Sinsemilia porte le nom d'une variété d'herbe poussant en Jamaïque. Une légende locale lui attribue la capacité, une fois inhalée, de rendre les gens heureux. Et à la vue du succès de la formation grenobloise, qui nage depuis peu dans "Tout le Bonheur Du Monde", on est tenté de croire à la véracité de cette fable... Fondé au début des années 1990, le combo reggae root prend le contre-pied de la tendance pop new
wave dominante. Mike, Riké et leurs nombreux acolytes (ils sont onze aujourd'hui) sont en effet plus fans de
Bob Marley et de
Black Uhuru que de
The Cure ou
Depeche Mode. Entre chant, guitare, percus, batterie et section de cuivres, le dynamique combo commence par écumer les salles de la région, se forgeant au fur et à mesure une solide réputation. C'est en 1996 qu'ils font leur apparition dans les bacs, avec un album autoproduit. Cette "Première Récolte" est bonne, assez en tout cas pour que l'opus suivant soit produit par une maison de disques. "Résistances" (1998), véritable manifeste contre l?extrême droite, impose une image de groupe engagé, au sens civique aigu, qui ne sera pas démentie par la suite. La même année, Sinsé se produit au Festival de reggae à Bercy, aux côtés des pointures de
Steel Pulse (qui ils partagent le côté militant),
Third World ou
Culture. C'est la consécration. Depuis, on ne peut plus les arrêter. Ils sont nominés aux Victoires de la Musique 2005 pour l'opus "Debout Les Yeux Ouverts", sorti au mois d'octobre précédent, et remplissent les salles à chaque tournée. Sinsemilia a bien poussé.
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