L'oiseau.
Le gouffre s'est ouvert.
Tendre crevasse qui de ses échos tremblants
Renvoie tes larmes jusqu'au centre des pierres.
Les vagues aphones ; les phrases d'écumes
S'oublient aux roches, à la houle muette.
Perdu, le vent tourne sans fin d'une violence éreintée ;
Tes plaies, de sel, se sont rouvertes.
La lune noire, d'insomnie s'éprend et s'est prise,
Loin de son amant du jour qui l'éclairait des nues.
Le sifflement lointain de tes lèvres engourdies
S'essouffle de prières que nul n'exaucera plus.
Discrets abîmes en tes chairs,
Les cernes invisibles de tes yeux incolores
Qui te déguisent.
Et le verre-glas cendré qui te sert de regard
Se sent fondre en ses braises
Quand tes paupières se brisent.
L'ombre distendue d'un souvenir t'effleure,
De tes fugues incessantes celle-ci sera la dernière.
L'écume sous ses lames se fend alors en pleurs,
La sourdine est rompue, les cieux saignent d'éclairs.
S'entrouvrent dans un cris tes bras tendus au ciel,
Tu fuis enfin la roche en une chute ultime.
Ton corps s'est élancé, mais ton corps n'avait pas d'ailes,
Étrange oiseau d'hiver qui plongea dans le vide...
Poème publié le 18/12/2009 à 20h14.
Thèmes : Ailes, Déchéance, Gouffre, Mort, Mutisme, Oiseau, Paysage, Suicide, Vide
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (4 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par kurtana45 le 26/12/2009 à 01h39
Deux livres à mon compte :)
J'aime beaucoup, bravo.
Par chut12 le 19/12/2009 à 18h27
L'homme est un animal domestique, c'est pourquoi i
j'adore, c'est super joli, bien écrit
Par darkway le 19/12/2009 à 16h14
tu me manques toujours
J'aime bien ce poème =)
la dernière strophe est très belle.
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !