Un groupe de rock alternatif post-Nirvana-grunge dans le décor années 60 de la série télévisée "Happy Days" ? Ca paraît inconcevable, et pourtant, c'est sur cette idée que Spike Jonze réalisa le vidéo-clip de "Buddy Holly", en 1994, qui contribua largement à propulser Weezer en tête des hits parades américains. Le premier album éponyme, surnommé "The Blue Album", est brillamment produit par l'ex-membre de
The Cars,
Ric Ocasek, et porté par des mélodies mêlant les influences de
Cheap Trick, des
The Pixies ou de
Kiss alliées à des textes incisifs et pleins d'humour, comme en témoigne "Undone (The Sweater Song)". Les clips de Jonze marquent également les esprits, et Weezer devient le chef de file de la scène indé américaine, et inspire de nombreux jeunes artistes, comme
Nada Surf,
Midtown ou
Nerf Herder. Mais Rivers Cuomo, qui écrit et compose la grande majorité des chansons du quartet, est déchiré entre son nouveau statut de star et son désir de respectabilité. Parti étudier à Harvard, il revient avec une collection de chansons plus sombres et introspectives, qui font prendre un nouveau tournant au groupe avec leur deuxième album, "Pinkerton" (1996), qu'ils produisent eux-mêmes. Chef d'oeuvre d'écriture, il ne trouve pourtant qu'un faible écho au niveau commercial. Mais le ton est donné. Les mélodies se marient à la perfection avec le phrasé unique de Cuomo - franc mais évasif, douloureux et pourtant empreint d'humour noir. Ainsi, à chaque nouvelle sortie (Weezer ou The Green Album (2001), Maladroit (2002) et Make Believe (2005)), les quatre garçons aiguisent le style et haussent la barre, même si "Pinkerton" reste sans contexte le chef d'oeuvre de Weezer.
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à en rédiger un !
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !