Cris
La station est vide.
Deux personnes s'éloignent rapidement dans des directions opposées. Quand ils auront disparu, la station sera déserte.
En écoutant attentivement, on l'entend vivre. Elle pousse un cri strident.
Le cri du passage et de l'abandon ; le cri de la foule dense et de la solitude ; le cri, enfin, d'un endroit anonyme où se mélangent nationalités et classes sociales, rencontres éphémères d'humains ordinaires.
Cris humains, de jeunes enfants.
Cris humains inhumains, de l'intolérance urbaine.
La station vit au rythme des cris des roues sur le rail.
Des cris stridents. Lointains ou proches.
Proches, puis lointains.
La station vit au ralenti pendant quelques minutes, et la vie reprend ensuite pour quelques secondes.
Parfois, le dynamisme d'un petit groupe qui attend la meut alors qu'elle attendait paisiblement l'approche d'un cri strident. Les cris joviaux du groupe lui font oublier sa vie misérable.
Pour quelques instants de bonheur, avant le retour de la solitude.
Les cris s'éloignent, plus aucun bruit n'est perceptible. La station est pâle.
Lumière blafarde. Carreaux blancs.
Transportée sur les rails, la vie s'éloigne.
La station meurt.
Poème publié le 05/07/2008 à 22h39.
Thèmes : Anonymat, Cris, Gens, Humains, Metro, Quotidien, Société, Solitude, Urbain, Ville
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Par mat33 le 11/07/2008 à 18h47
Ce n'est pas parce que
A l'origine ce texte fait partie d'une histoire que je suis en train d'écrire. En relisant, j'ai trouvé ce passage poétique. Je l'ai un peu arrangé, un peu modifié. J'ai voulu en faire une poésie "moderne", sans trop de rythme, un peu dérangeante par sa forme. C'est pour ça que finalement... ça ressemble à rien
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