Gaétan
Gaétan j'ai invité à ce restaurant,
Pour qu'il me parle de ce Rochefort d'antan.
Les Demoiselles parties, son temps s'est arrêté :
Poitrine-néant pour une vie écartée.
Ses battements de cœur en sourdine l'amènent
A ne plus rien attendre, revivre sa peine.
Les jours arrivent sans espoir, des jours sans vie :
Temps fossilisé aux frontières de l'oubli.
Le passé trépassé se mire en son miroir,
Linceul froid et noir interdisant tout espoir,
Inéluctablement, sans arrêt, le passé passe :
Rêves et désirs à l'arrêt, vie en impasse.
Dans le silence de la vie, Gaétan, tourne en rond,
En large, de travers, en pointillé, tout de long
Les yeux tournés vers les Demoiselles envolées :
Regard vide vers l'espace du rien vénéré.
Sa vie est l'obsession du présent grignoté
Par le passé qui, sournoisement, a fané
L'espoir face au passé si idéalisé :
Nostalgie mortifère, une vie sacrifiée.
Gaétan, du jour éteint naît l'obscurité,
Le passé exalté est vile vanité,
Fossoyeur de pensée, du destin qui expire :
Houle menaçante où tangue le navire.
Gaétan, de notre rencontre de Rochefort,
Je n'ai guère apprécié de ta vie le décor,
Ni ton chemin d'un gris flou/fou si nostalgique :
Mieux vaut privilégier le bonheur au tragique.
Gaétan, permets-moi d'ignorer ton chemin,
De chasser l'ombre d'hier, songer à demain,
Fuir la nostalgie pour célébrer mes envies :
Rêve doré écartant l'affreux pilori.
Poème publié le 09/09/2011 à 07h30.
Thèmes : Désespoir, Mélancolie, Passé
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