Il est l'une des meilleures surprises de la décennie dans le petit monde des chanteurs francophones. Apparu en 1993 avec un Bal des oiseaux primesautier et une voix railleuse à la
Higelin, entretenue peut-être par des débuts en piano-bar, il a tout de suite imposé sa patte originale. Un rien déconcertés par celle-ci, les médias se sont réfugiés dans les comparaisons et références les plus disparates, de Prévert à
Trenet, de Genet à
Bourvil et La Fontaine. Il est vrai qu'histoire de caresser l'universel, le loustic utilise constamment des noms d'animaux dans ses chansons (Les papillons, Les malheurs du lion, La chauve-souris, Le moucheron...), mais sans jamais en déduire la moindre morale propre aux fables. En vérité, l'oeil narquois, l'
allure dandy-canaille soigneusement jouée et photographiée par les maîtres Doisneau et Mondino, il a su installer un univers poétique empreint d'humour, un tremplin vers l'imaginaire nourri d'abord du quotidien. Témoin la chanson "Pièce montée des grands jours", fit l'objet d'un duo avec
Marie Trintignant , au sein d'une irrésistible galerie de portraits. Une dimension renforcée par un sens musical aigu et un goût réjouissant du partage en scène, vecteur premier du succès d'un artiste quasi absent du petit écran. Rien d'étonnant à ce qu'il appartienne à un label (Tôt ou Tard), à une famille pourrait-on dire, où l'on croise des
Arthur H,
Joseph Racaille,
Mathieu Boogaerts,
Vincent Delerm,
Jeanne Cherhal et autres
Têtes Raides.
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à en rédiger un !
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !