le Mensonge.
Un singe était assis sur un coffre plein d´or
De diamants et d´amiante il était le geôlier
Sa foi était intense et son coeur régulier
Il s´acquittait, honnête et pieux, de ses efforts
Croyez-le, sous la chair de son dos, un fatras
De douleur et d´amour était barricadé
C´était sa femme en fait qu´il avait enfermée
Par colère et raison, il ne supportait pas
Ni ses cris, ni sa bouche énorme de reproches
Sa lourde jalousie, son besoin d´être unique
Pesante sa tendresse, éreintants tous ses tics
Son désir étouffant, ses rêves de fantoche
Ses envies de voyage et d´amour et de toc
Ces souvenirs carton qu´on empile sans fin
Dans l´espoir fascinant d´intéresser machin
Qui se plaint, lui, toujours de n´aimer que son froc
Seule à l´aimer dans ses moments de solitude
Le défrustre sa main, la douce conseillère
Et la femme agaçante enfonce sa misère
En lui contant, radieuse, sa béatitude
Le singe a de l´honneur, il a tué la chose
Et lorsqu´on veut savoir ce qu´il advint de cette
Fatigante optimiste amoureuse et replette
Il répond qu´en lieu sûr le cadavre repose
L´humour de ce rieur aux fesses bien coffrées
Étonne le badaud qui sourit de bon coeur
Le singe très sérieux lui avoue sans grand peur
Que sa tête et ses seins sont sous coffre scellés
L´autre rit aux éclats et poursuit son chemin
Convaincu que le coffre est rempli de bijoux
Mais qui l´ouvrira ? Mais qui n´est pas fou ?
Car un singe sérieux de visage et de teint
Ne peut être un menteur.
Puisqu´il est la vertu.
Et que nous sommes tous.
Ses spectateurs.
Continuons de vivre. L´illusion est un progrès. Tuez sans en avoir l´air.
Vous sentirez le bonheur.
Poème publié le 02/01/2007 à 22h29.
Thèmes : Eloge, Mensonge
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