Lettre grise
Cette nuit où le ciel de son blanc nuageux masquait la couleur reflétant mes yeux,
Cette nuit où les étoiles apeurées avaient étouffé leurs piques étincelants,
Cette nuit où assise sur mon bureau boisé je contemplais tout silencieusement,
Et je la regardais, elle, celle qui partageait ma chambre au triste décors ennuyeux,
Puis ma vue se posa sur ces gouttelettes pourpres se jetant en ayant fière allures,
S'évadant de mes bras accoudés à la fenêtre tout en rejoignant le sol endormis.
Mes pupilles encerclées d'un liseré rouge en raison de la fatigue, ma tendre amie,
Contemplait mon corps qui, pauvrement vêtu était affublé de milliers d'écorchures.
Je n'avais omis pratiquement aucune partie afin de faire taire ces lames m'appelant.
Le sang prenait place en s'étalant sur ma modeste table d'étude impuissante,
À cet instant je ne méritais que de partir parmi le diable tant j'étais repoussante,
C'est pour cela que sont allées se réfugier au gré de l'air, mes jambes souffrantes,
Pendante du haut du cinquième étage de l'internat, de plus en plus le vide s'adoucit.
Très doucement et calmement sur l'étroit rebord, prenait place mon postérieur.
Le vent frissonnant réagissait contre mon avis en repoussant mes cheveux à l'intérieur.
Et là face à la mort grandissante, je ne savais plus le pourquoi je me trouvais ici,
Perdue à l'idée d'une décision excessivement brusque en état d'inconscience,
Je ne suis pas rien, mon avenir est tant prometteur en tant que futur sur-diplômée,
Et j'étais là à vouloir tout supprimer, tout abandonner, tout perdre, tout lâcher,
Là j'avais déjà trop réfléchis pour m'élancer dans ce vide fatal à mon existence.
Alors, mes pensées insensées se sont dissipées, laissant la dépression me porter.
Demain matin je prouverais mon mal être que je n'arrive plus à dissimuler,
Enfin peut être me croira-t-on et enfin je me montrerais sans me dissimuler.
Mon téléphone à la main, deux personnes non internes serons prévenues et alertées.
Ma colocataire se réveilla paresseusement de son long et profond sommeil,
Elle me vit déjà levée, elle ne fit mots, ayant l'habitude que je ne dorme point.
Bien évidemment j'avais pris le temps de tout nettoyer avec le plus grand soin.
Une discussion matinale sans importance, les plaintes courantes dénonçant le dur réveil.
Lorsque je fus assise, une grande bouteille d'eau remplie me fit face,
Dos à celle qui comme toute, s'appliquait du brillant sur ses paupières fatiguées,
J'ouvris le tiroir de mon bureau, puis je fis des gestes répétitifs et très pressés,
Ce fut rapide afin de ne pas me faire perdre ce que j'appelle mon audace.
Pour ne pas me dire que peut être aujourd'hui sera une journée de celle à ne pas rater,
Une journée qui comprend rires et complicité en la compagnie du mot amour,
Une journée longue et épuisante ou afin d'être la meilleure, je me battrais toujours,
Cette dernière légère pensée, tant stressante, fit de mes gestes un grand accéléré.
Une gorgée d'eau, puis s'enchaîna six médicaments contre les maux d'estomac,
Une gorgée d'eau, puis onze médicaments contre les fortes et agressives migraines,
Plusieurs gorgées d'eau, puis dix-huit somnifères dévalant mon corps comme une fontaine,
Plusieurs gorgées d'eau, puis vingt-trois médicaments inconnues trouvés dans un pyjamas,
Quelques dernières gorgées d'eau avec trente médicaments contre la dépression.
Je vois, non, je ne vois plus, je vois flou, un voile devant mes yeux c'était posé,
Je me lève tremblante, tout en restant forte, tout en sachant me contrôler,
Mon sac me pèse et déjà de mon être, mon remède personnalisé prend possession.
Jamais ces marches machinales d'escalier m'auront paru aussi longues et épuisantes,
Jamais des personnes marchantes m'aurons autant rendue crispée et agacée,
Jamais je n'aurais autant résisté à m'allonger, dormir ici éternellement, partir et rêver,
Et jamais je ne me serais autant battue pour paraître de bonne humeur et souriante.
Un ami a du me tenir la main dans le but de me guider jusqu'à l'établissement,
S'il me lâchait je chutais, il ne savait rien et je ne voulais point lui dire mot,
Me connaissant il n'a pas cherché à savoir plus, concluant par un manque de repos.
Et il me laissa là à attendre mon cours, débutant dans une heure tout simplement.
Mes genoux rejoignant mon front, entouré de mes bras, je ne bougeais plus,
Invisible aux autres je m'endormais peu à peu, j'avais de plus en plus de mal à lutter.
Puis des lèvres restèrent au côté de ma joue brûlante, avec délicatesse, sans la toucher,
Une voix sortie, sa voix, lui qui savait, son ton n'était pas habituel, cela me déplus,
« Dis-moi est-ce que tu l'as appris, honnêtement dit-le moi, c'est important ».
« En quoi l'est-ce ? » articulait pauvrement ma bouche fortement gercées,
Il ne répondit rien et prit avec force mes mains afin de m'aider à me lever.
Un autre ami de la classe se tourna vers moi et vint me saluer aimablement,
C'est à ce moment-là que je m'écroulais dans un grand silence parmi les regards soucieux,
J'eus quelques secondes d'inconscience, puis me mis à rire prétendant être maladroite.
Les deux hommes à mes côtés me relevèrent et m'escortèrent au point que je m'y sente étroite,
Ils me forcèrent à me diriger vers l'infirmerie, mais j'ai refusé d'aller en ce lieu.
J'entrais donc en cours d'informatique et l'inquiétude des gens me parcourait de frissonnements,
Quand je posais mon visage limpide sur la table, mes bras blessés dessus afin de le couvrir,
Mes yeux se fermèrent, mon esprit lutta énormément pour tenter les rouvrir,
Puis, plus rien, le vide, le néant, l'infini, l'oubli et l'évident déroulement.
Tu sais je te conte mon histoire de l'hôpital, celui se trouvant a quelques mètres de chez toi.
À toi et à une autre personne, je vous ai tout dit, m'attendant peut être à une aide inhabituel,
La première prévenue n'a rien fait, mais je n'attendais ni ne voulais rien d'elle.
Mais toi... Toi qui m'aime, toi que j'aime, je te le dis enfin sans peur, tu vois...
Si tu savais que mon amour est si fort qu'il se refuse à porter un nom aussi fréquent,
Si tu savais... Peut être aurais-tu couru les quelques minutes nous séparant,
Venir me retrouver la nuit dernière, me prendre dans tes bras tout en m'emmenant,
Ou au moins m'aurais-tu dit quelque chose autre que de ne pas le faire, uniquement.
Tu n'as aucune excuse, car celui me connaissant le mieux n'est personne d'autre que toi,
Toi seul sais quand je suis fausse ou quand je mens, toi seul a réussi à m'intéresser.
Je finis ma lettre en te disant qu'en avouant avoir besoin d'aide, tout m'as délaissés,
J'ai tout perdu, du moins toute ces choses beaucoup trop importante pour moi,
Toutes ces choses qui me faisaient survivre, qui me faisant oublier mon esprit mélancolique.
Du ravissement pur à passer deux baccalauréats professionnel en même temps,
Je me retrouve sans rien. Je n'ai plus de lycée, le jour même j'ai été virée définitivement.
C'est là où je me dis d'autant plus que ce monde est clairement aberrant, illogique,
On me dit la fierté du lycée et on m'efface entièrement pour ma faiblesse psychologique,
Alors qu'il garde dans leurs griffes ceux ayant un gros soucis de savoir-vivre et d'intelligence.
Voilà je ne saurais quoi rajouter, je suis perdus, l'impression de n'avoir plus d'existence.
Et moi je me trouve ici, sur mon lit d'hôpital, encore insouciante, me sentant pathétique.
Puis je pense à toi, je me dis qu'en t'avouant mes sentiments, peut-être aurais-je tenu plus longtemps,
Pour ne pas méditer au plus dure, je pense aux choses in-importante de la vie dans mon décors infernal.
Mais au moins en pleurant ton amour gâché, je me suis rendu compte, être sentimental,
Je ne possède pas ce cœur de roche que tu prétendais, ha si seulement tu savais cela, si seulement...
Lola.
14 10 08
Poème publié le 31/10/2008 à 04h31.
Thèmes : Aide, Amour, Challenge 92, Choix, Coeur, Deception, Désespoir, Gris, Histoire, Hopital, Lame, Larmes, Lettre, Lui, Lycée, Mal, Médicaments, Mort, Mutilation, Noir, Nuit, Overdose, Pathétique, Perdu, Réelle, Regret, Sentiments, Souffrance, Suicide, T.S, Vide
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Par darkway le 28/04/2009 à 17h55
tu me manques toujours
J'aime beaucoup ce poème. Je le trouve très touchant... vraiment magnifique.
Par gothique-jess le 01/11/2008 à 14h59
L'amour c'est comme un rêve,ça ne fait que grandir
Manifique poeme.tres long et manifique a lire.Je le trouve super bien ecris.
Bravo +5*
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