La différence de cette chanteuse québécoise aux deux "y" malins (comme
Hallyday !) s'est imposée sur deux plans immédiats au public français : elle ne "gueule" pas, elle écrit ses textes et ses musiques. Cette plume prolifique voire volontiers prolixe, pleine de trouvailles et d'humour, raconteuse d'histoires quotidiennes où les femmes tiennent une belle part, a séduit d'emblée et du beau monde. Ainsi a-t-il suffi à
Charles Aznavour d'entendre en public "La Visite" (il est vrai, fort drôle) de son 3ème album pour s'emballer au point de devenir un avocat pugnace et inconditionnel de la belle. Ça aide. Et ça motive s'il était besoin, puisque déjà l'intéressée sillonnait joliment la francophonie, la scène se révélant son élément de prédilection, particulièrement adaptée à des chansons en forme de saynètes ironiques et caustiques : La marmaille, Les souliers verts, Chéri tu ronfles, Maudit Français... Objet de polémiques passionnées entre ceux qui trouvent son style un peu trop ficelle et ses fans, qui (outre
Aznavour) s'appellent quand même
Serge Lama,
Laurent Ruquier ou
Yves Duteil, Lynda Lemay raconte toujours que ce n'est aucun de ceux-là, ni même
Brel, qui l'a d'abord influencée, mais
Francis Lalanne. Infiniment moins médiatisée que d'autres chanteuses québécoises, cette obsédée textuelle atypique s'est finalement imposée comme l'une des trois principales avec
Céline Dion et
Isabelle Boulay.
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