D'accord, il y a la crinière blanche du vieux lion, emblématique d'une certaine image de l'anarchisme, mais s'il est resté fidèle à cette philosophie de la vie, Léo Ferré s'avère d'abord l'un des plus grands musiciens et poètes que la chanson française ait connus. La poésie, marqué par ses deux compositeurs-phares, Beethoven et Ravel, il l'amènera comme personne "dans l'oreille des gens", de Verlaine à Apollinaire, de Baudelaire à Rimbaud et Aragon. Les débuts ne seront cependant pas faciles :
Charles Trenet qu'il admire lui laisse entendre qu'avec une voix pareille... alors qu'
Edith Piaf, quelques années plus tard, l'encouragera et lui prendra une chanson. Ses débuts officiels se dérouleront en novembre 1946 au Boeuf sur le Toit, au même programme que
Les Frères Jacques et
Charles Aznavour. Il noue bientôt une amitié indéfectible avec Jean-Roger Caussimon (il écrira notamment avec lui Comme à Ostende) et c'est la jeune Catherine Sauvage, qui la première, donnera de l'écho à l'une de ses chansons, Paris Canaille, refusée par
Yves Montand et
Mouloudji. Mais il lui faudra attendre la période Barclay (1960-1974) pour rencontrer le succès public, en particulier avec Jolie môme, C'est extra et surtout Avec le temps. Devenu ensuite son propre producteur, Léo Ferré donnera (jusqu'à sa mort en 1993) toute liberté à son écriture, dans des oeuvres plus difficiles et parfois déroutantes. Mais il aura imprimé une influence sans pareille sur différents chanteurs (
Lavilliers,
Higelin,
Lalanne...) et des artistes réputés comme
Juliette Gréco,
Johnny Hallyday,
Julien Clerc,
Joan Baez ou
Dalida reprendront telle ou telle de ses chansons.
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