Le temps d'une cigarette
Je me souviens, c'était avant noël,
Par ce froid soir de décembre 2004.
Mes mains révélaient à mes yeux, désastre
La cicatrice de chaque pas de sciure blême,
Au travers de mes phalanges atrophiées,
Laissant à mes pieds tombés le vestige
De courses en liasse bondées de mes principes :
Les cadeaux de coutume en fin d'année.
Chargée de neiges sales ; parisiens pressés
Marché de noël prônant en son centre
Esplanades cimetière de mes pas, si grande,
La défense qui face à moi s'étendait.
Contemplative de ce spectacle d'hiver,
Mes mains descendirent fouiller dans mes poches,
La clope qui lors ravirait ma débauche,
Laissant à mes yeux paquet vide ouvert.
Devant ce vide de sens et de tabac,
La vision de ces Marlboro vidées,
Comme riant de mon malheur. Je cherchai
Un passant qui préviendrait mon trépas.
Histoire de m'ôter de cet embarras
Je demandai à la première âme qui me vint
Solution de remède à mon chagrin.
Alors chaque seconde m'amenait à toi.
C'est cette précieuse seconde, sacrée minute,
Injectant ton poison chargé et alchimie,
Révélant à mon âme tes goûts enfouis,
Mes lèvres se posèrent sur toi : ce tumulte
Assassin qui m'enchaîna l'une à l'autre.
Je t'ai trouvée : Enfin ! Imprévisible,
Tu as décidé de me prendre pour cible,
Prisonnière de ta saveur, ton approche,
Je sus que de ma vie tu serais reine !
Trouvée au hasard, et tout prenait sens,
Comme si je t'avais rêvée, ton absence
Antérieure comme fin d'une longue et lente traîne !
Comment ai-je pu survivre dans l'ignorance ?
Cette impression : t'avoir toujours connue,
Culpabilisée de n'avoir pas su,
Plus tôt trouver joie de ton existence…
Devant cette confusion de sens et de tabac,
Je voulus mettre un nom sur ce divin délice,
Et alors m'apparut le nom de « Chesterfield »
Je sus en cet instant, rien m'arracherait de toi.
Ton premier baiser fut une communion de sens,
Sensation agréable de se trouver soi-même
Véritable fusion chassant les histoires vaines
Je sus que dans ma vie tu serais une constance.
***
Six années ont passé, pourtant le cendrier,
Toujours rempli de cette indicible cigarette,
Me renvoie dans mes songes et soudain je m'arrête,
Je crois que mon parfum, mes clopes, mon caractère,
Telle ma petite Lilou, seuls fidèles en ma Terre
Doivent être bien les seuls qui résistent aux années.
Mon cœur a connu bien de nombreux tsunamis
Telle une ville, je crois que les seules fondations
Qui subsistent le mieux à mes altérations,
Mes fuites, mes voyages, mon océan de rêve,
Ma sensibilité, et ce qui fait mon être,
Sont celles que j'ai construites dans les yeux des amis.
Nous sommes en 2011, je suis ce vieux centaure,
Qui renferme en sa tête un écrin compliqué,
Qui finit par se dire que sa subtilité,
Ne pourra jamais être comprise par aucune âme.
Défilé de déceptions : mon cœur qui trépasse.
Et me laisse toujours plus, seule au milieu des autres.
Introspection de vingtaine, ou destin de lune,
J'ai dû m'emprisonner dans un grand idéal,
Je suis croyante à un rêve, mais y a rien qui l'égale.
Telles de grandes ailes déployées sur mon cœur saignant
Je l'ai laissé pleuvoir sur mes deux battements.
Je ne sieds guère ce qui convainc à ma fortune.
Serais-je une égoïste ? Peut-être j'en attends trop…
Je n'ai jamais cessé de vouloir tout ou rien,
J'ai certes aimé deux fois, mais d'un amour divin :
Inconditionnel, savoir sauter, se livrer
Premier battement m'a révélé identité,
L'amer goût de l'échec, la haine et son manteau
Qui étouffe le feu des tristes rêves inachevés
Le deuxième m'a montré l'étendue des limites,
A trop donner de trésors à des temples si vides
On finit par crever de soif, cherchant espoir
Assis sur son propre puits que l'autre sait si bien boire !!!
Mais il n'y a pas de source dans les vilinités.
***
J'ai caché un rêve dans la bouffée de cette clope
Je sublime sa constance et la suprématie,
Avec laquelle elle s'est imposée à ma vie,
De façon naturelle, de façon spontanée,
Avec cette assurance de jamais se quitter.
Mais mon rêve-nicotine à cette règle ne déroge :
Je suis tellement stupide, je pense ma Chesterfield,
Prompte à être comparée, aux lèvres de l'être aimé…
Je noie mes illusions dans des tabacs mauvais
Certains me happent parfois mais aucun ne m'emporte,
J'ai récolté deux fois marocco d'amour morte.
Certaines bouffées m'étouffent, je recrache bien souvent
Des morceaux de mon âme qui partent dans le vent…
Faudrait qu'un jour je cesse de vouloir m'obstiner
A savoir du futur si mon rêve a eu tort
Vérité illusion, si un jour elle se penche
Sur le coin de mes lèvres et de ma vie qui flanche,
Révélant sa saveur et sa magnificence,
Et faire d'une seule seconde, de toute ma vie un sens !
Je sais je suis stupide, même si mon espoir dort
Dans des songes impossibles, coma d'idéaliste,
Je suis prête à risquer de jamais en sortir
Car je préfère être dans le vrai et y dormir
Que de mettre des barrières et des murs au rouage
De mes rêves et tout mon idéal. Est-ce l'âge ?
Où mon cœur est trop grand, c'est par ça que j'existe ?
Ce soir mes songes dans cette cigarette se dissipent.
Je regarde les cendres de mes déboires de Marie
Pourquoi dans les détails, je cherche sens à ma vie ?
Je sublime l'imprévu j'attends d'être surprise
Espérant en secret dans les flèches que je vise
Trouver un jour le goût… de ma chère Chesterfield.
Poème publié le 21/03/2011 à 21h09.
Thèmes : Amour, Bilan, Idéal, Introspection, Tabac
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Par violetta le 23/03/2011 à 22h42
Spring ! =)
C'est long mais j'ai tout lu pour la simple et bonne raison que c'est un texte original et accrocheur, très particulier.
J'aime pas trop le "décembre 2004".
Le deuxième couplet est mal organisé au niveau du rythme.
J'aime beaucoup, les expressions sont très poétiques. J'adore : "Certaines bouffées m'étouffent, je recrache bien souvent
Des morceaux de mon âme qui partent dans le vent…".
5*!
Par kelkune le 22/03/2011 à 11h59
Il est tout pourri...
C'est vrai qu'il faut s'accrocher et en vouloir pour aller jusqu'au bout, c'est vrai qu'il y a un ou deux endroits où les mots ne sont peut-être pas idéaux (fautes ? Volontaire ?), c'est vrai aussi qu'il y a quelques vers moins au top que le reste (ce que tu entends sans doute par "anti-poétique" je suppose ?) et qui ont l'air de faire "tache" dans leurs formulations comparés au reste des vers... mais dans l'ensemble c'est quand même pas si mal au fond. C'est travaillé, recherché, il y a une ambiance de créée et surtout, SURTOUT, ça change de ce qu'on a l'habitude de croiser ici et rien que pour ça, ça vaut la peine d'aller au bout de la lecture ma foi
Par gaetanar le 22/03/2011 à 08h49
j'avoue j'en ai bavé pas vous ?
au fait ^^ mon passage préféré est celui là (que je trouve vraiment très très beau)
"Chargée de neiges sales ; parisiens pressés
Marché de noël prônant en son centre
Esplanades cimetière de mes pas, si grande,
La défense qui face à moi s'étendait.
Contemplative de ce spectacle d'hiver,
Mes mains descendirent fouiller dans mes poches,
La clope qui lors ravirait ma débauche,
Laissant à mes yeux paquet vide ouvert."
Par gaetanar le 22/03/2011 à 08h45
j'avoue j'en ai bavé pas vous ?
ouf j'ai tout lu ayé ^^
Bon la forme fait mal aux yeux tout de même, il y a certain passage assez mal tourné voir anti poétique, mais dans l'ensemble il y a une jolie ambiance qui plane et nous laisse rêveur. +5 étoiles
PS : je préfère les gitanes ^^
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