Sa beauté délicate, sa relation passionnée avec le sulfureux
Mick Jagger (qui lui offre avec
Keith Richards son premier single, "As Tears Go By", en 1964, que les
Rolling Stones reprendront à leur profit un an plus tard) et quelques hits posant sa voix fragile sur des arrangements pop recherchés ont fait de Marianne Faithfull une des icônes des années 1960. La décennie suivante a bien failli être celle de sa déliquescence : sa rupture avec la star et sa subséquente dépendance aux drogues freinent largement sa carrière. Mais Marianne a de la ressource et son come back inattendu avec le splendide "Broken English" en 1979 en surprend plus d'un. Non seulement sa voix a gagné profondeur, mais la belle s'est également lancée dans l'écriture, révélant un talent certain pour discourir sur le sexe et le désespoir. Malgré ce retour triomphant, la chanteuse enregistre sporadiquement tout au long des années 1980 et 1990, mais fait mouche à chaque fois, à l'instar de l'opus "Strange Weather", produit par Hal Willner (spécialiste des albums hommages sur lesquels apparaissent les plus grands artistes, de
Sting à
Elvis Costello en passant par
Lou Reed,
Iggy Pop ou
Jeff Buckley) sorti en 1987. L'égérie des sixties retrouve une seconde jeunesse avec le nouveau millénaire, qui la voit collaborer avec la nouvelle génération rock : elle co-écrit "Kissin' Time" (2002) avec
Beck,
Jarvis Cocker (
Pulp),
Billy Corgan (
The Smashing Pumpkins),
Damon Albarn (
Blur) et
Jon Brion, ces deux derniers renouvelant l'expérience accompagnés de
PJ Harvey ou de
Nick Cave sur l'excellent Before The
Poison. Un bel exemple de longévité !
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