Work-love - chapitre 7 = course d'orientation
- Juliette ! Réveilles-toi ou tu vas être en retard ! C'est la dernière fois que je te le dis !
La bonne humeur de ma mère n'avait duré qu'un temps malheureusement. Il était à peine 7h30 du matin qu'elle me réveillait en hurlant de la cuisine. QUOI ? 7h30 ? Non, ce n'est pas possible ! J'ai bondit du lit et j'ai attrapé au vol mes habits que j'ai enfilé en vitesse. J'étais tellement paniquée que j'ai trébuché dans mon pantalon et je me suis retrouvée étalée par terre. J'ai poussé un cri de rage et je me suis relevée. J'ai foncé dans la salle de bain pour me laver. Thomas brossait tranquillement ses dents, debout sur son petit tabouret sous le lavabo. Il était déjà prêt et avait déjà déjeuné et m'a regardé avec un sourire radieux.
- Pousse-toi Thomas ! Je suis en retard !
Sans même attendre sa réaction, je l'ai poussé violemment et il est tombé dans la baignoire, sa brosse à dent lui tombant sur le visage en faisant gicler le dentifrice partout. La situation n'aurait pas été aussi dramatique, j'aurais explosé de rire. Mais je n'avais pas le temps. Je me suis brossée les dents en vitesse et j'ai essayé d'aplatir les mèches qui rebiquaient de tous les côtés. Essayer, je dis bien. J'ai de nouveau poussé un cri de rage et j'ai pris un chouchou pour attacher mes cheveux en une queue de cheval, laissant ma frange sur le devant. J'ai enfilé mes converses et ma veste et j'ai filé. Mince ! Mon sac ! J'ai remonté les escaliers quatre à quatre et j'ai pris mon sac. Redescente des escaliers. Je suis arrivée au lycée en nage, essoufflée et rouge comme une tomate. Léa et Timothée m'attendaient, regardant leur montre l'air inquiet. Lorsqu'ils m'ont vu arrivé, ils sont arrivés à ma rencontre et Léa m'a aidé à reprendre ma respiration. Je venais de sprinter de chez moi jusqu'au lycée, tout cela sans aucune pause. J'étais crevée, épuisée, sans force, faible, tout ce que vous voulez. Timothée semblait inquiet.
- Est-ce ça va ?
J'ai hoché légèrement la tête et fait un semblant de sourire qui ressemblait plus à une grimace qu'à autre chose. J'avais mal au cœur, ma tête tournait, et mes jambes tremblaient. Je crois que le fait de n'avoir rien mangé jouait un grand rôle là-dedans.
- File à l'infirmerie te reposer au moins cinq minutes et manger du sucre ou tu feras un malaise ! m'a dit Léa.
- Non…je…vais…bien.
- Oui, ça se voit. File !
Léa ne rigolait pas. Pas du tout. Elle m'a accompagnée jusqu'à l'infirmerie alors que Tim allait en cours. L'infirmière, la femme la plus adorable que je n'ai jamais vu, a courut vers moi.
- Que s'est-il passé jeune fille ?
Léa a tout expliqué avant de me laisser seule avec l'infirmière qui m'a emmenée dans son bureau. Elle m'a allongée sur un lit et m'a prit ma tension et mon pouls.
- Quel est le repas le plus important de la journée ? M'a-t-elle demandé au bout d'un moment, les mains sur les hanches.
Je savais la réponse mais prendre un cours de gastronomie dans un instant pareil, non merci ! Je n'ai donc rien dit.
- C'est le déjeuner ma grande ! Sans le déjeuner, tu as 70% de chance de faire un malaise dans la journée ! Ce n'est pas de la rigolade ! Se mettre dans des états pareil juste pour arriver à l'heure en cours, vous êtes folle !
Je l'ai regardé, les yeux ronds. J'ai bien entendu, elle a bien dit qu'il ne servait à rien de se presser pour aller en cours ? Je n'en croyais pas mes oreilles ! Elle m'a donné deux sucres à manger et m'a fixé pendant que je les mangeais. Dieu même sait à quel point manger du sucre « pur » me dégoute. J'ai quand même avalé mes deux sucres et l'infirmière m'a dit de rester dix minutes allongée. Je pouvais même dormir, elle me réveillerait. C'est vrai que j'étais fatiguée, alors j'ai dormi. Seulement, je me suis réveillée une heure plus tard. Non, l'infirmière m'a réveillée une heure plus tard. Elle m'a donné mon carnet en souriant.
- C'est bien la première et dernière fois que je fais cela pour une élève. Que cela ne se reproduise plus jeune fille !
J'ai hoché la tête en silence et murmura un faible « merci » en souriant. Je suis sortie, plus légère. J'ai descendu les escaliers pour rejoindre Léa devant la salle d'espagnol. Elle m'a harcelée de questions et lorsqu'elle à su ce qui s'était passé chez l'infirmière, elle a paru choquée.
- Elle t'a laissé dormir pendant que moi, j'étais traitée comme un esclave en cours de maths ?
J'ai sourit.
- Désolée.
Léa m'a regardé un long moment avant d'éclater de rire.
- C'était pour rire ! Pourquoi tu t'excuses ? Vraiment, tu ne changeras jamais…Oh fait, Tim ne fait pas espagnol, il sera donc pas dans notre classe. Par contre, il fait anglais. Avec de la chance, il sera dans ton groupe !
Je m'apprêtais à répondre mais la prof est arrivée et nous sommes rentrées en classe. Ma meilleure amie et moi nous sommes assises au dernier rang, notre place favorite. On avait plus de facilités à faire nos jeux débiles de gamins, mais qu'est-ce qu'on s'amusait ! La prof nous reprenait souvent à l'ordre, mais elle n'a pas grand-chose à dire sur moi et mes résultats. Il est difficile de critiquer quelqu'un avec 19 de moyenne. Je ne me vante pas bien sur...Mme Morlet a commencé son cours par une interrogation orale, comme tous les matins. Devinez qui a été tirée au sort ? Moi, forcément.
- Juliette, conjuguez moi le verbe Tener au passé simple. Au tableau.
J'ai maudis en silence la prof mais j'ai quand même écrit proprement son verbe au tableau, sans aucune faute : tuve, tuviste, tuvo, tuvimos, tuvisteis, tuvieron. La prof m'a jeté un regard haineux avant de me lancer un « à votre place ! » méprisant. J'ai oublié de préciser que la prof ne m'aime pas. Enfin, « ne pas aimer » est un peu faible, mais je peux me réjouir que ça n'influe pas sur mes notes. Pendant tout le reste de l'heure, nous avons travaillé sur Cristobal Colón y el descubierto de America (en français = Christophe Colomb et la découverte de L'Amérique). C'était ennuyant, je n'ai rien d'autre à préciser. La sonnerie a enfin sonné et nous sommes sorti en trombe de la classe sans dire au revoir. De toute façon, elle ne nous répond jamais, à quoi bon ? Si les profs veulent que les élèves soient polis, qu'ils le soient aussi. Nous avons rejoins Quentin, Lucas et Tim à la récré. Ils étaient assis sur un banc de la cours et les garçons montraient à Tim toutes les filles avec lesquelles ils étaient sortis.
- Elle, c'est une vraie garce. Elle, elle est super gentille mais bien trop pot-de-colle. Elle, c'est l'humaine la plus bizarre de la planète.
Timothée a explosé de rire. Lorsqu'il m'a vu, il m'a tout de suite parlé, redevenu sérieux.
- Ca va mieux ? J'étais inquiet pendant le cours.
- Oui, ça va mieux, merci.
Il s'intéressait à ma santé ? Quelle gentillesse !
- Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Lucas avait froncé les sourcils tandis que Quentin attendait la réponse en me fixant.
- Ne me regardez pas comme ça ! Je me suis juste réveillée en retard ce matin et j'ai courut jusqu'au lycée sans avoir mangé. J'ai été légèrement…vidée de force, c'est tout.
- Quelle idée aussi. Tu aurais pu rester chez toi en prétextant un mal de tête insupportable. Tu as des idées parfois.
J'ai fusillé Quentin du regard. S'il y en avait un dans la bande qui cherchait la moindre excuse pour ne pas venir en cours, c'était bien lui ! Notre discussion a été coupé par la sonnerie. Timothée nous a demandé comment on devait faire pour le sport. Oui, nous allions partir pour deux heures de sport et nous entamions la course d'orientation. Sympathique non ?
- Comme aujourd'hui on commence le cycle de course d'orientation, on doit se rendre seuls au jard. Je sens qu'on va bien s'amuser !
On a donc quitté le lycée, direction : le jard. On est arrivé dix minutes plus tard puis on s'est changé. J'ai mis mon habituel pantacourt noir nike et mon tee-shirt violet que je réserve toujours pour le sport. Léa aussi avait sa propre tenue habituelle : survêt gris et marcel noir. Timothée nous a rejoint. J'ai cru fondre. Même en survêtement, il était magnifique. Il portait un tee-shirt noir uni et un short gris Adidas. Il nous a sourit puis la prof a prit la parole.
- Comme nous commençons la course d'orientation aujourd'hui, je débuterais par des balises simples. Je vous explique le principe de la boussole.
Elle a parlé pendant dix minutes concernant l'utilisation de la boussole et je n'ai rien écouté. J'étais absorbé par le dos musclé de mon homme. Quand elle eut finit son discours, elle a demandé s'il y avait des questions. Personne n'a levé la main.
- Très bien. Vous travaillerez seul pour cette fois-ci. Venez chercher une feuille et une boussole. Vous aurez besoin d'un crayon.
J'ai pris la feuille où était dessiné le plan du jard avec dix petits points noirs à plusieurs endroits. Sans doute les balises. J'ai voulu demander à Léa comment marchait la boussole mais elle n'a pas voulu m'expliquer.
- Juliette ! C'est ton problème si tu n'écoutes pas ce que la prof dit ! Débrouille-toi.
Puis elle a commencé à courir, me laissant seule avec Timothée.
- Vous comptez rester plantés là deux heures ? Au travail !
La prof nous regardait de son regard qu'elle réservait à ceux qui ne tarderait pas à faire 30 pompes s'ils ne font pas ce qu'elle dit. J'ai fait un signe à Tim puis j'ai courut dans une direction au hasard.
- Juliette ! J'ai expliqué clairement que les balises ne se trouvent pas dans cette direction là mais celle-ci. Vous êtes sourde ?
Je me suis excusée, rouge comme une tomate, puis j'ai prit la direction opposée. J'essayais surtout de suivre d'autres élèves de ma classe comme je ne savais pas comment me servir de l'instrument censé nous montrer le chemin. Pourquoi ne pas faire des flèches au lieu de nous laisser calculer l'angle ? C'est trop compliqué pour moi ! J'ai étouffé un juron et j'ai regardé plus attentivement ma feuille. J'ai posé la boussole dessus pour me repérer.
- Bon, si je suis l'aiguille rouge, ça m'amène ici. Donc, là-bas. On va essayer.
J'ai courut dans la direction des arbres.
- Il doit bien y avoir une plaque cachée ici bon sang !
Je cherchais depuis dix minutes quand j'ai entendu un bruit. Je me suis retournée en scrutant les environs.
- Oh la ma vieille ! Tu rêves de trop !
J'ai l'habitude de me parler moi-même, et c'est souvent lorsque je suis stressée ou que j'ai peur. Je crois qu'en cet instant, c'était un mélange des deux. J'ai alors vu quelqu'un sortir d'un bosquet. Un vieillard sentant l'alcool à plein nez et aux cheveux longs et gras.
- Eh ma jolie, tu veux faire un tour ?
J'ai commencé à reculer. Il a avancé. J'ai reculé de plusieurs pas, il a avancé de plusieurs pas. Mon Dieu ! Cela n'arrivait-il donc qu'à moi ! J'ai alors fait volte face et j'ai pris mes jambes à mon cou en hurlant à l'aide. Je le sentais derrière-moi, je l'entendais crier des choses horribles que je ne répèterai pas. Je suis enfin arrivée sur le chemin et j'avais tellement peur que j'ai continué à courir. Je regardais derrière-moi en hurlant. J'ai cogné sur quelque chose. Quand je me suis retournée, j'ai vu le vieillard.
- AAH !!!
J'ai hurlé de peur en me débattant. Il me tenait les bras, fermement. Mais étrangement, il avait les mains très douces.
- Lâche-moi, pervers ! Alcolo ! Vieux…
J'ai hurlé toutes les insultes qui me venaient à l'esprit en me débattant comme une folle.
- Juliette ! Mais calme-toi !
J'ai stoppé net. Je reconnaissais cette voix. Cette voix magnifique, sensuelle, douce…J'ai regardé mon « agresseur » et j'ai vu avec soulagement que ce n'était que Timothée. Je l'ai serré dans mes bras en sanglotant.
- Il y avait quelqu'un dans les bois ! Il me coursait ! Je…
- Calme-toi, c'est fini, je suis là.
Il m'a caressé les cheveux et j'ai arrêté de pleurer, rassurée. Je serais bien restée toute ma vie ainsi, dans les bras de mon amour de toujours, mais il m'a emmenée vers la prof. Quand elle nous a vu, elle a courut vers nous, l'air inquiet.
- Que s'est-il passé ?
Timothée à répondu à ma place.
- Quelqu'un dans les bois la coursait. C'est dangereux par ici !
La prof m'a prise par les épaules. Je n'ai jamais vu autant de douceur dans ses yeux, comme quoi on se trompe souvent sur les profs de sport qu'on considère comme des brutes qui veulent nous faire souffrir jusqu'à ce que mort s'en suive.
- Est-ce vrai Juliette ? Un homme t'a suivie ? T'a-t-il fait du mal ?
J'ai hoché la tête en signe de dénégation. La prof n'a pas paru convaincue.
- Juliette, tu peux me le dire s'il t'a fait du mal. C'est très grave !
- Non…je vous dis qu'il n'a rien fait. J'ai couru…et…j'ai vu Timothée.
La prof m'a regardé longuement et s'est relevé.
- Timothée, peux-tu aller chercher les autres élèves ?
- J'y vais.
Tim est parti, me laissant seule avec la prof. Elle s'est de nouveau agenouillée près de moi. Cette situation me mettait mal à l'aise.
- Il t'a touchée ?
J'ai poussé un cri d'horreur qui l'a fait sursauter.
- Non ! Je vous dis qu'il ne m'a rien fait ! Je…je vous jure que c'est la vérité !
Elle n'a pas insisté. Heureusement ! Je ne me suis jamais sentie aussi mal de ma vie. Cinq minutes après, Léa et Tim son revenus en courant, suivis des autres élèves. Aucun n'avait eu affaire au vieux des bois.
- Nous allons rentrer immédiatement au lycée. Je préviendrai la proviseur. Juliette, veux-tu que j'appelle tes parents ?
- Non, ça ira. Merci.
La prof n'a rien dit mais me fixait d'un drôle d'air. Mais qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? Nous sommes donc repartis vers le lycée ensemble. Les élèves me harcelaient de questions.
- C'était qui ?
- Il t'a frappée ?
- Je parie que c'était le pédophile dont on parle à la télé !
- Taisez-vous ! Ce n'était qu'un pauvre vieillard qui avait trop bu ! Laissez-moi tranquille à la fin !
J'avais crié et plus personne n'a parlé. J'ai remercié les dieux d'avoir Léa à mes côtés qui défiait du regard la moindre personne qui oserait me parler, et Timothée qui semblait aux aguets. Je me suis souvenue de son geste lorsqu'il m'a serrée dans ses bras. J'étais aux anges.
Histoire publiée le 05/06/2008 à 21h02.
Thèmes : Ados, Amitié, Amour, Ecole
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Par andrea1 le 23/06/2008 à 22h13
Jusqu'à hier.
Encore un merveilleux chapitre! Bravo, c'est génial...
Non? Dommage, j'aimerais bien.
Une bonne centaine d'autres chapitres en prévisions?
Moi aussi j'attends avec impatience la suite!!
Par joujounette le 13/06/2008 à 11h49
Vive Lexode!!!!!
Merci beaucoup =)
Ca me fait très plaisir!
Je ne sais pas encore combien de chapitres il y aura mais ce qui est sur est qu'il y en aura pas mal comme ils sont très courts.
Par zozo79 le 11/06/2008 à 17h52
myhat.skyrock.com
Combien de chapitre va avoir ton histoire parce que sérieusement, il pourrait en avoir 100 et je ne me tannerais pas! J'ai hâte de lire la suite!


Par aurore64 le 10/06/2008 à 10h00
KICHEESE!!!! for ever
coucou pour l'instant je n'ai lu que le chapitre 7 mais ça ma tellement plus que je vais vite aller lire le début de l'histoire ^^
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