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Vision nocturne (I)

Je me réveille. Enfin, si je puis dire. Je n'ai pas eu une "nuit" des plus calmes. J'ai dormi par tranches d'une heure : une heure de dodo, une heure d'éveil. Je suis tout simplement épuisée.
J'ai quand même mis à profit mes heures d'activités nocturnes : j'ai sorti toutes les bougies que je possède et je les ai disposées aux endroits stratégiques, et en fonction de mes besoins, j'en allume une ou plusieurs.
J'ai écrit un petit mail à mon psy pour lui expliquer la situation. Il m'a répondu qu'il me préviendrait si une place se libérait, et au cas où j'avais envie de quoi m'occuper à lire. Au moins, ça c'est fait...
Il fut une époque où l'on me surnommait la petite vampirette. Bon, la semaine, les obligations de la vie faisaient que je sortais peu le soir, du fait qu'il faille se lever le lendemain...
Mais le week-end et les vacances, hop je passais en mode nuit. J'aimais bien ce mode de vie là, vivre dans l'ombre à temps partiel. En ce qui me concerne, je n'aurais pas été jusqu'à trouver un travail de nuit. J'ai besoin du simple réconfort qu'il fasse jour. Je suis tout le temps entrain de bouger, le sirop de la rue comme on dit, souvent en solo (comme ça je fais ce qu'il me plaît), et une fois par semaine j'essaye d'avoir une vie "sociale".
Et ce ***(mots que la bienséance m'empêche de vous exposer)*** enfin ce truc qui me tombe dessus...
Pour me remonter le moral, un collègue de travail m'a envoyé un mail pour me dire que j'avais un bon timing pour les emmerdes, et bien sûr qu'il fallait que je m'accroche pour revenir rapidement bosser. Avec la photo d'un petit chat, histoire de faire passer le tout.
C'est clair que je saute pas de joie, mais une semaine à pas aller voir les cons, c'est toujours ça de pris.
J'étais partagée entre essayer de garder un rythme "normal", garder l'œil sur le temps qui passe pour organiser mes journées, et d'un autre côté laisser libre cours à mes besoins.

Étant donné mon "petit" problème et sa durée inconnue, mon cerveau et mon corps vont rapidement se dérégler. Ou plutôt s'aligner avec notre "mémoire", celle qui est dans nos gènes, et que nous nous transmettons au fil des générations. L'instinct. J'étais plus ou moins consciente des changements qui allaient s'instaurer, surtout si le phénomène persistait.
Je ne cache pas que j'ai pensé, pendant un moment, laisser tout simplement libre cours à mes sentiments, paniquer, limite me faire enfermer chez les fous, atrophiée par de savants cocktails médicamenteux. Et puis j'ai entendu ma petite voix me dire, que malgré les évènements de ces derniers jours, rien ne m'empêchais de vivre finalement. Physiquement, je suis en bonne santé, pour l'instant, l'on ne m'a pas informée que j'allais mourir. Psychologiquement, c'était une autre histoire...
Il y a peu de temps, j'ai eu le plaisir de me prendre une gifle phénoménale. Déjà pas très agréable, je ne savais pas que j'allais aussi me prendre le retour ! Tout s'écroule, mais je ne vais pas mourir, donc ça va aller. Pour l'instant je vais me rattacher à ça. Après... S'il faut trouver quelque chose bah je trouverai !
Je commençais à avoir faim, et naturellement je me suis dit que j'allais me mitonner un bon petit plat. Après tout, manger à toujours été un bon moyen de se remonter le moral. J'avais vraiment envie de me faire à manger, mais je me suis retrouvée dans l'incapacité de faire quoi que soit. Ma manière de voir les choses avait changé, c'était le moins qu'on puisse dire...
J'ai lancé diverses recherches sur mon ordinateur, et je me suis préparée psychologiquement à affronter le monde extérieur. En temps normal, passer une semaine enfermée chez moi aurait pu m'être bénéfique. Mais en l'état actuel des choses, je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée... J'essayais tant bien que mal de chasser mes idées noires quand ce truc m'est tombée dessus. Comment est-ce que je peux positiver alors que je vois techniquement toutes les choses... en noir?

Quelques heures après, je griffonnais sur mon pense-bête avant de fermer la porte :

"Il vaut mieux être seule dehors que dedans".

Histoire publiée le 03/02/2012 à 12h53.
Thèmes : Nuit, Sombre, Vision

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