Liberté meurtrière
Les trombes de pluie s'abattent sur cette ville peu éclairée.
Des gouttes gisent sur le béton et les fenêtres soigneusement fermées,
Elles fouettent l'air en lui procurant cette fine odeur humide,
Cette odeur qui s'infiltre dans la pièce où tu ne fais que penser au vide,
Elle te donne l'envie de sortir, d'étendre tes muscles qui ne servent plus.
À cette heure-ci même en été le froid est plus fort que le soleil diffus.
La plupart des personnes commence sagement à baisser leurs paupières,
Attraper ce train qui les emmènent eux aux pays des rêves sans somnifères.
Tes mains moites s'emparent de ces clés un peu trop bruyantes,
Le mécanisme de celle-ci te délivre de chez toi, tu te sens puissante.
Les dernières minutes chez toi ne sont plus qu'un souvenir,
Un souvenir qui ne te restera que très peu de temps, avant de partir.
Tu t'agrippes à ce portail, en faisant attention de ne pas faire de bruit.
À présent dehors, tu ouvres puis ferme tes yeux pleins d'envies.
Tu es heureuse, comme un oiseau fugueur tu es sortie de ta cage,
Enfin tu es libre, oui enfin tu pars accomplir c'est beaux songes.
Plus rien ne presse, marche doucement et calmement,
Tes pieds savent où aller, ils obéissent mécaniquement,
Vingt minutes de routes et de trottoirs, tous se ressemblant.
Ton esprit n'est plus, il n'y a que ton corps qui avance brusquement,
Ce corps qui longtemps fut à la poursuite de son âme.
Apprécie les gouttelettes qui coulent le long de ton visage plein de drame.
Le sourire se trace puis se fige, il est étrange et inexplicable.
Tes poings serrés se trouvent au chaud dans ton imperméable.
Le dos courbé comme un vautour, pour te cacher, en cas d'imprévu,
Personne n'est là, mais tu veux tout de même ne pas être vue.
Tu es arrivée, ton ombre noire est collée à ce grand immeuble sournois,
Tu le connais bien, tu sais comment accéder à ton endroit.
Celle qui était ta meilleure amie, celle qui depuis un an t'as oubliée,
Celle qui a pris place au siège des interrogations de ta vie bousculée,
Elle habite ici, les souvenirs ne t'arrête pas, tu n'y fais pas attention.
Enfin à l'intérieur tu t'arrêtes un instant, prendre ta respiration,
Tu es en haleine, ton coeur cogne tant tu es excitée.
Tu reprends ton chemin en remarquant le sol trempé,
Tu es entièrement mouillée, tu te diriges vers les escaliers, un poignard dans la poche.
Maintenant tout se rapproche, tout est devenu beaucoup trop proche.
Après un court moment, tu te mets à courir, pourtant encore aucun cri ne résonne.
Tu tombes dans la cage d'escalier, comme dans tous ces films francophones,
Tu te relèves bruyamment, reprends ta course et te cognes à une porte de bois,
Celle qui te mènera à présent certainement en enfer, avec ceux qui sont comme toi,
Tu te colles à elle comme pour implorer son ouverture, ta mémoire ne fonctionne plus,
Tu as oublié que tu possèdes les clés, tu prends ton souffle et prends la plus pointue.
Voilà où tout se joue, dernier chapitre, dernier paragraphe, l'histoire est bientôt finie,
Les dernières lignes tu les connais déjà, c'est toi qui contrôles la vie.
Sur le toit du vingt-deuxième étage, l'air souffle si fort que le froid te vient.
Tu avances à un rythme normal vers la destinée que tu as souhaitée pour ton seul bien,
Celle qui ne changera rien pour toi, mais tout pour ceux de ton entourage.
Les bouts de tes chaussures sont dans le vide, maintenant voyons ton courage,
Tu regardes le sol, mais tu ne vois rien, le profond néant obscur t'attend,
Ton visage se lève, ton cou se tend, tes yeux se ferment très lentement,
La pluie se brusque dans ta bouche, tes cheveux volent au gré du vent,
Tes bras se lèvent ensemble en parfaite harmonie, il faut y aller maintenant.
Deux personnes t'ont à présent rejointe, elles ne seront que spectateurs incapables,
Car déjà tout est prêt, juste tu murmures dans un souffle : « je suis l'âme du diable... »,
Puis tu bascules tout ton corps en hurlant à ceux qui veulent entendre : « liberté »,
Le vent t'agresse violemment, tu n'as pas eu le temps de penser et de voir ta vie défiler,
La moitié de ton joli et sombre visage blanc a disparu, il est détruit.
Ton corps habillé de noir, comme pour ton propre enterrement, git dans la nuit.
Le sang coulant de ta bouche entrouverte et la pluie abondante se superposent,
Créant une couleur doucement rosée, oui maintenant tu as la vie en rose.
Deux mères se trouvent encore en haut, elles hurlent et pleurent, tout se confond.
Les deux ont perdu leur fille, l'une vient de réaliser ses deux fantasmes les plus profonds,
L'autre a été la soumise aux envies de la première, elle a été son défouloir,
Poignardée de part et d'autre, son sang coulant dans le hall, lui restera noir.
Lola.
Poème publié le 18/07/2008 à 04h21.
Thèmes : Ame, Amitié, Confiance, Crier, Diable, Haine, Liberté, Meutre, Mort, Pluie, Sang, Sauter, Souffrance, Suicide, Tuer
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Par s0vm0i le 05/08/2008 à 03h50
En rose et blond aha demain <3
Bien je vais donc te sortir ma phrase fétiche :
Rien n'est parfait, tout se discute
Par sadysadness le 21/07/2008 à 03h29
Je ne me relèverais pas
bah c'est pas "si peu de défaut", vu que il y en a pas --'
Par camillou46 le 19/07/2008 à 20h20
i'm juste me
wahoo je ne sais pas quoi dire c'est si beau si sublime si vrais si émouvent tellement de si mes si ( encore un si ^^)peu de defaut
alors qu'une seule chose a dire bravo
Par darkangel222 le 19/07/2008 à 15h01
Lilianes ou lili c'est com tu veu ^^
vraiment au bord des larmes ton poème est sublime je sais vraiment plus quoi dire ...
Par sadysadness le 19/07/2008 à 02h10
Je ne me relèverais pas
Ouais, je l'ai lue en première.
...
...
...
(attends ça va venir)
...
(en fait à chaque fois je veux dire un truc mais il y a rien qui sort alors ça fait trois petits points --')
...
...
Oua...
Tu vois ce poème ? Je l'aime... mais vraiment il est
...
Tsais quoi ? tu m'énerve beaucoup.
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