Depuis
Telephone, qui n'aura pourtant duré que dix ans jusqu'au printemps 1986, Jean-Louis Aubert incarne une certaine image du rock français, avec un texte fort. Tombé tout petit sur un piano puis sur une guitare, en même temps que dans la marmite inspiratrice anglo-saxonne (les
Beatles, les
Stones, les
Who, voire
Simon and Garfunkel), il a vingt ans à peine lorsqu'il rencontre ses acolytes historiques :
Louis Bertignac, Richard Kolinka, Corine Marienneau... Leur musique a un sens, un contenu perceptible dès le titre des morceaux les plus connus (La bombe humaine, Un autre monde, Crache ton venin, Le jour s'est levé...). Une rock attitude à laquelle Jean-Louis Aubert va rester fidèle, tant dans la période transitoire avec Kolinka (Aubert'n'Ko), que rendu à lui-même dès 1989, où échappant aux critères attendus, il invite sur son album une
Princess Erika et une
Guesch Patti aux choeurs,
Paul Personne et
Axel Bauer aux guitares, et met
Boris Vian en musique. C'est l'esprit à la fois généreux et "ni Dieu, ni maître" du bonhomme, qui se poursuivra en 1996 avec une collaboration surprise avec
Barbara. Aubert est ainsi, il ne chante pas pour passer le temps. De sa voix non lisse, il balance ses doutes, ses interrogations, sa révolte intacte. Il peut reprendre
Gainsbourg, les
Rita ou
Balavoine, ouvrir l'oreille vers
Björk et
Radiohead, se risquer en duo avec
Johnny,
Bruel ou ses copines
Les Nubians. Il reste lui-même à près de cinquante balais, s'acoquinant à tous les niveaux avec les meilleurs, tels Renaud Letang (ingénieur du son de
Manu Chao ou
Souchon) ou Jean-Baptiste Mondino le roi photographique de la pochette de disque.
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