Depuis qu'on l'a vu animer La dernière séance à la télévision (titre d'une magnifique chanson), on ne peut plus l'imaginer sans penser à un certain cinéma américain, lui-même menant de surcroît une intéressante carrière d'acteur à la Mitchum. On se souvient que cet habitué du Golf Drouot a pris pied dans la profession avec
Les Chaussettes Noires (Tu parles trop et Daniéla datent de 1961), mais malgré l'énorme succès du groupe, Claude Moine alias Eddy Mitchell (alias Schmoll) va attaquer seul dès 1963. S'il est marqué par les pionniers du rock'n'roll d'outre Atlantique (
Bill Haley,
Chuck Berry,
Gene Vincent,
Eddie Cochran,
Jerry Lee Lewis,
Little Richard...), il va progressivement apporter un soin tout particulier aux textes, mêlant lucidité, ironie narquoise et humour décalé sur la société qui l'entoure. Fidèle à une conception du rock (S'il n'en reste qu'un) sans être monolithique - quand son ami
Johnny Hallyday tend à louvoyer avec la mode - le crooner de Toujours un coin qui me rappelle, Alice ou Couleur menthe à l'eau, prendra après le milieu des années 70 une dimension plus sociale, symbolisée par un titre : Il ne rentre pas ce soir. Sans didactisme ni discours, son engagement citoyen l'emmènera à participer dès 1989 à la tournée des
Enfoirés de son ami
Coluche (disparu depuis trois ans) aux côtés de
Jean-Jacques Goldman,
Johnny Hallyday,
Michel Sardou et
Véronique Sanson. Au fil d'une discographie considérable, ponctuée de live toujours en compagnie d'excellents musiciens, dont son fidèle compositeur Pierre Papadiamandis, M. Eddy continuera ainsi à entrelacer portraits, chroniques, ambiances, zestes de mélancolie et humour maison. Témoin, son album pur Mitchell de 2003, Frenchy, où entre rock, country et balades, il a glissé en prime un clin d'oeil à cette vieille canaille de
Gainsbarre un instant retrouvé au Bar du Lutétia.
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à en rédiger un !
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !