1979, toute une génération de jeunes gens se retrouvent derrière les pauses maniéristes de combos qui égrainent des notes de claviers Moog jouées avec un doigt. C'est dans l'atmosphère des "
Bowie's Nights" de
Visage au club Blitz de Londres que quatre banlieusards fondent Depeche Mode. Ils troquent guitares et batteries pour des synthétiseurs. Avant eux,
The Human League,
Soft Cell,
Cabaret Voltaire,
D.A.F. ont fusionné leurs obsessions pour la soul américaine et la musique expérimentale allemande (
Can,
NEU! et
Kraftwerk). Mais le quatuor de Basildon constitué de Martin Gore, Vince Clarke, Andrew Fletcher et
David Gahan développe une version plus bublegum que ses aînés. Repéré par Daniel Miller le patron du label Mute, Depeche Mode rejoint les rangs de l'avant-garde sonore européenne (
Einstürzende Neubauten,
Non,
Fad Gadget,
The Normal) tout en visant les charts. Le tube "Just can't Get enough" en 1981 agit comme un cadeau empoisonné en provoquant le départ inattendu du principal compositeur Vince Clarke qui crée alors
Yazoo, The Assembly et
Erasure. Dans la tourmente Depeche Mode se recentre sur les talents de song writer de Martin Gore et engage Alan Wilder. Ce dernier, joueur de clavier émérite et curieux des technologies du son arrange et coproduit avec Daniel Miller tous les albums du groupe de 1983 à 1995. Le succès ne cesse de croître à mesure que les thèmes du groupe s'assombrissent. Ainsi on se trémousse, en 1983, sur les tubes socialisants et fétichistes de "Masters and Servants", "People Are People" . La plume de Martin Gore, trempée dans des eaux-fortes, aborde des sujets comme la religion, l'ambiguïté des rapports humains, le sexe, l'injustice sociale. Autant de leitmotivs qui nourrissent des chansons dansantes. L'alchimie fragile du groupe est malmenée par le départ d'Alan Wilder (qui se consacre pleinement à
Recoil, son projet personnel), les expériences solo de Martin Gore avec ses albums de reprises "Counterfeit" et "Counterfeit2" et
David Gahan avec "Paper Monsters". Haïe par les rockers de l'époque, l'electro de "Get The balance Right" sert de modèle aux pionniers de Detroit
Juan Atkins et Derrick May. Ceux-ci revendiquent l'influence de Depeche Mode sur la techno. Aujourd'hui c'est au tour des plus teigneux de métalleux
Korn,
Marilyn Manson,
Linkin Park de rendre hommage aux modes.
Par tomy96 le 18/08/2007 à 13h29
Mortel la TCK
Trop fort!!!
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