Le Désert
Ainsi va-t-on solitaire sans rien pour nous suivre à part peut-être nos ombres fuyantes. Devant nous rien n'est en vue, ô immense étendue désertique et ennuyeuse, dur reflet de la vie morose que nous menons. Et la solitude s'agite, se tortille, s'enroule autour de nous en nous rappelant sans cesse son affreuse présence ; elle ne connaît pas le répit, tout comme nous ne connaissons pas la fin notre ennui. Malheureux que nous nous traînons, nous et notre solitude, sur tous les chemins invisibles que nous pouvons trouver dans le désert. Les directions ne sont qu'illusions, elles changent et se retournent, se cachent nous rendent fous, nous laissent perdus avec nos pensées dénuées de sens.
Pas après pas rien ne change dans le décor : tout est toujours aussi beau, aussi tranquille et assuré que jadis, l'environnement d'antan aussi vaste et glorieux. Le vent efface nos traces et nos réflexions, la solitude nous dévore de l'intérieur. Nous nous transformons peu à peu en êtres durs et revêches, au coeur ratatiné de ne tant avoir rien vu. Nous nous jetons et nous roulons furieusement dans le sable, nous frappons le sol frénétiquement et hurlons, sans que personne ne nous entende, nos cris résonnent tels le glapissement des chacals en écho dans le vide intense.
Les nuits sont lourdes et noires, et les reflets lunaires imposent leur sombre lueur grise partout sur le sable, sur les dunes, sur nous-mêmes.
Il est ainsi à la fois terrifiant et soulageant de noter que bien souvent les choses les plus atroces et les plus douloureuses peuvent aussi être les plus belles et ensorcelantes, leur magnificence statique écrasant tout.
Poème publié le 19/11/2007 à 17h17.
Thèmes : Amour de la vie, Désert, Lassitude, Solitude
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