Ecoute le vent
Ecoute le vent qui vient de là-bas, il ramène le souvenir
Il porte en son sein, les cris et les pleurs de ces enfants
Sa plainte est douloureuse et cherche à nous conquérir
Il a dans son sillage le souffle de son macabre chant
Inutile de lutter contre lui, tu ne pourrais qu'entendre
Ce qu'il à dire est si puissant, que nous abdiquerons
Courbe le dos, tu tombes comme les scolopendres
Ecoute-le, il ne veut que te raconter l'horrible moisson
Moisson de mort, moisson d'horreur, souvenir funèbre
Les nuages qu'il forme, dessinent des visages si connus
Relève ton visage avec moi, et regarde les ténèbres
Redressons-nous, nous devons perpétrer ce qui est su
Oh vent du désespoir qui cri le chant des anéantis
Nous reprendrons avec toi tes paroles évaporées
Afin que chacun puisse entendre ce qu'on a appris
Et qu'à jamais au-delà de tout nous ne puissions oublier
Ces nuages qui nous rappellent tant ces fumées montantes
S'étirent en un ciel si bas qu'on peut imaginer les pleurs
Nous avons si froid de par ces ombres qui furent haletantes
Baissons le visage, mais affrontons vivement nos peurs
Disciplinés en rang l'un derrière l'autre, vous êtes partis
Fusils braqués, chiens aboyants, vos regards tellement lourds
Montez, entassez-vous, serrez-vous, vous êtes déjà anéantis
Déchargement sur un quai au matin blême et trop court
Déjà le tri, bébés, enfants, jeunes, moins jeunes et vieux perdus
Toi là, vous deux mère et enfant ici, les femmes d'un côté, trop vieux.
Etres humains marqués déjà par les différences, juste de visu
Têtes casquées et fières, dans vos bras les fusils, en joue contre eux
Numéros sur le bras, femmes et hommes marqués comme les animaux
Honte à jamais d'être un paria d'une société qui assassine au nom de la race
Soyez fiers d'avoir été debout et d'avoir porté la vie par delà vos maux
Oh grand jamais le vent n'emportera vos cris qui dans nos mémoires passent
Que vous soyez d'ici ou d'ailleurs, écoutez le vent lorsqu'il souffle parfois
Il a avec lui, les visages que jamais nous n'oublierons, pour nous, pour vous
Nous perpétuerons la mémoire d'un peuple qui fut anéanti tant de fois
Et qui se releva au nom de l'amour des siens, pour la vie, la paix, pour nous
N'ayons pas peur de verser les larmes qui mouilleront nos yeux
Les vôtres se sont taries à force d'avoir trop souvent été versées
Notre cœur s'ouvre à vos vies envolées, notre âme vous veux
Afin qu'à tout jamais personne n'oubli ce que fut ce peuple décimé
Peuple du monde, enfants de toutes patries,
Que jamais ne recommence ces offenses
Soyez libres et propagés uniquement la vie
Pour que le vent n'apporte que l'innocence
Vent du changement, vent de cette liberté chérie
Souffle puissament vers nos contrées ton nom
Vent qui nous a amené la vérité sur l'ignominie
Tâche de nous apporter l'amour sur tout les tons
Jean Fred
Poème publié le 14/11/2005 à 00h00.
Thèmes : Plainte, Souvenir, Vent
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