Artiste à la carrière d'une longévité phénoménale que seul un
Henri Salvador semble pouvoir approcher, Charles
Trenet a inspiré les plus grands noms de la chanson française, de
Léo Ferré à
Charles Aznavour (devenu son éditeur), en passant par
Georges Brassens,
Jacques Brel,
Jean Ferrat ou
Jacques Higelin. Marqué à jamais par la séparation d'avec ses parents pendant l'enfance, il a constamment nimbé de mélancolie, voire de douleur diffuse, des chansons d'apparence très gaies, trouvant par exemple une issue salvatrice par la pendaison dans son premier succès de 1938, Je chante. Il avait débuté en solo un an plus tôt après une poignée d'années en duo avec Johnny Hess sous le pseudonyme Charles et Johnny. Quel parcours donc, de son triomphe initial à l'ABC, en passant par son premier Olympia (1954) jusqu'à celui (1975) de ses adieux à la scène... où il reviendra sous l'impulsion d'un jeune manager québécois (Gilbert Rozon) en 1986, au prestigieux Théâtre des Champs-Elysées, puis au Châtelet, au Palais des Congrès et dans le monde entier. Auteur de quelques-unes unes des plus célèbres chansons francophones (La mer, Douce France, La folle complainte, L'âme des poètes, Que reste-t-il de nos amours?, Le jardin extraordinaire, Fidèle...), il continuera à surprendre en publiant encore plusieurs albums : "Mon coeur s'envole" (1992), "Fais ta vie" (1995), "Les Poètes descendent dans la rue" (1999). Décédé le 19 février 2001 (à presque 88 ans) après une attaque cérébrale, il avait semble-t-il enregistré de nouvelles chansons qui pourraient sortir dans un avenir assez proche.
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