Il faut avoir assisté à des concerts de Thiéfaine pour comprendre le phénomène. Comment pendant 30 ans, ce chanteur quasiment exclu des médias - auxquels sa "folie", ou plutôt sa personnalité "fout la trouille" - a "bourré" des salles énormes partout en France, avec des jeunes (souvent lycéens ou étudiants) chantant avec lui des textes d'une poésie nihilo-surréaliste complexe. Ainsi a-t-il rempli à ras-bord le 11 décembre 1998 le Palais Omnisports de Bercy, au point de devoir ajouter deux Olympias à sa tournée. Venu du folk-rock avec le groupe Machin au milieu des années 70, il sort un 1er album en 1977, dont le nom en annonce d'autres tout aussi surprenants : "Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir". Un titre y figure déjà qui va devenir un de ses classiques : La fille du coupeur de joints. C'est néanmoins à partir de 1981, avec "Dernière balise avant mutation" qu'il décolle vraiment, Olympia à l'appui. Empreint d'influences allant de Céline à
Ferré, de
Dylan à
Mick Jagger et Jim Morrison, il s'est orienté vers un rock nerveux au service d'un pessimisme et d'un humour sombre où les mots s'entrechoquent et se bousculent dans un sentiment d'urgence. Prenant chroniquement ses fans à contre-pied, HFT part enregistrer aux Etats-Unis en 1989 et 1993 et changera carrément toute son équipe pour sortir "Défloration 13" en 2001, où apparaissent des couleurs trip-hop et electro. Fin 2002, parallèlement à un live ("Thiéfaine au Bataclan"), 14 chanteurs et groupes lui rendront hommage sur un double album, "Les fils du coupeur de joint" :
Tryo,
Mickey 3d,
Sanseverino,
Bénabar,
Zen Zila,
Pascal Parisot,
Les Wampas,
Matmatah...
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