Hiver de feu et de glaceNuit de feu et de glace
Nuit de feu et de glace
La nuit descend avec le froid, avec le gel.
La terre nue, dans un frisson, courbe le dos ;
Le vent d'hier lui a volé ses oripeaux.
La lune tarde avec son présent de dentelle.
La bûche à l'âtre se donne, répandant son parfum.
Comme tous les amants, nous négligeons le temps
Et l'hiver qui pourtant avec vigueur s'étend
Ne nous atteint guère plus que le jour défunt.
Au faîte du chêne noir, un corbeau immobile,
Attend, patient, l'armée de nuages noirs,
Lanciers de glace, porteurs de poudre d'ivoire.
Les champs ouverts seront une prise facile.
Nos corps ardents s'unissent, jouets pour l'oubli.
L'écorce léchée par les flammes se fend
Le feu sans pitié jusqu'à l'âme, tous, nous prend.
L'horloge, impassible se tient et bat minuit !
Sîn, dans sa cuirasse d'argent, sonne l'assaut.
L'oiseau, à son tour frissonne, finalement s'envole.
Mille lances brillantes flagellent le sol…
Et la terre se trouve vêtue à nouveau.
Dans un dernier baiser, nos âmes s'enlacent.
La chambre assombrie devient la proie du froid ;
La nuit a volé la flamme du dernier bois.
Seuls, nos deux corps ont échappé aux piques de glace.
Arwen Gernak
L'écrin vert des songes
23-01-07
Poème publié le 23/01/2007 à 12h35.
Thèmes : Amour-feu-passion-contrate-poè
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