Comment s'étonner du métissage culturel sensible qui traverse les chansons de cette jeune femme née en Israël, lorsqu'on sait que son nom (Zeidel) est russe-allemand, qu'elle a grandi en Hollande, adore la littérature russe et la culture française? Ainsi a-t-elle très tôt écouté aussi bien
Joni Mitchell,
Bob Dylan,
Suzanne Vega,
Randy Newman, que
Serge Gainsbourg et
Françoise Hardy. Avec cette dernière, elle partage de surcroît un charme vocal, qui épouse en douceur le folk mélancolique de ses histoires d'essence intime. La mémoire, le souvenir, le climat, habitent ses personnages, dont elle dit : "La tristesse recèle quelque chose de très positif, la nostalgie quelque chose de magnifique; on vit parce qu'on a un passé qui nous permet d'aimer, de détester, de choisir". Après avoir co-écrit de nombreuses chansons avec
Benjamin Biolay, notamment Jardin d'hiver, le titre phare de l'album du retour triomphal d'
Henri Salvador, Keren Ann a montré qu'elle ne manquait pas de ressources propres, en disque comme en scène. Sans revenir à l'époque plus rock où elle reprenait - entre autres - les
Pretenders, elle vient de revisiter en anglais plusieurs de ses propres morceaux, s'offrant un duo avec l'Islandais Bardi Johannson du groupe
Bang Gang, avec lequel elle a monté le projet
Lady & Bird. L'avenir reste donc ouvert.
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