloigner. Puis, il demanda:
- Et vous, d'où venz-vous ?
- J'habite en face. Étrange que nous ne nous sommes jamais croisés auparavant, non ?
- Oui, c'est bien étrange.
- Que se passe-t-il ? Vous avez l'air découragé.
- Je le suis, dit Georges en soupirant. Je n'en peux plus de mon boulot. Je suis responsable de la chronique "Courrier du coeur" pour un journal minable ! Je lis les problèmes de tout le monde. Il y a de quoi être déprimé !
- Je vous comprends, dit l'interlocuteur. Mais je peux vous aider. Je dirige une petite entreprise en expansion et nous avons besoin de quelqu'un pour rédiger les rapports au propre. Cela vous intéresse ?
- Vous ? Vous dirigez une compagnie ? Mais... bien sûr que cela m'intéresse !
-Alors vous êtes engagé, dit l'autre. Je téléphone immédiatement à ma secrétaire pour l'avertir.
La discussion se prolongea. Ils parlèrent d'eux-mêmes, de leurs vies, de leurs ambitions... Vers minuit, Georges finit par dire ce qui lui chatouillait la langue depuis déjà un bon moment.
- Vous me plaisez beaucoup.
- Vous me plaisez aussi. Allez, je vous invite chez moi. Le bar ferme dans quelques minutes.
Ils se levèrent et se dirigèrent vers la sortie. Le jeune couple que Georges avait vu avant d'entrer était toujours assis près de la fenêtre.
- Au revoir, Louis, bonsoir, ami de Louis, dit l'un des deux jeunes.
- Salut les gars ! À la prochaine ! dit Louis en poussant la porte du " Bar Gais et Lesbiennes" de Montréal.
Histoire publiée le 03/08/2007 à 04h49.
Thèmes : Nouvelle, Rencontre, Surprise
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Par antigon3 le 21/08/2007 à 11h09
{inj3tiOn d'un3 dOs3 d'utOpi3...}
ouai ouai... c'est clair que c'est space... très space, mais j'aime bien qd même! aller, un petit 5/5! ça fait toujours plaisir! lol! bisous
Par zazoo92 le 20/08/2007 à 21h39
space
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