William Sheller occupe une place tout à fait particulière dans la chanson hexagonale. De formation classique, ce fils d'un soldat américain et d'une mère française a commencé à étudier le piano dès l'âge de 10 ans avant d'entrer à plein temps au conservatoire à 16 ans, où il se passionne d'emblée pour la composition. Pourtant, trois ans plus tard (en 1965), il cède à l'attrait de la vague musicale anglo-saxonne,
The Beatles en tête, et s'oriente vers le rock'n roll. Après différentes tentatives de groupes, diverses compositions ou musiques de films, des chansons avec
Gérard Manset (dont une pour
Dalida !) et un album instrumental (Lux Aeterna), c'est avec l'album Rock'n'Dollars qu'il se fait connaître du grand public en 1975. Cet aspect assez commercial se confirmera l'année suivante via Dans un vieux Rock'n'roll, mais ce fan de
Serge Gainsbourg et
Charles Trenet (et de
Barbara, qui l'a incité à chanter lui-même) marquera une nette évolution textuelle et musicale dès le Symphoman de 1977, où il dédie un titre à son amie
Catherine Lara. Les albums Nicolas (1980) et J'suis pas bien (1981) prolongeront cette démarche, alors qu'il aborde sa première grande salle parisienne. Dès lors le Sheller total est en marche, qui s'offrira le luxe de jouer avec un quatuor (Halvenhalf), d'introduire une dimension science-fiction dans son Univers de 1987 (avec Le nouveau monde), d'être clippé par le dessinateur Philippe Druillet, d'alterner spectacles symphoniques et piano-voix, de revenir à un rock vigoureux en 1994 (Albion) ou de concevoir un opus d'une cohérente diversité, Les Machines absurdes, en 2000. Et toujours avec le même bonheur partagé.
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