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Espoir d'une destructrice

Il me semble que tu es ma lumière, ma fleur,
Ma lanterne, attractive pour moi, faible papillon
Un battement d'ailes a suffi pour qu'un million
De pétales volent au-dessus de mon nouveau bonheur.

Six lettres composent ton nom, sept forment le mien
Je veux les entrelacer, je veux que tu m'embrasses
Que tu me dises ce que je veux entendre, m'enlaces
Et que pour toujours se forme un indestructible lien.

J'ai trop pleuré pour lui, je veux que tu m'aides à oublier
J'ai trop souffert de l'avoir fait souffrir, protège-moi
Empêche-moi de te faire du mal à ton tour, sauve-moi
De ce don de briser les cœurs, fais-moi retourner le sablier.

Maintenant, je veux rire, je veux chanter, je veux aimer
Je ne veux plus de ce sombre abîme, de ces larmes d'encre
Je veux enfin vivre avec toi, pour toi, par toi, enfin jeter l'ancre
Me poser, me reposer sur ton épaule, me laisser aller à aimer.

Je ne veux plus des ciels sombres et vides, de ma culpabilité inconsciente
Des arbres feuillus morts, de ma fuite vers le lointain, de la bulle
De cette illusion avec lui, je veux créer quelque chose avec toi, que brûle
Dans ma mémoire tout ce qui a été avant, pour que seul ton amour j'y sente.

Je veux me noyer dans l'océan de tes yeux, me perdre dans l'or de tes cheveux
Me reposer enfin au creux de ton cou, être enfermée au creux de ton bras
Je ne veux plus nager dans ce tourbillon de larmes où ma frêle barque sombra
Et, plus que tout, je désire pouvoir, je brûle d'oser t'avouer tout ce que je veux.

Mais je suis certaine que tu ne me vois pas dans cet océan des larmes que je verse
Je suis certaine que tu ne vois rien de tout ce qui depuis lui me bouleverse.

Tu n'entends pas les cris de mes yeux, tu ne vois pas l'appel de mes gestes
Tu ne sens pas cet ouragan qui me rapproche de toi toujours plus près
Je ne peux rien te dire, j'ai trop souffert de mes paroles, mais es-tu prêt
A les entendre, à me voir, à oublier tout ce que j'ai fait, tout le reste ?

Es-tu prêt à me connaître, à supporter ma vue sans le masque ?
Es-tu prêt à supporter l'effet de cette violente bourrasque ?

Le chêne le plus puissant n'y résiste pas, comment le pourrais-tu ?
Supporteras-tu la levée du voile, la chute de l'illusion ?
Supporteras-tu de me voir telle que je suis, sans ce masque avec lequel je fais fusion ?
Supporteras-tu que je le garde, car comment le saurais-tu ?

Les feuilles mortes frémissent sur les branches
Je dois face à toi me mettre à nu, être franche.

Je ne dois pas laisser vivre ces feuilles, fatal accomplissement
De mon illusion, de ma tromperie qui serait éternelle, source de malheur
Qui a déjà tant fait de mal autour de moi, détruit tant de cœurs
Meurtri le sien, brisé le mien, entamé vers le gouffre un léger glissement.

Je cherche à t'impliquer dans ma tentative de renaissance
Je cherche à t'impliquer dans mon acte de souffrance.

Egoïsme caché par l'amour, par une illusion d'amour, sans doute désir
Je veux que tu sois pour moi un support pour évacuer l'océan
De mon trop plein de larmes, me libérer de l'illusion en en créant
Peut-être une autre avec toi, sans amour ni avec toi aucun plaisir.

Je crée ma propre illusion pour te protéger
En moi je sais que je me mens pour ne pas te piéger.

Je sais que je vais te faire souffrir, je sais que tel est mon rôle
Même si je tente de me convaincre du contraire, il me le rappelle
Il me montre sa souffrance, tout ce que j'ai fait pour elle
Oh ! croyez-moi, ma vie, la vie n'a rien de drôle !

Nos prénoms ne s'entrelaceront jamais, jamais tu ne m'embrasseras
Je ne suis pas assez bien pour toi, je ne peux que te faire du mal
Je ne ferais que précipiter ta désintégration, ta destruction totale
Jamais mon funeste don de destruction ne trépassera.

Mon seul espoir est de savoir t'aimer toute ma vie
Et que cet amour puisse prolonger longtemps ta survie.

Je ne permets pas de vivre, tout juste de survivre, non pas avec moi
Mais survivre à toutes les souffrances qui sont moi, survivre à moi.

Poème publié le 26/12/2005 à 00h00.
Thèmes : Bonheur, Culpabilité, Destructrice, Espoir, Oublier

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